Dernières lignes plus ou moins droites de ce toujours plus a l'ouest, a travers l'Est historique de cette bonne vielle Europe. Me voila donc déambulant comme un zombi dans les rues sinistres de Bucarest dont les vestiges de l'architecture communiste ressemble sous les lumières de l'aube a Tchernobyl après la catastrophe. C'est gris, les visages sont ternes, usés, fatigués, pas encore remis de chienlit du régime de Ceaucescu, un building de verre ultramoderne trone comme un ovni, les batiments désafectés sont recouverts par des pubs géantes, un vrai cache misère. Mon ami Dorin me dira "Je crois que vous ne pourrez jamais imaginer ce que l'on a vécut, il faut l'avoir vu pour y croire". Je le rejoins chez lui a Sibiu ou il travail comme prof de francais a la fac après 10 ans passé en France, ce n'est plus vraiment un roumain mais bien un libre penseur qui ne peut pas avoir un regard complaisant sur son pays gangrainé par la corruption et la morale religieuse. Pourtant la Roumanie est vraiment un pays attachant et la Transylvanie une région magnifique, dont Sibiu qui était capitale mondiale de la culture l'année dernière relève d'un cachet architectural de toute beauté. Ses maisons imposantes aux toitures de plus de cinq mètres de haut donnent aux mansardes la dimenssion d'imposants talus dont les persiennes percées sur les tuiles arrondies recouvertes de mousse, s'ouvrent comme des paupières, c'est la spécialité de cette ville que l'on nomme poétiquement "les yeux de Sibiu". Les couleurs automnales et la légère bruine donne un charme envoutant aux rues étroites de la cité dans lesquelles on se ballade le nez en l'air a croiser le regard de ces velux d'atant. Après 2 nuits entières de discutions passionées avec Dorin qui ne garde pas ses idées dans sa poche, j'embarque dans un train pour Budapest pour tenter un petit crochet a Cracovie avant de rejoindre mon frangin a Berlin. Mais ca y est les transports sont a présent hors de prix et le Bucarest/Berlin coute plus cher qu'un Téhéran/Bucarest !? Je renonce donc a la Pologne dont le cout du billet de train est un bel exemple du n'importe quoi des prix du réseau férré européen dont n'importe quel trajet international revient plus cher que d'emprunter l'avion ! Honte sur l'espèce humaine ! Et je pense qu'un jour on va payer au prix fort ce genre d'inepties. Budapest dont je ne verrais que l'axe principal et la gare ressemble a un voyage au temps de l'empire Austro-Hongrois avec des monuments colossaux parfaitement conservés, attachés a une période de l'histoire nettement plus esthétique que les barres grisatres genre Sarcelle, credo architectural du communisme. Avant dernier trajet jusqu'a Berlin pour venir découvrir l'univers quotidien de mon frère Romain expatrié depuis déja deux ans au pays de la wurtz et de l'écologie. Le choc est moins grand qu'a Istanbul, mais Berlin qui est un éternel chantier s'est métamorphosé depuis ma dernière visite en 2002, depuis il y a eu la coupe du monde et l'inauguration de la nouvelle Posdamplatz réabilité en complexe ultra-moderne. Mais Berlin est un village comme aime a le dire mon frangin, ou l'on croise des connaissances a tous les coins de rues malgré la vaste étendue de la ville. Ici c'est le règne des collocations et des virées entre djeunes cool, je découvre un appart de 150 mètres carrés a 700 euros par mois ou Romain vit avec quatre copains, copines avec qui il débite dans un allemand plus que convenable des conversation ambaince sympa dans la cuisine autour d'une caisse de bière. Cette ville est un vrai paradis pour étudiants et quiconque voulant mener une vie un peu bohème et alternative, on y trouve une forme de libertée et une tripopté de bons plans incomparable avec Paris. Loyers modiques, vastes espaces verts, parcs ouverts jours et nuits, jardins privatifs en centre ville, naturisme et sound-system installé dans la rue en été, squatts d'artistes et graffiti pas réprimandé dans les blocs de bétons ex-cocos, et mythique soirées electro, éclectiques et tardives ou les punk a chien cotoient jeunes turcs au style hip-hop, dans un meltingpot me paraissant assez rare en Europe. Les berlinois ont l'air bien plus citoyens, tolérants et de bonne humeur que nous, sa picole dans la rue et les transports en commun sans scrupules mais sans bavures, tout part au recyclage, a la consigne, il n'y a pas d'aggressivité latente, de bousculades et la communauté turc qui sont en gros les immigrés de la-bas ne cultivent absolument pas un style racaille et violent vis a vis des autres, de la dire qu'il n y a aucun problème d'intégration il y a une marge, mais ca reste encore une fois bien loin des ambiances tendues qui peuvent planer a Marseille ou Paris. Bref, il y a de quoi se poser sérieusement la question de l'expatriation, ce déracinement volontaire auquel je suis confronté bon gré, mal gré depuis huit mois avec une bonne dose de nomadisme. Mais je n'ai plus qu'une idée fixe : Il est grand temps de rentrer, de poser une bonne fois ce sac a dos au vestiaire et retrouver ma bonne vielle existence de parigot au bout de la dernière ligne droite. Le cheminement interminable mais progressif m'a deja fait passer de l'échelle de terrien a celle d'eurasien, puis d'européen, a celle de francais puis de parisien après avoir je posé les pieds a la station de bus de porte de Bagnolet.
Le choc en a été amoindri...peut etre...je ne sais pas, car le plus hallucinant au final c'est d'entendre une petite vielle sortir un "Oh mais vous savez ya plus de saison de mon bon monsieur!" ou un cafetier lancer " un expresso et deux allongés pour la 14, s'il te plait Bruno !" Ca ca fait quand meme quelque chose ! Cette langue de Molière qui faisait de moi un éternel étrangé aux yeux des autres est maintenant l'expression meme de mon identité et ma cohésion verbale avec mon pays qui n'a pas changé. Toujours aussi propre malgré les chiures de pigeons sur les balustrades Hausmaniennes et bavard malgré le silence oppressant du métro aux heures de pointes. Il m'a fallu uniquement ces petits détails pour comprendre que j'étais rentré et une nuit d'orgie festive comme démonstration de l'amitié enfin retrouvée avec mes acolytes de toujours, pour découvrir au petit matin en titubant dans les ruelles de Montmartre que je vis depuis 27 ans dans ce que l'on nomme internationalement "la plus belle ville du monde". Je n'aurais pas imaginé découvrir dans l'ultime étape de ce voyage, qui n'était ni plus ni moins que mon retour au bercail le décor le plus magnifique et évadant de tout mon périple.
Bonjour / Aurevoir mon petit / grand voyage !
Publié à 01:05, le 25/10/2008, Berlin Mots clefs :
C'est la que tout s'accelère et que le bout du tunnel n'est vraiment plus très loin. J'ai laissé mes amis Reza et Mohammad a Chiraz en leur donnant RDV a Isfahan ou ils se rendent comme moi avec un jour de décalage. On ne peut pas dire que cette illustre ville du réseau touristique iranien m'est transcendé, trop étendue, trop de monde et n'y trouvant qu'un havre de paix sur les quais perdus dans mes écrits et dessins, a regarder les gens déambuler et enjamber le fleuve sur une sorte d'aqueduc stylisé a la farsi. J'attend mes deux guides pour découvrir avec humour et anecdotes cocasses les vraies attractions de la ville, c'est a dire le bazar autour de la fameuse place de l'Imam dont la mosqué prend toute son ampleure de nuit avec de l'éclairage artificiel. On se redonne RDV toujours avec un jour de décalage a Téhéran mon étape suivante, ou la j'ai carrément fait l'impasse cloitré dans ma chambre d'hotel au repos avant d'affronter ma semaine de transports non-stop. Je n'ai vraiment plus la foi pour ce genre de mégalopole dont la visite nécessite trop de bataillages dans la jungle urbaine, d'autant qu' a part un monument ultra moderne genre l'Arche de la Defense, il y a pas grand chose a voir. Comme en Asie du sud Est quand je saturais des grandes villes, je me retrouve a contempler les calligraphies sur la céramique de la quiétude des mosqués, bercé par les chants apaisants des Imams. Il n'y a deja plus rien de dépaysant ici c'est comme chez nous, meme le Grand bazar qui me laissait présager un peu d'orientalisme n'est ni plus ni moins qu'un centre commercial aseptisé dont mes deux homologues farsi se gardent bien d'aller dépenser betement leur argent, et c'est a la gare que se déroulent les adieux en attendant nos trains respectifs. Ce coup-ci cap sur la Turquie a bord du Trans-Asia-Express dont les 24 heures sur rails vont me mener a Van bien connue pour son gigantesque lac. Plus qu'un trajet en train, c'est une véritable saga et un retour dans le temps ou les chemins de fer étaient de véritables lieux de vie, les compartiments pour quatres spacieux aux rideaux plissés sont de véritables chambres a coucher et le wagon restaurant une vraie brasserie ou un Nestor en gilet noeud pap t'apporte le plat du jour sur un petit plateau. Je passe la moitié du voyage a siropter des thés comme un lord anglais du début du sciècle, en admirant a travers les larges vitres la beauté du paysage désertique qui défile. Toujours le meme: ces indécrotables collines rocailleuses ocres auxquelles s'ajoutent tantot a droite la cote de la mer Caspienne et tantot a gauche la terre craquelée d'un lac assèché recouvert d'une fine pellicule de sel, somptueux. Ce train c'est aussi le symbole d'évasion pour les iraniens fuyant vers la Turquie beaucoup plus libertaire et téhoriquement plus dévelloppée, car excepté les prix ( tout le monde rapporte des denrées de base dans des colis ) j'ai trouvé la Turquie moins dévelloppée que l'Iran mais plus que la Roumanie, confirmant le faux mythe de l'Eldorado toujours a plus a L'ouest... A Van j'ai deja l'impression d'etre dans les pays de l'Est, les pulls a carreaux et mocassins a pointes sont de mise et le turc ressemble a une mixture bizarroide de latin-russkof a orthographe a tirroirs, on roule les "r" et les gens ressemblent un peu a des slaves. Et puis ca y est ca coute cher et je suis obligé de remettre manches longues et chaussures fermées après 8 mois de tongs car il pleut un vilain crachin breton d'automne, dur ! C'est le cas de l'écrire. Mais les 30 heures de bus jusqu'a Istambul regardant les feuilles jaunissantes recouvrant le sol, enmitouflé dans un pull me réeduque au plaisir des météos continentales. La c'est carrément l'exode, les gens s'entassent a bord avec des paquetages démesurés dépassants des soutes, en réalité ils font leurs déménagement en bus, folklo ! L'arrivée a Istambul fut nettement moins réjouissante : quatre heures de retard, parachuté dans une agglomération en pleine expension qui ne ressemble plus du tout aux portes de l'orient que j'avais visité il y a maintenant huit ans...le temps passe vite, trop vite, tout change, le bus pour Bucarest part dans exactement une heure et je cavale pour aller revoir ma chère mosqué bleue. Mais je ne reconnais rien ! Tout est moderne et neuf et me voila a bord d'un tramway hyper high-tek ( qui n'existait pas a l'époque de ma première visite ) m'engoufrant dans les hordes de touristes. Quelle stupéfaction, il n' y a plus rien "d'exotique" ca y est la Turquie c'est l'Europe et ils ont mis les bouchées doubles pour espérer intégrer l'Union, alors pourquoi ne pas les y accèpter ? Houla ! Un pays musulman dans l'Europe bah voyons ! Pourtant ne serait ce pas une facon d'officialisé le début d'une diplomatie sérieuse avec le moyen orient et un bel exemple d'ouverture, le credo de notre cher petit président européen... Je sais ca n'est pas si simple et puis il y a le Kurdistan dont l'ambiance kalachnikov dont j'ai fais les frais la veille n'est certe pas folichone. Bref, j'attrape mon bus inextremis remplis d'horribles beaufs nouveaux riches roumains bedonnats qui partent régulièrement se faire des virées en Turquie. Toujours le meme phénomène Est/Ouest: ils viennent exprès pour faire des courses a Istambul qui représente un accès a la consomation a moitié prix, inondant le bus de kilos de lessives et de dessus de lits kitsh ainsi que de fumée de clopes bon marchées, bonjour l'ambiance blaireaux en survet ! L'apotéose grolandaise fut une escale en Bulgarie ou les grosses fermières en doudoune sans manches et polaires fuchias font cuirent des cotes de porcs au saindoux servis entre deux tranches de pains de mie sur des tables en formica. Sur l'étagère le tube cathodique diffuse une émission genre "survivor" ou des gens en maillot de bains les mains liées, déchirent avec les dents des lambeaux de chaire fraiche directement sur la carcasse éventrée d'un cochon suspendu a un étandart comme un trophet, vérédique ! Après deux mois en pays musulman la métaphore filée des bouffeurs de porc en short est assez indigeste ! Comble de l'affaire j'ai failli me faire peter la gueule par un monsieur-pipi consanguin a qui je pouvais pas donner les 2 centimes de rigueur pour l'utilisation des chiottes n'ayant plus un popeck en poche. Génial le bus arrive plus tot que prévu ! Me voila a 3 h du mat en banlieue de Bucarest tentant de finir ma nuit le ventre vide sur les sièges glacés du bureau de la compagnie de bus pour attendre que la vie reprenne son cours dans cette grisaille apocalyptique post-communiste de notre bonne vielle Europe. Ah, quelle joie d'etre de retour sur le continent !
C'est un amalgame gravissime et ethnocentrique que d'assimiler les Ourdous (= ethnie majoritaire du Pakistan) et les Farsis (=ethnie majoritaire iranienne). Cette simplification géographico-ethnique orchestrée par les USA et leurs paltoquets n'est qu'une facon de pouvoir définir le fumeux ''axe du mal'' qui engloberait les pays musulmans du moyen-orient soi-disant terroristes et pro-Al-qaida. Le gigantesque Iran étant pile entre l'Afghanistan et l'Iraq et de surcroit islamique, n'a plus qu'à se faire aspirer dans la rubrique fourre-tout pour que le chimèrique ''axe'' reste droit. Mais les Farsis sont tellement aux antipodes de l'obscurantisme religieux à tendance terroriste qui peut sevir dans la région ,qu'on se demande comment les barbus se maintiennent au pouvoir depuis presque 30 ans. La Perse vieille comme le monde a toujours été une nation moderne et visionnaire, très émancipée, jamais colonisée à tel point que les règles arrièristes de la république islamique paraissent décalées et désuètes voire risibles. Je n'ai rencontré que des étudiants, ingénieurs, avocats, on a l'impression qu'il y a que des gens de prestige, intellos et matérialistes à la fois car paradoxalement (je dis paradoxalement car très anti-Busheries, c'est sûr) ils sont à fond dans l' ''american way of life''. Fast-food et look a la mode Tectonik sont de rigueur et le genre djellabah-tapis de prière mis au placard, et on ne retiendra qu'un grand respect pour leur patrimoine dans l'imagerie traditionnelle musulmane. Pourtant en face de cela on a le port du rosary (=chale) obligatoire pour les femmes, l'interdiction de l'alcool et les relations hors mariage prohibées, qui comme toutes règles arbitraires qui se respectent, s'esquivent et se détournent. Tous les couples se balladent main dans la main en public brouillant ainsi la possibilité de distinguer les légitimes des hors la loi, les bières sans alcool inondent les shops et sont plus populaires que le coca et les femmes débordent d'imagination pour se façonner des franges et mèches de cheveux originales dépassant de leur chale pour faire valoir leur beauté originale. C'est d'autant plus troublant que ce capuchon noir sensé dissuader le regard pernicieux des hommes, leur donne une dimension mystérieuse et une véritable classe qui a plutot tendance à exciter d'avantage les mâles curieux plutôt que de les rebuter. Le dernier cri, se faire refaire le nez ! On reconnait les fashion-victime du scalpel au sparadrad sur les nasaux. Bref, tous ces petits détails font de l'Iran un pays riche à tout points de vue, dévellopé à l'occidental tout en gardant une identité orientale bien spécifique.
Alors pourquoi le comparer au Pakistan? A ce pays merveilleux mais totalement moyenageux, traditionnel et ultra pauvre (matériellement je précise). Parce qu'il y a l'Islam et l' ''axe'' débile et manichéen à justifier? La religion musulmane nous fait peur parce qu'elle est jeune et prosélyte et qu'elle convaint les foules à coup de martellement des esprits comme l'a fait le christianisme auparavant ( est ce bien terminé...??? ) il ne manquerait plus qu'ils nous volent la vedette à nous autres du polygone du bien ! Et malheureusement ils se prêtent au jeu en se refugiant dans la religion face au mépris qu'on leur inflige.
En Iran il y a donc cette richesse que j'évoquais et excepté le gouvernement perché dans sa tour d'Ivoire, ils savent prendre du recul mais au Pakistan la misère à tout point de vue peut prendre le dessus et c'est la porte ouverte à tous les extrémismes. Pourtant ils s'en défendent eux aussi, envoyant bouler les sympathisants de Ben Laden au fin fond de leur cambrousse ainsi que les fanatiques de tout poil et gardent pour eux ce qu'il a de plus positif dans la religion. Ce qu'il y a de vraiment respectable chez les ourdous c'est leur solidarité, leur altruisme permanent partageant le strict minimum qu'ils ont entre tous. Nourriture, logements, place dans le bus et dans le coeur il y en aura pour tout le monde car le partage et l'hospitalité sont les regles d'or de l'Islam. Ne pars pas au Pakistan, les barbus vont t'accueillir avec une kalachnikov et t'égorger comme a Lahid ! Au contraire, plus ils sont barbus plus ton assiette sera copieuse et ton accueil princier car l'étranger est à protéger tout autant que ta famille. Autre paradoxe, les farsis sont sûrement moins pratiquant que les ourdous, tout du moins ils redoutent moins la surveillance d'Allah mais les règles islamiques sont beaucoup plus rigides et implantées car la société est plus sophistiquée. Au Pakistan, la survie intervient quotidiennement et oblige une certaine souplesse des préceptes qui ne peuvent pas être tous appliqués à la lettre, le gouvernement est bien moins organisé qu'en Iran et laisse passer pas mal de libertés à travers les mailles du filet. L'absurdité des lois islamiques se ressent plus en Iran au niveau du pouvoir (comme séparer les hommes et les femmes dans le bus mais pas dans le car alors qu'un long trajet est plus propice au jeu de la séduction avec une belle inconnue), tandis qu'au Pakistan elle est malheuresement plus inhérente à certaines personnes totalement exclues du savoir et de l'éducation. Au delà de ces comparaisons à l'emporte pièce et des clichés véhiculés par les médias, un séjour dans ces pays est d'un enseignement plus que bénéfique pour mieux discerner non pas le bien du mal mais le vrai du faux. Une chose est sûre en tout cas c'est que chez les Ourdours et les Farsis, Allah est grand mais leurs coeurs aussi.
Publié à 06:00, le 19/10/2008, Téhéran Mots clefs :
La Perse, l'une des civilisations les plus anciennes de l'humanité a grandi dans le désert. Toute la partie orientale de l'Iran n'est qu'une vaste étendue sableuse parsemée de collines rocheuses totalement épurées de végétation. Le calme règne en maitre; les rues de Kerman, première ville étape sont spacieuses, rectilignes et d'une propreté que j'avais oubliée. En comparaison avec le Pakistan et son archaisme, j'ai vraiment l'impression de retrouver un pays civilisé à l'européenne, la topographie urbaine est proche de celle de l'Espagne ou de la Grèce. Les gens sont classe, manièrés, propres sur eux et je passe pour un pouilleux avec mes fringues hippies de Katmandou à coté des jeunes ultra fashion. Au Paki c'était bienvenu chez les mecs, ici c'est bienvenu chez les gonzesses ! C'est peut être parce que depuis le Vietnam je n'ai cotoyé aucune locale tellement elles sont exclues de la vie publique au Népal, Inde et Pakistan, mais c'est un choc car elles sont en majorité dans la rue et te regarde et t'accoste sourire aux lèvres ,pas farouches pour un sou. Le port du foulard sur la tête est obligatoire mais elles n'ont pas le visage voilé et sous leurs tuniques cintrées elles portent des jeans à la mode et des baskets comme les jeunettes de chez nous. On y reviendra... Kerman est un bon point de départ pour visiter les différents sites où naquit le zoroastraisme, l'une des plus anciennes religions de l'humanité dont le prophète Zaratoustra inspira Nietzche pour son fameux Ainsi parlait... Vision d'horreur sur toute les cartes postales placardées dans la région, la sublime citadelle de Bam a été réduite a néant par un tremblement de terre il y a quelques années, heureusement que celle de Rayan non loin de là a été épargnée. Les quatres remparts colossaux et les tourelles à créneaux renferment un étonnant spectacle de débris de murs aux traits arrondis par le temps dans lesquels on devine les compositions architecturales de la vie d'antan. Et tout ça rien qu'en briquettes de sable recouvertes d'une mixture de boue (...se de vaches aussi) et d'herbes séchées. Je reste sous le soleil de midi à contempler le silence et les contrastes éblouissants qu'offre la lumière saturée. De retour à Kerman impossible de retrouver mon hôtel ainsi qu'un autochtone anglophone pour me guider, eh oui !c'est l'effet négatif de la non-colonisation comme dirait l'autre, les iraniens parlent très peu anglais. Jusqu'à ce qu'un ado ,le coeur sur la main ,monte avec moi dans un de ces taxis collectifs qui inondent les rues à la rencontre de son paternel qui cause le rosebeef. Ces taxis sont des Paykan un modèle de bagnole labellisé années 70 qui me fait voyager dans le temps, jusqu'au rond point de la liberté où 3 colombes statufiées volent au dessus de la Terre. Le paternel me raconte ironiquement qu'il a été édifié après que le Schah ait été viré, mais que les barbus ont offert au peuple tout le contraire de la signification de cette place. C'est un autre point crucial de l'Iran : la rage unanime des iraniens contre leur gouvernement. A l'instar des Pakistanais, c'est l'exemple type du pays s'étant fait berner par la révolution islamique qui leur promettait la liberté, et qui au final leur mène la vie encore plus dure qu'avant. Pourquoi ne pas les virer leur dis-je? Parce qu'ils s'accrochent au pouvoir comme une huitre à son rocher, intimidant les opposants par une sorte de délation instaurée, la peur des représailles est réelle, les élections sûrement truquées et il y a une sorte de solidarité entre pays musulmans qui s'ajoute, bref, tout ca reste très confus. Quoi qu'il en soit comme chez leurs voisins Ourdou, les Farsi font de 'hospitalité une règle d'or et leur chaleur humaine est à des années lumière de toute forme de fanatisme. J'arrive ensuite a Yazd, la mecque du Zoroastrisme ou le Silk road hôtel offre un panorama sur la vertigineuse entrée de la El Jameh mosquée dont le bleu turquoise aux microscopiques motifs et calligraphies sont à couper le souffle. C'est un coup de foudre immédiat avec ce centre historique magnifique labyrinthique sujet à d'interminables ballades. Il y a aussi le complex Chakmsaq: une succession d'arches voûtées sur plusieurs niveaux qui enlacent l'une des places principales de la ville, le rendez vous galant des couchers de soleil laissant place aux lumières artificielles qui redessinent chaque porche. Le fire temple n'a absolument rien d'extra hormis sa symbolique flamme qui brûle depuis 500 ans, pourtant les inconditionnels du zoroastrisme affluent en masse pour visiter LE monument de cette ancestrale religion. On appréciera tout de même les jardins alentours où des tourelles rectangulaires enferment un système ingénieux de circulation du vent qui en fait la première aire conditionnée du monde ! Petite discussion philosophique avec des étudiantes en art, c'est bien simple, depuis mon arrivée en Iran je rencontre tous les jours de nanas hyper sympas qui parlent mieux anglais que les mecs toujours prêtes pour un brin de causette. En Iran quand quelqu'un te prend sous son aile, il faut oublier d'essayer payer quoique ce soit et de s'ennuyer. Je me ferais meme inviter a Shiraz mon étape suivante, à diner par une étudiante qui me fera visiter la ville et les coins branchés en compagnie de son ''boy friend'' ( ça veut dire copain privilégié, rien de plus ). Je précise car n'allez pas croire que ces rencontres puissent etre intèressées, elles ne sont pas farouches mais restent tout de même très prudes, d'autant que les lois islamiques punissent de prison les flirts hors mariage et que les mecs sont jaloux comme des poux. J' en ai eu un bon exemple avec le ''boy friend'' qui voyait rouge dès que j'adressais la parole à la demoiselle. Il est temps de se rendre à Persepolis, LE site inmanquable des alentours de Shiraz qui compait parmis les merveilles du monde de ce bon vieil Alexandre, qui fut en quelque sorte le premier guide touristique du monde et importateur d'architecture d'ailleurs. C'est fou comme Persepolis ressemble a un site antique grec que ce soit au niveau de l'esthétique des monuments ou de l'ambiance qui s'en dégage. J'étais d'ailleurs assez déçu à mon arrivée sur les lieux devant ces tas de cailloux dont il ne reste pas grand chose, merveille du monde mouais, mais qui n'arrive pas a la cheville d'Angkor Wat par exemple. Mais c'est qu'il faut y passer du temps et c'est surtout les deux tombeaux des empereurs surplombant le site et directement découpés dans la montagne qui sont vraiment impressionnants. Ce sont d'énormes fresques verticales de plusieurs dizaines de mètres représentant le prophète accompagné de la pleine lune, imploré par le roi soutenu par ses 27 consuls, ainsi parlait Zarathoustra. C'est Reza et son pote, des iraniens en vacances que je rencontre sur le site qui me racontent tout ça, ils sont super sympas et me proposent de rentrer avec eux sur Shiraz. Nous contemplons une dernière fois tous ces cailloux baignés par le soleil couchant dont les créatures étranges prennent des allures troublantes et magnifiques, ça y est je ressens l'énergie des lieux et retire ce que j'ai dit à propos de sa non attribution du titre de "merveille du monde". Reza et son pote me payent évidemment toute la soirée sur Shiraz et m'entrainent jusqu'au mausolée du poète Saadi ''the best poet of all over the world'' dixit Reza qui vit un moment crucial de son existence. Comme les ados qui vont sur la tombe de Jim Morrison au Père Lachaise, il vient vénérer la larme à l'oeil un poète classique d'il y a 800 ans. C'est touchant et assez inattendu pour des jeunes de mon age. Mais avec tous ces trucs ''les plus'' ou ''les premiers de toute l'histoire de l'humanité'' je ne suis pas au bout de mes surprises.
Il m'aura donné du fil a retordre ce foutu visa iranien, au lieu des trois jours d'attente promis par les services d'une crapuleuse boite de soutraitance sur internet, c'est un interminable stand by de 12 jours dans la chaleur moite de Lahore auquel j'ai eu droit. Heureusement ma salle d'attente, le Regal Internet Inn est une adresse a redonner le sourire a tous routards de la vielle école. Sa cuisine et machine a laver autogérées et l'ambiance familiale donnent l'impression d'etre a la maison et de voler un peu de ses propres ailes, sachant qu'en voyage on est toujour tributaire de quelqu'un pour le moindre geste. L'ambiance conviviale est a son comble avec un Malik plus déchainé que jamais qui veux fêter dignement la fin du ramadan, me demandant d 'aller lui chercher de l'alcool ( lui n'a pas le droit en tant que musulman et les autres ont besoin d'un certif de l'état, véridique ) dans un bunker ressemblant a un dispensaire pour junkies. Face a mon désespoir a cause du visa qui n'arrive pas, il organise des concerts sur la terrasse de l'hotel et m'envoie dans une sorte de fête foraine populaire assez délirante. Bateaux pirates et grandes roues rouillées actionnés par des générateurs de la guerre de 14 rugissant avec fracas pour divertir petits et grands sans trop se soucier de la sécurité. L'attraction phare de ce rassemblement, les lady-boys (=travestis) qui se déhanchent de façon tres explicitement sexuelle sous les pluies de billets du public avide. Les relations publiques - ou pas d'ailleurs - avec les femmes sont tellement rares au Pakistan que le seul substitut de désir qu'ils ont est de saliver devant des travellos ! Un placebo loufoque face aux règles sévères de l'islam. Surrealiste. Après avoir crié au désespoir de ne pouvoir partir, me voila trainant la patte une fois mon visa en poche, il faut dire que ma complicité avec Malik n'est pas anodine car derrière le gérant de guesthouse, il ya un ancien journaliste et documentariste hyper engagé politiquement, une mine d'or d'infos et de culture qui m'a bien fasciné. Bref, me voila a présent dans le train direction Quetta situé a une nuit de bus de la frontière. Poussière et joyeux bordel animent le wagon ainsi que des types allongeant leur tapis a mes pieds pour faire leur prière aux heures prévu a cet effet. A l'aube, un spectacle de taille s'offre a mes yeux, a travers la vitre les villages en pisé succèdent aux montagnes sableuses, un panel d'ocres somptueux dans une lumière diffuse. Nous sommes en plein désert du Balouchistan, une région hors du temps et féérique dans laquelle le train s'enfonce sur des rails invisibles recouverts par le sable. A Quetta, l'expression terminal de bus prend tous son sens : un véritable cimetière de carcasses de cars et de déchets d'engins motorisés qui s'étend dans les ruelles de ce qu'on pourrait appeler un bidonville. Tout le monde est deja a bord, tandis qu'on change encore une roue et resoude la portière, l'appel a la prière retentit sous les étincelles du poste a souder, tout le monde descends et se dirigent vers la mosqué. Ambiance apocalyptique et système D chez ces barbus toujours aussi adorables, je savoure mes derniers instants pakistanais. Le lendemain, je tend la main au guichet de la douane après m'etre fait tamponner mon précieux visa pour récupérer mon passeport, mais non, il va etre confié a mon ''bodyguard''. J'ecarquille le yeux en apprenant que je vais etre escorté par mesure de sécurité jusqu'a mon bus pour Kerman que je dois prendre a Zahedan a 80 bornes de la frontière. C'est en compagnie de mes amis de toujours les flics que je vais donc passer ma première journée en Iran! Comme un chien fidèle me voila obligé de suivre les différentes bidasses qui se succèdent et qui me font faire la tournée de tous les comissariats de la ville, obligé d'obtempérer, assis, debout, pose pas de questions, reste la! C'est vraiment partout les mêmes: des branleurs avachis dans des bureaux ou des bagnoles a boire du café (ici du thé) généralement ils ont pas inventés l'eau chaude et s'en tamponnent de te faire poireauter, jouissant de leur petits pouvoirs. Ca c'est pour mes potes les flics... Comble de l'affaire l'un des derniers chauffeurs me demande de filer un billet a mon bodyguard pour qu'il rentre a la caserne en bus ! Je refuse catégoriquement me demandant si ils me prennent vraiment pour un bleu ou quoi ! Une fois dans le bus pour Kerman, je cris a la liberté un peu trop vite car une fois arrivé a destination le chauffeur me demande d'attendre une escorte policière... well,well,well, i keep my self control...et pas n'importe laquelle, 3 nigauds en chef qui me font un sketch digne des Marx Brothers, pas foutus de trouver un hotel ou les clefs de la bagnole, meublant les tours interminables de la ville par des allusions salaces et des rires très intellectuels. Bon allez j'arrete sur les flics, car ce qui va suivre est tellement merveilleux que je ne veux pas vous donner une entrée en matière trop négative sur ce pays avec lequel j'ai d'ores et deja un coup de coeur. A moi l' Iran !!!!
Publié à 06:16, le 12/10/2008, Quetta Mots clefs : quetta
Les Kalashs sont une ethnie sino-tibétaine du nord du Pakistan qui occupait autrefois toute la province de Chitral. Aujourd'hui, ils sont à peine 5000 retranchés dans trois vallées aux alentours. Appellés les ''inconvertissables'' par les musulmans, les Kalashs ont conservé leurs costumes traditionnels et principes de vie simple en autosuffisance dans ces bourgs sur les flancs de montagne, en total harmonie avec la nature. Je retrouve de grandes similitudes avec les Hakas du Laos et les Hmongs du Vietnam, ce sont toujours ces mêmes montagnards vivant dans des endroits inaccessibles, coupés (plus pour longtemps) du reste du monde. Les femmes arbordent de superbes tuniques noires brodées et une coiffe originale ornée de coquillages et perles qui se distinguent par des couleurs très chaudement colorées, rouge, orange, jaune. J arrive au village de Brun dans la vallée de Bambouret accueilli par Nassire et sa gueule d'ange qui m'ouvre une piaule mignonnette mais tres sommaire au sol en terre battue et aux murs en pisé. Pendant une symbolique journée et demi je vais vivre avec sa famille partageant repas et moments privilégiés en famille. Ca fait longtemps que je n'ai pas été entouré d'autant de filles au Pakistan. En plus de la charmante femme de Nassire et ses trois filles (+un fils) , les cousines, grands mères, nièces et autres copines défilent dans la maison. Alors la maison, c'est une piece unique remplie de suie avec un poêle au milieu où tout le monde dort ensemble. Une sorte de hall semi-ouvert a l'entrée constitue l'autre lieu de vie à la chaleur du foyer ou le pain et les platrées mijotent toute la journée. Il faut profiter de cet endroit convivial avec vue sur la vallée pendant les dernières semaines qui précèdent les deux mètres de neige hivernale. Nassire me montre pleins de photos que les visiteurs lui envoient des quatres coins du monde, on y voit des fetes et festivals traditionnels se déroulant au printemps et aussi les ''vendanges''. Eh oui les Kalashs sont des grands amateurs de vin et si j'étais arrivé une semaine plus tot j'aurais peut etre participé a l'annuelle récolte, bigre ! Il faut pas s'attendre à un grand cru mais a un petit rosé pressuré et bu tout de suite qui ma foi se laisse boire, gare tout de même à la casquette le lendemain. C'est la vie familiale comme dans le temps ou on découvre des parents heureux, se satisfaisant de jouer avec leurs bambins et rien de plus. Ca donne des envies de gosses tout ça. Sauf qu'ici tenez vous bien on ne perd pas son temps, Nassire et sa femme n'ont que 23 ans et quatre enfants, premier mouflet a 13 ans !!!!! Chez les Kalashs on devient adulte tôt pour s'occuper des fourneaux et bosser aux champs, ce qui n'empêche que les enfants vont a l'école avec leurs costumes tradi prévus a cet effet pour filles et garcons dans des établissements mixtes. A Bambouret, il faut s'incliner devant le superbe boulot que réalise une ONG grecque depuis 10 ans. Ces volontaires d'Helenica ont construit des sanitaires, des hopitaux et des écoles pour toutes les familles Kalashs a leur demande, ils n'ont rien imposé. En respectant l'architecture traditionnelle de pierres plates et poutres en bois carvées, ils ont permis un accès a l'hygiène, aux soins et à l'éducation de manière très simple, en comptant uniquement sur une main d'oeuvre et des volontaires locaux. Pièce maitresse de ces infrastructures un centre culturel Kalash ou l'école municipale cotoie un superbe musée d'une qualité nettement supérieure a la plupart des musées nationaux que j'ai visités depuis le début. Actuellement géré par le gouvernement, Nassire est payé 100 roupies (1 euro) par jour pour assurer le gardiennage et faire le guide. Après cette parenthèse culturelle, je retourne passer des heures à regarder ma petite famille s'occuper des récoltes, faire les devoirs des gosses, éplucher les légumes, vivre quoi, mais de manière tellement simple et élémentaire loin des perversions du système. Malheureusement, leur vie marginale et décalée se fait petit à petit engloutir par la société musulmane pakistanaise et il ya de fortes chances qu'ils disparaissent par la force des choses. Pour le moment ils résistent, grâce aussi a l'admiration qu'ont les occidentaux a leur égard et qui par le tourisme aide a conserver l'authenticité du lieu. Je suis souvent méfiant des excès de bonnes intentions de notre part et de la transformation de ce genre de lieux en réserves comme pour les amérindiens, mais il faut noter qu'ici ca se fait dans une éthique assez respectable, pourvu que ca dure. Je repars ému et enchanté par cette courte adoption que m'ont offert ces Kalashs, la famille dans ce qu'elle a de plus beau.
Dix jours c'est tres court pour faire une boucle sur le karakorum entre Gilgit et Chitral au nord du Paki. Ces contrées reculées loin de l'effervescence de Lahore et des grandes villes, je vais les découvrir sur la route interminable entre transports et rencontres des plus incongrues. Ca commence dans le bus de nuit en direction d'Islamabad ou je me retrouve assis a coté d'un responsable de l'éducation spécialisée et des conditions de la femme au ministère de l'éducation (rien que ça!) Coincidence des plus inattendues du fait du film que j'ai réalisé au Cambodge en mars dernier sur ce sujet précisément. Le type est brillant m'apprend un tas de choses, on échange nos expériences. Encore une fois le Pakistan a une longueur d'avance, là ou le Cambodge fait l'impasse, ici l'éducation spécialisée est reconnue par l' Etat. Malgré le chaos politique du pays ce type me laisse sur une note d'espoir. Ensuite j'embraye pour une journée entière dans un bus pour Gilgit ou ce coup -ci mon voisin est un bon barbu a calote islamisé jusqu aux ongles. Stupéfaction, il parle francais, et pour cause il est marocain. On papote, on refait le monde sans que le type ne me parle une seule fois de religion, sous ses airs d'intégriste il se révèle être d'une ouverture d'esprit impressionnante. C'est un traveller qui appartient a un réseau international de voyageurs musulmans parcourant les pays disciples d'Allah en séjournant dans les mosquées. Bien que mon ventre soit vide, faisant le ramadan avec tout le monde malgré moi, le trajet passe tout seul. A l'approche tant attendue du casse du jeûne (19h30), je vois autour de moi tous les types du bus qui mettet leurs mains devant le visage comme un livre ouvert en marmonnant des prières. Le bus s'arrete dans un petit boui-boui au pied de la motagne et j'assiste a un premier casse du jeûne et pas en n'importe quelle compagnie car mon marocain est accompagné d'un turc, d'un bengladeshi et d'un somalien ! de vrais rois-mages ! La séquence est surréaliste, biblique, mais la route sinueuse. J'ajouterais plus tard dans le bus ma contribution a cette scene (ou cène au choix) avec l'immaculée conception, mon bide me faisant défaut et repeignant tout le couloir du bus. Gilgit n'a pa un charme fou mais a le mérite d'etre une bonne introduction au mode de vie moyen-ageux du nord. C'est crado, vraiment sale et modeste mais comme d'hab les gens sont adorables meme si un peu bourrus d'apparence (le ramadan en rajoute une couche), ils ont des tronches pas possibles, de gargouilles, marqués par la vie avec leurs chapeaux de laine retroussées se portant comme un béret. Je file pour la vallée de l'Hunza a Karimabad sur la Karakorum highway, la route légendaire qui relie la Chine au Moyen-Orient. L'himalaya se présente encore sous un autre visage, sommets enneigés et bases exclusivement rocheuses, aux formes aiguisées et plus raides que jamais. Les plaines fertiles qui s'étendent le long des cours d'eau sont jonchées de bouleaux, peupliers, saules, tous ces grands arbres en tiges que je ne pensais pas trouver un jour en haute montagne. Le Baltit Fort est le monument prisé de Karimabad. J'avais dit plus de forts apres mon overdose en Inde, mais là on est carrément dans un autre registre, c'est un fort en bois et en pisé vieux de mille ans qui malgré sa taille raisonnable s'impose au dessus du village dressé sur le sommet d'une colline. L'intérieur transformé en musée expose des objets et reconstitue la vie quotidienne d'époque. On est loin de la vie de pacha indienne et des coussins moelleux, c'est rustique et vraiment modeste (et c'est ca qui fait le charme) dans un style très tibétain. Je pousse le chemin jusqu' a Passu en direction de la frontière chinoise. La, je suis vraiment en pleine montagne et ça caille! D'un côté, le glacier, de l'autre de magnifiques pics enneigés bordés de falaises. Il y a un pont suspendu que je m'empresse d'aller voir accompagné d'un gars de Karachi (l'ancienne capitale), on ne peut plus archaique et qui nécéssite une superbe ballade le long de la rivière. Il faut voir l'engin, des morceaux de planches tordues espacées d'une bonnes trentaines de centimètres si ce n'est plus, reliées par des vieux cables biscornus comblants tant bien que mal les trous. La traversée est aventureuse, cramponné aux cables de travers testant la solidité de chaque point d'appui avant de lancer ses pas en toute confiance. De l'Indiana Jones en puissance. Le lendemain c'est parti pour l'ascencion du glacier, il n'y a pas vraiment de sentiers et les éboulements de roches qui servent d'accès sont franchement casse gueule, mais a l'arrivée quel spectacle! C'est un massif éblouissant de chaines de mini-montagnes de glaces qui se succèdent a perte de vue. Sous la pellicule grise de terre, la glace sintille comme du cristal. de Je grimpe et dévale sur ces icebergs surexcité, ayant l'impression de faire mes premiers pas sur la lune. Magique. En s'enfoncant les talus sont de plus en plus raides et laissent place à de véritables crevasses dans lesquelles résonnent des petits torrents d'eau. Ca devient de véritables gouffres et la ballade prend une tournure sportive et un peu inquiétante. Je réalise, descendant de mon nuage que ce genre d'expédition se fait mormalement avec des chaussures à crampons, piolets et autres accessoire d'alpiniste. Sortant de ce parcours du combattant en verre, j'emprunte tout un pan de terre différent de celui de l'aller pour rejoindre la route. Je m'apercois au bout d'un certain temps que je suis toujours sur le glacier et pour longtemps. Ca craque, dérape et fond littérallement sous mes pieds, petite montée d'adrénaline tout de même avant de récupérer en vitesse mes affaires une fois a l'hôtel, car le temps ainsi que la glace a coulé bien vite. Ayant loupé le bus pour Gilgit, je lève le pouce et me fait prendre par un vieux lubrique qui me dépose a Karimabad. La fin du trajet se fera de nuit, allongé dans une remorque sur des tonnes de sacs de pommes, sous les étoiles en compagnie du livreur en chef avec qui on se lance dans des débats politiques filant dans le serpentin de la route. Bush et Ben Laden, il en prendrait bien un pour taper sur l'autre, me faisant une rhétorique brillante à la Michael Moore sur la machination qu'est à ses yeux le 11 septembre et tout ce qui s'en suit. Je finis ma nuit dans un dortoir de routiers dégueulasse des bas fonds de Gilgit avec mon livreur. Chitral est mon nouveau but à atteindre, et pas n'importe lequel car il nécessite le passage d'un col balèze, mais ca je ne le comprendrais que plus tard. Le stop me plait bien sur ces routes de campagne, je prends donc une feuille écrit Gilgit d'un coté, tire un trait, Chitral de l'autre et le montre aux bagnoles que j'arrête sur bas coté. Une caisse de jeunes allant se faire un pique-nique illicite, fuyant le ramadan m'embarque sur les berges de la rivière que la route sinueuse et magnifique longe. Puis c'est un poids lourd qui me fait avancer un peu plus ensuite. J'ai oublié de vous dire qu'ici les nombreux camions qui afrètent des tonnes de camelotte made in china, sont de véritables oeuvres d'art. A ce niveau ca n'est plus du tuning mais des ornements superclasses et colorés en bois et métaux agrémentés de clochettes qui pendent le long des ailes et sur les pare-chocs. Pffffffff !!!! Creuvaison. J'assiste au démontage de la roue digne d'une séquence de Charlot avec un crick antique et le chauffeur sautant à pieds joints sur la clef à boulons géante pour resserrer la bete, folklo. Malgré un pilote faisant crisser ses pneus à chaque virages, je ne suis qu' à mi-chemin à la nuit tombée. Dodo. Dans cette zone rurale profonde, difficile de trouver un interlocuteur parlant anglais pour m'expliquer pourquoi il n'y a plus de voitures qui passent et pourquoi tout le monde s'obstine a vouloir me faire prendre le bus que je me résouds a prendre par la force des choses. Une fois à bord la route s'avère de plus en plus splendide et je comprends pourquoi il n'y a que ce satané bus tout terrain qui prend ce troncon. Une bonne dizaine d'heures pour faire 100 bornes sur une route devenue piste s'embourbant dans les gravats, pour accéder au col de Mastuj dans un décor féerique. Les pentes à bien trente pour cent prise en étau autour des pentes abruptes s'imposant somptueusement. C'est épique. La plaine du col se délimite par une nappe verdoyante recouvrant les pierres de mousse encerclée par les remparts naturels enneigés. Il n'y a qu'un poste de controle et un terrain de polo (le sport national) utilisé pour les grandes occasions parait -il. Et hop, on redescend pour Mastuj, ou je passe une courte nuit encore une fois chez un hôte bien libertaire. Le lendemain la jeep me dépose enfin a Chitral pour un court transit avant de rejoindre les vallées Kalash. QUe de rencontres et de cheminements pittoresques depuis une semaine ! Le voyage authentique comme il se pratiquait partout il y a environ trente ans, merci le Pakistan!
Publié à 08:08, le 28/9/2008, Gilgit Mots clefs : gilgit
Peut être que les plus assidus des lecteurs de ce blog (ca c'est pour faire culpabiliser les autres!) auront remarqué que je fais toujours un petit article de débriefing avant de quitter un pays sur ses habitants, ses moeurs et ce qui m'a le plus marqué ( A part pour les Viets mais je ne pouvais tellement plus les voir en peinture a la fin que je me suis abstenu de peur de tomber dans la caricature ). mais en ce qui concerne les Indiens j'avoue que c'est la panne seche. Non pas qu'il n'y ait rien a dire bien au contraire, car il faudrait un roman, une vie de réflexion pour parler de l'Inde et des Indous avec justesse tellement il y a de contradictions, de notions des choses diametralement opposées aux notres avec leurs extremes a n'en plus finir. Ils sont nombreux ca c'est une évidence, mais tous differents par leur caste, leur dégaine et toujours leurs petites manies personnelles liées a des mythologies et croyances diverses. Ah ça ils sont croyants. Possédés, illuminés (ce mot me revient tout le temps) ils donnent a la religion une imagination sans limites qui se matérialise dans presque tout les faits et gestes indous. Vaches, encens, fleuves, temples, ashram, chants, yoga, points rouge sur le front, offrandes, musiques, bains, festivals, voyages, satues, végétarianisme, ascètisme, bibelots, oeuvre d'art sont le pain quotidien des indiens parmis tant d'autres choses qui ont toujours un lien étroit avec la religion et le sacré. Shiva, Ganesh, Krishna, Vishnu, pour ne citer que les plus adulés sont omniprésents et la source du moindre fait et geste indien. Le kitsch est aussi une autre grande spécialitée indienne. Au dela de l'arc en ciel de couleurs qui est un régal visuel et absolument partout, le kitsch issu a la fois de la vetusté des objets, du design rétro des sapes et de l'architecture de ''mauvais gout'' assumés a 100 pour 100 par tous, donne l'impression d'être en permanence dans un film, une comédie musicale des sixties à l'image des films de Bollywood tres representatifs de ce que à quoi l'Inde ressemble et aspire. Ils sont coquets, moqueurs et souriants s'inventant des roles dans leurs futals discos ultra moulants remontés jusqu au nombril et leur coupe de tifs a la Fonzi (avec le peigne toujours prêt à etre dégainé d'ailleurs). Mais alors le fin du fin c'est la teinture rousse, la grande mode indienne : teindre autant sa barbe que ses cheveux en roux au hénné. Va savoir pourquoi? Formule qu'on se répète sans cesse dans ce pays. L'anarchie des villes, le bruit permanent, le champs de vision qui sature face à la suractivité alliée a la sérénité et la molesse des gens, la détente spirituelle et la force de la nature pas prête de se faire détroner par cette fourmilière humaine. Impossible de décrire l'Inde avec des mots, il faut la voir, l'entendre, la sentir, la vivre pour y croire. La diversité et la complexité indienne nécéssite une vie entière (plus ses réincarnations) d'un occidental pour entrevoir le début d'un sens a tous ça, une des raisons pour laquelle ce pays sucite autant d'attrait et d'attention de la part de tous les terriens a travers le monde depuis la nuit des temps.
Publié à 10:53, le 27/9/2008, New Delhi Mots clefs :
CHELLO : Expression idiomatique indienne et pakistanaise qui signifie ''let's go'' / ''C'est parti "/ "Allons-y'' mais aussi ''casse-toi!'' quand quelqu'un vous colle aux basques. En Inde l'expression ''Chello to Pakistan'' est un peu grivoise, l'équivalent en francais de ''va te faire voir chez les grecs!''
Amritsar est la dernière étape incontournable d'Inde en direction de la frontière pakistanaise. C'est aussi la capitale du Sikisme une religion dérivée de l'indouisme qui pioche un peu dans l'Islam. Les Siks se reconnaissent a leurs turbans massifs et impeccablement tendus, cachant leur chevelure qu'ils ne coupent apparement jamais tout comme leur barbe. Ils ont souvent une corpulence d'armoire a glace et un air très digne qui ne donne pas envie de les taquiner. Pourtant une fois ce masque rigide dépassé on a souvent affaire a des crèmes comme souvent avec les barbus meme plus extrémistes religieusement parlant, cette hypothèse se confirmera plus tard au Pakistan ou le cliché de l'islamique barbu a l'air féroce vole en éclats. Les plus jeunes qui ne sont pas des Siks totalement accomplis portent une sorte de collant sur le crane avec un chignon au niveau du front, qu'ils gardent en dessous de l'autre turban plus tard pour lui donner de l'épaisseur. Il n'y a qu'une chose immanquable a Amritsar relatif au Sikisme, c'est le temple d'or ou affluent touristes et siks de tous pays.Une fois dans l'enceinte circulaire, le temple ne parait pas immense mais s'impose au milieu d'un étang carré. On accède par un petit pont a cette curiosité qui mélangent le style des palais indous et le dome d'une mosquée. Le sol et le bas des murs sont en marbre et toute la partie supérieure, tourelles et toits pointus sont en or. Du vrai or selon les dires qui scintille au soleil et dans les reflets aqueux de l'étang. C'est vraiment très très beau. Les fidèles s'entassent dans la file d'attente puis à l'intèrieur où des musiciens et chanteurs rècitent des prières 24/24h de manière très sobre. L'atmosphère qui règne tout autour du temple est envoutante et on se laisse à flaner regardant le soleil décliner, offrant au temple mille et un éclats lumineux dans un crescendo visuel majestueux. Autre particularité du lieu, une cantine gèante gratuite ouvert a tous 24/24h a en donner la larme a l'oeil a plus d'un bénévole des restos du coeur. Le lendemain, il est temps de passer la frontière, après les derniers harcèlements des rabatteurs et chauffeurs de rikshaws indiens qui pour le coup ne vont pas me manquer. Aprèsavoir franchi lles laborieuses étapes successives de la frontière me voici au Pakistan.
Adieu Shiva, Ganesh et consors et bienvenu chez les mecs! A bord du bus le plus pourri du monde je suis en direction de Lahore et découvre ce qui saute aux yeux avant meme les djelabahs et l'alphabet arabe : ou sont les femmes? Meme a Lahore qui est une grande ville dévelloppée il y en a trois pour 100 mecs dans la rue, par contre oubliez les mensonges médiatiques de la burqa pour toutes, elles sont autant si ce n'est moins voilées que les indiennes, a savoir un simple chale sur la tete. Les militaires, vigiles tous les dix mètres ont de jolis fusils mitralleurs mais sont tellement mous qu'ils n'arrivent pas a la cheville en termes d'agressivité visuelle que les bidasses de !a Gare de l'est a Paris. Voila, hormis ses deux points ''négatifs'' je n'ai rien trouvé d'autre à reprocher au Pakistan par la suite, me trouvant face a ce qui m'avait été promis par tous ceux qui ont visité ce pays : une hospitalité et une gentillesse extrème de la part des locaux t'accueillant a bras ouverts dans toutes les conditions. Meme le ramadan qui tend un peu les visages supportant un jeune sous 35 degres et des journées de 15 heures, n'empeche pas chaque personne de te tendre la main, de sourire, de te proposer nourriture, boissons, tout en te guidant la ou tu desire te rendre. J'arrive enfin au Regale Internet Inn, le petit hotel miteux mais tellement chalereux devenu l'adresse incontournable de tous les travellers séjournant a Lahore. Malik son propriétaire est un passionné de musique Sufi et fait du séjour de chacun au Regal un vrai parcours musical et culturel. C'est aussi un des mecs les plus ouverts que j'ai rencontré durant mon voyage, assis sur sa paillasse au fond de la terrasse de l'hotel, on va et vient pour refaire le monde sans aucun tabou, abordant tous les sujets politiques ou religieux. Je réalise au bout de quelques heures de discussion que je suis dans un réel lieu d'effervescence intellectuel ou les différences culturelles de chacun viennent enrichir le débat, et ou la bienveillance de Malik permet de contrecarrer tous les stéréotypes qui concerne son pays. L'image galvaudée que donnent les médias du Pakistan est grave, on s'imagine des bastions terroristes et un fanatisme insupportable, il n'en est rien. Les talibans retranchés aux alentours de Peshawer ne sont qu'une minorité détestée de tous et qui ternissent l'image du pays. Les gens ne sont pas très pratiquants, ne font pas le ramadan pour beaucoup et adorent faire la fete. Comme le montre par exemple la culture Sufi très influencé par les tziganes du Rajasthan voisin, qu'un iranien a fondé pour donner un attrait a l'Islam plus ludique. Les chiites et sunnites sont évidemment majoritaires dans la majorité du pays, mais on trouve aussi des smilis et autre minoritées ethniques dans les montagnes très libérés de la religion voir pas du tout mulsulmans. Tous ca pour dire que j'ai vraiment réalisé a quel point ce pointage du doigt que font les USA sur cette région du monde n'est qu'une facon de continuer leur chimerique lutte contre le terrorisme. Ils ont mis a feu et a sang l'Afghanistan et l'Irak pour rien et il leur en faut encore, pourquoi pas le Paki qui est aussi montré du doigt par l'Inde qui n'arrive pas a gérer son extrémisme religieux et qui accuse ses voisins. Bref, c'est un vaste débat qu'il ne faut pas lacher car le sort du ''monde arabe'' en dépend. C'est l'heure de partir pour les Sufi night le rendez vous hebdomadaire depuis 900 ans du tout Lahore. La musique Sufi comporte une base d'improvisation allant crescendo pour acceder a une forme de transe, de grosses percussions qui dépotent a toutes décibels des morceaux d'une bonne demi-heure sur lesquels viennent se caler des danseurs frénétiques se livrant eux aussi a une transe chorégraphiée. On arrive dans un petit patio intimiste surbondé de monde assis autour des musiciens. L'ambiance est chaude dans tous les sens du terme, ca s'entasse, se bouscule toujours avec courtoisie dans un aquarium de fumée...de hash. Je n'ai jamais vu ca, la quasi intégralité de l'assistance, jeune et vieux enchainent joints et cigarettes de shit non-stop, une vraie orgie cannabique, certains s'allument 10 clopes aromatisées a la fois. La foule aux yeux vitreux secoue la tete épileptiquement a l'instar des danseurs, les bras levés au ciel sautillant a chaque break et tabassage frénétiques des percus. Ils sont littéralement en transe, les gouttes de sueur perlant au bout de leurs mèches de cheveux agitées a la vitesse d'un shaker. Un saxo vient se poser sur les rythmes endiablés toujours plus soutenus envoyant des envolées de notes suaves. C'est magistral. Difficile de ne pas laisser son corps se faire happer par cette musique démoniaque, transcendentale, se vidant de tout son etre, faisant jaillir l'ame de son enveloppe charnelle. Je rentre abassourdi de cette expérience métaphysique allant cuver ma toute première cuite au shit, titubant jusqua mon lit au milieu du dortoir. Voila, donc mes premieres aventures et impressions de ce pays arriéré, islamique que nous décrit nos chers médias, un pays ou je n'ai jamais senti autant de liberté, de finesse d'esprit depuis mon arrivée a Bangkok. On en reparlera mais pour le moment c'est une surprise de taille qui me laisse songeur...
Publié à 05:37, le 27/9/2008, Amritsar Mots clefs : lahore
Rishikesh, première ville sacrée du Gange s'étale le long de ses rives au pied de l'Hymalaya. Ce haut lieu de l'Hindouisme est devenu la capitale mondiale du Yoga et de la méditation depuis sa prise d'assaut par les hippies après que les Beatles y aient séjourné pendant un mois en 1969 dans une quête méditative. La partie spirituelle de la ville se délimite par deux ponts suspendus sur une rue principale a l'origine piétonne, mais aujourd'hui envahie par les jeeps qui font office de transports en commun. Le long du fleuve on se ballade de gaths en petites plages de sable gris avec des statues géantes ultra kitsh de Shiva et sa bande, donnant parfois sur des petits carrefours où les DVD d'un mantra (toujours le meme) tourne en boucle toute la journée en écho entre les différents stands. Contrairement a Varanasi, le Gange est ici un havre de paix, l'eau claire directement venue des cascades de la montagnes (par ailleurs un bon objectif de ballade) est rafraichissante et les berges idéales pour mettre en pratique ses cours de méditation. Après avoir cherché en vain le pote sadhu que mon ami Max avait rencontré l'année dernière, je décide justement de m'initier a la spécialité locale : le Yoga. Pour cela, il faut trouver une ashram compétente. Une ashram c'est une sorte de pension hindouiste gratuite avec nourriture offerte qui accueille pelerins, sadhus et autres paumés, c'est un peu comme le 115 en France, un foyer d'urgence spirituel pour les plus démunis. Ici, les ashrams ont pris une autre dimension, ouvertes aux étrangers; on y loue sa chambre et assiste quotidiennement aux cours des maitres yogi et à l'enseignement des gourous. Eh oui, en Inde les sectes sont autorisées et leurs gourous sont des notables adulés par de nombreux adeptes qui se rassemblent dans des branches dérivées de l'indouisme. Rassurez-vous il est nullement question de racket et suicide collectif orchestré par le gourou comme chez nous, mais l'autorité populaire de ce dernier est néammoins respectée. Je me lance donc a 7 heures du mat frais et à jeun à mon premier cours de yoga. Le prof prend un peu une voix de crécelle et un ton monocorde pénible, mais ca a au moins le mérite d'etre clair pour expliquer les positions. Et puis il a vraiment un style trop classe avec son kimono blanc, sa gueule de super-beau gosse tout droit sortie de Bollywood qu'on ne peut résister a son charme. Je m'étonne moi-meme des capacités souples de mon corps, me ridiculisant parfois avec les mémères du cours sur les postures les plus loufoques et contorsionnées. La séance se ternine en lotus, index et pouce joints formant un petit cercle, le dos des mains posé sur les genoux et tout le monde lance un grand ''AAAAUUUUUUMMMMMMM...'' interminable. Je ricane dans mon coin, le spectacle étant un peu risible, car de plus toutes ces singeries ne m'ont pas fait un effet hallucinant. C'est quelques instants plus tard en sortant de l'ashram que je sens une grande sensation de bien etre, de légèreté et de décontraction. Du coup je décide de pousser un peu le bouchon, en réduisant mon alimentation (végétarienne bien entendue) et retournant faire des séances les jours suivants. Quel pied le yoga! Tu ressort de ton petit cours matinal en homme neuf partant flaner aux bords des eaux sacrées, ponctués de fraiches baignades et d'applications des enseignement de maitre yogi.
Et la, impossible d'éviter l'autre grande spécialité de Rishikesh: les Izs. Tout le nord de l'Inde a la réputation d'accueillir une présence massive d'Israéliens, mais a ce point je ne l'imaginais pas. Les pancartes, annonces, menus et meme le clavier sur lequel je tape est traduit en hebreu, et évidement ca ne loupe pas avec ma gueule de brun frisoté, on m'accoste systématiquement dans la langue du peuple élu. Sans faire de sociologie de comptoir, on se rend compte très vite qu'ils ont pris la digne succession des hippies américains fuyant la guerre du Vietnam, venant se ressourcer dans des pays pacifistes, en s'enquillant des shiloms a longueur de journée pour oublier qu'ils appartiennent a l'une des nations les plus politiquement désastreuses en terme de violences guerrières. Pour avoir brisé la glace avec un groupe de grands maigrelets au style très Jésus, ils m'ont confirmé l'élan pacifiste de la jeunesse et sa tendance néo-hippie, voulant fuir la réalité de leur pays par le voyage, en Inde plus concretement et par l'échappatoire plus narcotiquement. Malheureusement les aspirations utopiques se font vite rattrapper par la réalité gros sabots. Hippies certes ils le sont dans l'apparence, mais les absolus de vie simple en harmonie avec la nature ne sont que broutilles. Ca consomme a foison, ne respecte pas des masses les principes sacrés indous ( pas de tenues légères, de consommation d'alcool et de viande...) et parlent parfois aux locaux comme à des chiens. Evidemment ce ne sont que des généralités, il y en a des très sympas mais la concentration communautaire de touristes a l'étranger offre rarement un résultat subtil et un exemple de conduite. Bref, le ''cas Israel'' reste un vaste questionnement a mes yeux dans lequel je continue a avoir du mal a me dépatouiller entre haine et compassion.
C'est pas le tout mais il sagit de passer a la phase 2 de mon ascension sprituelle : la méditation. J'arrive une demi-heure en avance pour assister a mon symbolique et unique cours de méditation pour savoir un peu mieux de quoi il en retourne. Je tombe sur un vieux à longue barbe blanche, vetements blancs avec un drole de foulard sur la tete formant une espece de calote comme portent les chirurgiens et qui s'avere etre le ''prof''. Il m'explique que j'ai bien fait de venir plus tot et qu'il va me faire comprendre quelle est la bonne voie a prendre pour accéder a la vérité du chemin de Dieu. Je l'arrete tout de suite en lui expliquant que je suis venu essayer d'apprendre les bases de la méditation et que ca ne sert a rien qu'il me serve son cocktail de bondieuseries pour l'apéro car je suis athée. Malheur a moi !qu'ai je osé dire! Alors la j' ai eu droit au bon vieux sermon du religieux prosélyte qui cherche à te convaincre de la suprématie du tout puissant a coup de phrases toutes faites (pas toujours connes d'ailleurs) et du sacro-saint ''non mais de toutes facons si tu n'ouvres pas ton coeur a Dieu tu ne peux pas comprendre aussi bien que moi ce que j'essaie de t'expliquer'' (celle la je l'adore...). Et puis il te regarde soudain avec de grands yeux tous ronds, démesurés par l'effet loupe de ses lunettes levant le doigt au ciel comme pour appeller la foudre puis éclate ensuite d'un rire gras et démoniaque. C'est un bon acteur et je comprend très bien qu'il essaie en quelque sorte de m'hypnotiser sous son joug. C'en est un ! Un vrai un authentique gourou comme ceux qu'on met en taule chez nous mais qui, ici, a le droit de prodiguer ses salades et d'enroler quiconque dans sa sphère mystique. J'essaie de mettre un peu d'eau dans mon vin en lui expliquant que j'ai une certaine foi dans l'unité entre les éléments terrestres, que j'ai rien contre les religions (du moment qu'elles n'essaient pas de m'endoctriner et de légitimer toutes sortes de barbaries et d'obscurantismes au nom de Dieu), on arrive meme a parler énergies, ondes magnétiques entres les gens et télépathie. Le débat s'élève un peu mais rien à faire le vieil illuminé ne peut s'empecher de conclure que oui, bon, soit, mais quand meme ca serait mieux si je croyais en Dieu. J'attends la scéance de méditation avec impatience lassé de ses discours, et celle-ci s'avere bien plus interessante que son introduction dévote. Exercices de respirations et concentration sur le chacra principal, celui au milieu du front, telle est la base de la méditation. Mettez vous en tailleur ou en lotus si vous y arrivez, posez votre index entre vos deux yeux, si vous etes bien concentré vous sentirez une petite pulsation. En ne pensant qu'a ce point précis et a l'instant présent vous arriverez aux balbutiements de la méditation et non pas au chemin de la lumière du seigneur, a la compréhension du cycle des menstruations de Marie-Madeleine ou je ne sais quoi d'autre comme me le prodigue l'autre fou ! C'est pas comme le Yoga, mais ca détend aussi pas mal cette affaire. Je fais un don a la statue de lord Krishna avant de partir car il ne prend pas les cheques (je vous l'ai expliqué c'est un gourou illuminé mais bénévole pas comme chez nous), me disant que tout compte fait ce n'etait pas tant un mauvais bougre. Avant de quitter Rishikesh, en bon fan qui se respecte je vais voir les restes de l'ancien ashram ou séjournèrent les Beatles. Des ruines envahies par la végétation rien de plus, mais qui devait avoir un certain cachet architectural a l'époque. Ils ont du bien se mettre dans le vent les quatres garcons dans ce petit coin de paradis avec pignon sur Gange. Tout comme mon zozo de la veille, Georges Harisson s'était entiché d'un ''maitre spirituel'' qui fut sujet à beaucoup de polémiques et déviances profitant de la crédulité de nos rock-stars qui ont du débarquer la dedans avec un acide de trop dans le crane. En tout cas, meme si ce fut la source d'inspiration des plus mythiques de leurs chansons je ne me laisserais pas enroler dans les griffes du gourou de mes idoles qui n'aura jamais raison des gentilles pratiques de mon maitre yogi.
Publié à 09:10, le 26/9/2008, Rishikesh Mots clefs :
Décidement je hais les aéroports. En plus de mon antipathie pour les avions, l’ambiance securitaire qui y réside est à mes yeux carrément inhumaine. Je n’ai meme pas le temps d’arriver que je suis deja reparti car au nom de la sécurité il m’est interdit de rentrer dans l’enceinte du batiment sans billet d’avion. C’est vraiment hyper sympa pour se dire aurevoir au milieu des bagnoles du dépose minute. Laure s’est envolée et me voila seul dans cette chambre humide a Delhi. Heureusement que Clarisse et Josselin (deux complices de longue date) m’ont envoyé un mail pour les rejoindre a Jaselmer aux portes du desert du Rajasthan. 20 heures de ‘’sleeper bus’’ et Rajasthan me revoila ! Ces bus sont vraiment top, il y a des vraies couchettes molletonnées, il y en a meme à deux places avec une vitre coulissante que l’on fait glisser a l’aube pour observer le soleil rasant qui vient te caresser le visage depuis ton aquarium d’ou tu observes le travelling en cinemascope qui s’offre a toi, un vrai regal. Pas de doute on est dans le desert, Jaselmer est ocre, sableuse et son fort tentaculaire qui surplombe la ville pousse la ligne d’horizon bien loin. Ses ruelles a l’ombre sont le seul endroit ou l’on peut supporter le cagnard de l’apres midi. Les retrouvailles fraternelles avec les VRAIS potes sont superbes et on décide de partir en Safari a dos de chameaux trois jours dans le desert pour marquer le coup. Notre jeune guide Debid accompagné d’un bambin et de trois bossus a longues pattes et long cous nous entraine sur les plaines arides jusqu aux ergs de sables pour passer des nuits divinement étoilées au milieu des dunes. Les trajets journaliers ne sont pas d’une grande éclate, enfin si éclate derch car hormis ‘’number one’’ le chef (véridique patronyme du bestiau) les chameaux sont horribles à monter, de vrais planches de bois ! On se bat pour ne pas avoir le plus défonce cul de tous tellement ca fait mal. Et puis c’est vrai que le kif du desert, tout du moins celui que j’ai vecu en Mauritanie est de marcher a coté des betes, enfin on va pas se plaindre. On est récompensé le soir venu face au coucher de soleil majestueux inondant de rose l’horizon de sable, accueillant ensuite la voie lactée et des constellations qu’on ne voit pas en Europe. C’est ca le luxe de l’hotel gratuit, un milliard d’étoiles ! Nous jouissons des dénommés ‘’pickkles’’: petits piquants séchés qui viennent se nicher partout dans les habits et les endroits les plus intimes, et comme ce genre de plaisir n’arrive jamais seul, j’écope de la seconde insolation de mon voyage (la premiere dont je vous avais epargné le récit c’etait au Cambodge) ce coup-ci une bien sevère. Au lieu de me bourrer de médocs que je n’ai pas et de me mettre a l’ombre, je reste sous le soleil de plomb, il faut bien continuer a avancer. Les maux de crane sont insoutenables, je gémis comme un gosse vascillant sur mon chameau dans un semi-coma (allez-y plaignez moi!) pour terminer la tete dans l’abreuvoir à chameau avec les clebards, digne d’une sequence de western spaghetthi. J’en ai bien chié mais au moins les autres se sont bien marrés c’est l’essentiel ! Après le retour a Jaselmer et une petite sieste, on décolle pour Jodhpur la bleue a bord d’un train plutot pittoresque. Au deuxieme arret c’est l’invasion, des centaines d’indiens s’entassent les uns sur les autres jusqu’a s’installer sur le toit. On se retrouve etre l’attraction écrasée dans cette cohue anarchique. Le train traverse des vents de sables qui enfument tout le wagon, les gens se precipitant pour fermer les fenetres et se retrouvent avec un foulard sur le nez. Arrivés a destination le spectacle est troublant, la gare est littéralement transformée en campement général. Des centaines de familles et autres voyageurs dorment a meme le sol en attendant leur train, encore une démonstration du mode de vie très spartiate des indiens. Jodhpur est une grosse ville supportable qui a part sa tour de l’horloge aux éclairages ultra kitshs n’a pas grand interet hormis son fort. C’est la dernière visite de fort pour moi, je suis en pleine overdose de forts! Mais ca restera néanmmoins la plus instructive car la visite se fait armé d’un petit walkman qui éclaire ta lanterne sur la vie des Rators, Rajputs et autres seigneurs dont on vit les péripéties au fil des siècles et en francais ;s’il vous plait. Puis vient l’heure des au revoirs chaleureux, je regarde mes bons amis repartir et ma route en solitaire se dessiner devant moi. Direction Richikesh.
A l'est de l'Inde du nord il y a un désert, un nombre incalculable de palais, de forts et de villes se terminant par ''-pur''. C'est un voyage au coeur de la vie des rajahs et du métissage entre l'art musulman et hindouiste. Mais le Rajasthan c'est avant tout la terre originelle du peuple nomade le plus important du monde : les gitans dont le mode de vie et la culture se remarque en filigrane. Udaipur notre premiere étape se fait sous le signe de la tranquillité : pas trop de monde, pas de klaxon, pas de dépotoir a tous les coins de rues, ça fait du bien! Le petit centre piéton sur le flanc de la colline est rempli de batisses blanches qui mènent au palais tronant par sa démesure au sommet de la ville. On se croirait dans Aladin, les petits balcons et les arches multiformes qui constituent sa facade sont tout droit sortis d'un conte des 1001 nuits. On entre par une petite porte, et on s'enfonce dans d'interminables couloirs, escaliers menant aux divers salons, terrasses et chambres a coucher. C'est un véritable patchwork, tous les rajahs qui se sont succédés on fait construire leur annexe juxtaposée a celle de son prédécesseur, si bien que l'on traverse les époques d'une partie a l'autre de l'enceinte du batiment. On peut admirer en surplomb l'autre particularité d'Udaipur : son lac quasiment asséché avec au milieu ses deux palais plus vraiment flottants reconvertis en hotel de luxe, la spécialité du Rajhastan. On se laisse tenter a jouer au pacha, une fois n'est pas coutume, pour quelques euros de plus que d'habitude on se permet de descendre dans un palace avec piscine (ah les sales bourges!). Pushkarest la ville sainte du Rajasthan, un lieu de pélerinage ou les hindous viennent se baigner dans le longs des gaths du lac sacré autour duquel s'organise la ville. C'est le seul interet de cette bourgade devenue architouristique : se planter sur n'importe quelle gath et regarder se qui se passe a 360 degres. La faune de pelerins est moins hallucinantes qu'a Varanasi, mais s'adonne aussi a d'autre activitées pittoresques comme de nourrir les énormes poissons sacrés du lac...sacré, bien évidement. Puis on finit par tourner en rond, autour du lac précisément. En s'enfoncant dans la vielle ville sur les hauteurs, on découvre néanmoins de magnifiques maisonettes recouvertes de chaux et le calme des ruelles loin de l'autoroute a shops qui longe le lac. Jaipur la rose, est la capitale de la province ce qui veut dire grosse ville, et comme je l'ai deja expliqué ce n'est pas une partie de plaisir. Pollution, bruit, air suffoquant font que le rose des batiments du vieux centre vire un peu au gris, il n'y a guère que le palais des vents qui garde son cachet recolorisé sur photoshop pour les cartes postales tout de meme ! Ca ne donne du coup pas envie de s'y attarder, de toute facon il nous faut rentrer a Delhi pour que Laure chope sont avion. On tombe par hasard sur le défilé du festival de Ganesh qui nous laissera sur une bonne impression, redonnant un peu de couleurs et d'humanité a la ville. Fanfares, défilés d'éléphants, de chameaux, de precheurs sont au rendez vous. Des chars avec des mises en scene de personnages traditionnels ou de divinité indiennes viennent aussi ajouter un peu de kitsch. A la nuit tombante des générateurs alimentent les chars, on dirait des moteurs de tracteurs maculés de cambouis. En tout cas la fête bat son plein et les adorateurs du dieu éléphant le lui rendent bien.
Publié à 04:57, le 10/9/2008, Udaipur Mots clefs : udaipur
Qui n'a jamais vu troner sur un téléviseur ou un vaisselier de salle a manger, une photo de Ducon et Duconne prenant la pause devant le Taj Mahal ? Ce monument 100 pour 100 marbre constitue le symbole du tourisme indien en couverture de tous les guides et cartes routieres du pays. Il est entre autre classé parmi les fameuses merveilles du monde dont la liste est sujet a de vastes polémiques. Depuis qu' Alexandre Legrand avait décrété la liste arbitraire de 7 merveilles dans l'antiquité, celle-ci n'a cessé d'augmenter et de parfaire ces critères afin d'etre le plus juste possible et tendre vers une sorte d'universalité. On en arrive a un certain paroxisme a l'heure actuelle car dans un faux élan démocratique, le vote s'effectue sur internet par n'importe pekin du globe. Comme c'est étrange, la muraille de Chine et le Taj Mal arrivent dans les premières positions, sachant que les deux pays représentent a eux seuls plus de la moitié de la population mondiale et que comme tout bon etre humain qui se respect, ont leur bonne part de chauvinisme latent, je vous laisse faire l'équation vous meme.
Pourtant rien d'exceptionnel a la vue de la dite merveille, a part pour les mordus de marbre. Je ne sais pas si claquer 15 euros ( prix d'entrée pour les non-hindoux ) et payer le supplément camera en vaut la chandelle, sachant que vous ne pouvez que filmer depuis le fronton, pour y effectuer le fameux cliché d'Inde deja vu 1000 fois. L'histoire du Taj Mal est bien plus intéressante que le monument en lui-meme. Il fut édifié par le petit-fils d'Akbar le grand (akbar signifiant ''grand'' en arabe) comme tombeau pour sa femme défunte qu'il aimait beaucoup et qui est morte pendant l'accouchement de leur quatorzieme enfants. 22 ans de travaux, des experts et architectes de toutes les contrées furent mobilisés pour batir le plus beau mausolée du monde. Le brave empereur romantique n'admirera son oeuvre achevée que depuis le fort d'Agra ou il fut emprisonné par l'un de ses propres fils l'ayant renversé par un coup d'état. Le Taj Mal n'est donc qu'un tombeau dans lequel on peut voir deux tombes celle de la reine et celle du roi qui eut quand meme le privilège d etre enterré aux cotés de sa femme. C'est beau l'amour !
C'est long Katmandou/Varanasi par la route ! 30 heures bien tassées en tout de bus jusqu'a la frontière anarchique, rikshaws (tuk tuk indien), bagnole, re-bus pour une première étape indienne qui en vaut la chandelle. La dernière ville sacrée du Gange est unique en son genre. Dès que l'on sort de la ville ''nouvelle'' a l'image de toutes les grandes villes indiennes, a savoir horrible ( pollution visuelle, odorante et sonore ), on arrive dans le labyrinthe de ruelles de la vielle ville qui mène aux abords du fleuve sacré. Pavés, très étroits, pris en étau entre les batiments qui les bordent, ces petits chemins entrecroisés ne sont pas sans rappeler les médinas des pays du Maghreb. Et puis on tombe sur une vache affalée en plein milieu qui bouche le passage, puis deux vaches, puis des dizaines parsemées a tous les coins de rue. Qui dit vaches, dit bouses de vaches qui constellent en plus des ordures, les pierres plates des rues. Welcome to India : les bovins sacrés que personne ne mange, ni ne tue sont bien la, en liberté, partout autant a la ville qu'a la campagne. Il fait nuit, l'expédition pour arriver a la guest house parait sans fin, a s'enfoncer a l'aveugle dans le ventre de la ville. C'est au matin sur la terrasse que le spectacle s'offre a nous. La rivière est la, large, dense, imposante et majestueuse, assombrie d'une couleur maronnasse, d'un niveau proche de l'inondation, mousson oblige. On se rapproche, on penche sa tête de gauche a droite pour découvrir le folklore matinal des Gaths, nom donné aux marches et aux édifices sacrés qui bordent l'eau ( sacrée elle aussi ) des rivières, des lacs, de n'importe qu'elle eau du moment qu'elle est sacrée. Toutes ces succesions de marches et de petits temples, sanctuaires sont le lieu de rituels quotidiens qui n'ont pas leur imagination dans leur poche. Il faut se l'imaginer aussi, car à cette saison la moitié des gaths sont sous les eaux, on distingue meme des cimes de temples au milieu des flots. Dès la première gath, on tombe sur un petit groupe qui s'adonne a son bain du matin, auquel s'ajoute la lessive, trempant le linge tout en priant avec une petite gestuelle curieuse, tout en lançant des fleurs multicolores et des plateaux de feuilles composés de gri-gris, bougies et plantes. Et ça frotte, récure, astique, les peaux mates deviennent littéralement blanches sous la mousse de savon qui abonde, pour ensuite se purifier dans ce qui est a mes yeux une poubelle flottante. On nous dit que c'est la mousson qui donne cet aspect marron, ca n'empeche que c'est dégueulasse et que les courants amassent une quantité impressionante de déchets que les gens écartent pour pouvoir se baigner. Les ruelles ont bien changé depuis hier, les vaches sont toujours la, mais il faut y ajouter toute la faune colorées de gens qui fourmillent aux abords des gaths. Tous ont l'air de pelerins, sadhus et autres illuminés marchant comme des zombis en marmonant des mantras, tripotant des chapelets, foulards, batons, vaquant pieds nus, le visage peinturluré, s'arrêtant devant les icones et autels incrustées dans les murs pour y faire un signe devot. Il ya toujours les sadhus épais comme des haricots, drapés de couleurs oranges et ocres avec leurs crinières de dreads locks, mais il y a aussi les tondus dans le style bonze, ascète et les femmes vêtues de saris bariolés avec gros point rouge sur le front et trainée de poudre sur la raie du crâne, symbole de mariage. En tout cas, ils semblent tous habités par une foi sans bornes, illuminés, s'approchant d'un pas inquiétant par petits groupe telle une secte ambulante. Varanasi est la ville sacrée de Shiva, spirituelle par excellence ou de nombreux indiens viennnent finir leurs jours pour etre ensuite incinérés publiquement sur les bords du fleuve comme le veulent certains préceptes de l'hIndouisme. C'est notre découverte suivante : le Manirkanika gath, principal lieu de crémation. Plus on s'approche par l'intérieur des terres (on ne peut malheureusement pas circuler le long du fleuve, la mousson innondant tous les acces), plus les ruelles sont étroites, ponctuées de temples tordus, viellots, a moitié écroulés et tapissés de racines et branches d'arbres centenaires. On tombe comme pour les vaches la veille, sur le deuxieme pilier constitutif de la ménagerie quotidienne indienne : les singes. Ils sont partout et bien plus perfides que les ruminants inertes et inofensifs( gare aux coups de cornes involontaires tout de meme)! Ces macaques sont des acrobates hors pairs, cambrioleurs, picpockets professionels, qui te sortent les crocs et te chargent si tu t'approches trop pour faire une photo. A l'approche du gath, des piles colossales de bois alimentent le bucher qui consume du macchabée 24/24 h. Ici interdit aux photos, mais pas de problemes pour venir assister aux cotés des familles du défunt ,au corps se consumant sur la grande terrasse. C'est troublant car on sent que la mort est totalement banalisée dans ce lieu, et les crémations se font a la chaine dans une grande entreprise collective. On lave son linge sale en famille, mais aussi avec l'inconnu a coté de toi qui te passe le savon ou t'aide a soulever le cadavre. A la nuit tombée, c'est la magie de la cérémonie quotidienne qui remplie le gath principal de Munshi. Un orchestre et cinq precheurs magnifiquement habillés de saris oranges sont disposés harmonieusement sur les marches. On prend place sur des barques pour assister frontalement au show. Avec tout un attirail de torches et bougeoirs enflamés, cloches et objets pittoresques sacrés, ils lancent le cérémonial accompagné d'une cacophonie de percussionistes nichés dans la tourelle adjacente au gath. Et c'est partie pour deux heures en boucle de ''Aum, rama, hare, shiva, krishna...'' . Successivement les precheurs agitent encens, faisant jaillir des flammes de leurs bibelots tout en chorégraphies synchronisées, dans un dégradé de couleurs chaudes enfumées. C'est visuellement majestueux, mais ca tape un peu sur le système au niveau sonore. L'éternelle niaiserie répétitive des rassemblemants bigots qui agace les hérétiques de mon rang, tout en trouvant ca nettement plus funky que la messe du dimanche! A notre tour on jette un petit bol de de feuille séchées composé d'un très joli assortiments de pétales de fleurs et d'une meche que l'on allume pour souhaiter bon vent a notre karma dans les flots du cultissime fleuve.
Publié à 05:25, le 5/9/2008, Mots clefs : varanasi
NAMASTE = ''Que l'ensemble de vos qualités soient bénies et protégées des dieux.''
Autant dire que les Népalais ne s'oublient avec une attention d'une telle envergure pour quand ils te saluent !
A quoi reconnaitre un Népalais ?...physiquement...difficile...les hommes...car malheureusement les femmes sont un peu des fantomes...je vais tenter une description encyclopédique...partons dans le stéréotype :
Le népalais est petit, maigre, souple, la peau mate, cheveux bruns lisses, yeux très noirs.......avec ca on est bien avancé!
Il n'y a pas de physique type népalais, ils sont le fruit dans grand métissage. Sino-tibétains venant du nord, indiens venant du sud, ce peuple montagnard oscille en apparence entre les deux, pour s'enticher au final d'une sacrée identité de durs au coeur tendre.
Reprenons la description...: Grand sourire, point rouge au milieu du front et Namasté...oui mais ca c'est aussi valable pour les indiens. Ah ! ca y est j'ai trouvé: leur petit couvre-chef! Le Népal a son chapeau traditionnel que la majorité des hommes respectables, d'un certain age portent chacun a leur manière.
C'est une sorte de beret de la forme de ceux de nos chers CRS, mais la comparaison s'arrete immédiatement car la non-violence (influencée par le Tibet ) est bien réelle et le bleu marine de la répression est ici un arc en ciel de couleurs. Les motifs abstraits, saumons, turquoise, vert-gris, en zig zag, tachetés décorent cette petite calotte posée sur le crane qui les rends bien rigolos tellement certaines sont kitsch. Les népalais sont des crèmes a l'instar des laos, un peuple uni par la petite taille de leur pays qui reste humble perché sur le toit du monde. Mais aussi un peu survolté dans leur misère, un coté punk quoi... Tatoués, percés, cheveux longs et trés critiques, en tout cas face aux évènements qui mouvementent le pays en ce moment. Ils ont quand meme virer leur roi les lascars et tentés de changer le parlement fossilisé au pouvoir depuis trop longtemps. Pour le moment les maoistes ne sont pas officiellement au pouvoir, mais la majorité de la population y tient dur comme fer. D'autant que comble de l'affaire, le vice-président en fonction (il n'y a pas vraiment de droite, c'est donc un socialiste, en sachant qu'ici les étiquettes de parti sont un peu aléatoires) a fait une bourde monumentale en faisant un discours public en Hindi. Ils nous en parlent, s'emballent, s'insurgent car c'est le point sensible, le Népal historiquement est un sous fifre un peu méprisé du géant indien, il est hors de question de se rabaisser en parlant leur langue pour les flatter. Donc tensions, militaires a tous les coins de rue, on assiste a quelques altercations et on se fait meme prendre dans une manif. Du coup les relations diplomatiques de voisinage ne sont pas au top et il s'ensuit une crise du pétrole sans précédent car l'Inde qui fournit l'intégralité du carburant a coupé les vivres pour marquer le coup. On se croirait dans Mad Max, il y a des files d'attentes de camions et motos de plusieurs kilomètres devant les stations services protègées par les flics. L'essence est distribuée au compte goutte, le prix du litre étant passéde 0,6 a 1,60 euros en 2 semaines ! Les chauffeurs dénoncent un crime et tout le monde reste préocupé mais aussi serein comme a leur habitude. Ca fait du bien de rencontrer des gens qui parlent de leur pays avec un regard critique, exprimant leurs opinions avec intelligence et lucidité. C'est le première fois depuis mon départ que j'arrive a faire sauter le masque convenu et policé que l'on entretient avec les touristes, notament en Asie du Sud Est. A l'inverse, ils sont curieux de connaitre la réalité de l'occident, comparant nos modèles et on finit par un quart d'heure philo a chercher comment pourrait on faire une bonne synthèse de tout ca. Je ne sais pas si c'est l'actualité politique qui éveille les esprits, mais en termes d'évolution des mentalités en Asie, ils me paraissent avoir une longueur d'avance. Chapeau bas !
Un petit morceau de manif a Katmandou filmée a l'arraché...
Le Népal c'est le pays du trek. Cette formule anglo-saxonne qui résonne dans la tete de tous les routards depuis le debut de leur voyage, n'est autre qu'une randonnée dans la langue de Molière, censée faire le tri entre les ''vrais'' et les glandeurs. A Katmandou, il y a des dizaines et des dizaines de shops qui se succèdent de l'attirail du parfait trekkeur : combinaisons de survie, chaussures a crampons, lunettes infrarouges et boussoles digitales pour partir faire l'ascension du toit du monde. Les grands classiques laissent reveur : l'Everest, la plus haute montagne terrestre ou le tour des Annapurnas qui viennent en deuxieme position. Les marchands de soupe te recommandent vivement un guide et des porteurs, un équipement spécifique en te mettant en garde du mal de l'altitude si tu n'es pas un alpiniste aguerri. C'est donc en écoutant ces bons conseils qu'on est parti seuls, sans équipement avec juste une carte du parc naturel faire le tour des Annapurna. Première experience de trek pour Laure et de guide pour moi, partant de Katmandou un beau matin de Juillet pour Beshishar la ville de départ du tour. Temps estimé pour la ballade 12 a 17 jours selon la cadence du gambadeur et si il opte pour l'option jeep a mi parcours jusqu'a Pokhara ville d'arrivée. L'étape cruciale étant le Thorong La a 5500 metres d'altitude depuis lequel on peut admirer la chaine des Annapurna quand la meteo s'y prete, c'est a dire pas pendant la mousson, c'est a dire pas maintenant. Mais ca ne fait rien car la mousson implique aussi d'autres avantages : c'est la ''low season'' donc baisse des prix et beaucoup moins de touristes voir pratiquement personne sur le chemin de trek. Personne, c'est a dire pas de trekkeurs, car en termes de locaux on croise une faune folklorique en permanence. Nous commencons donc a suivre le lit de cette riviere grisatre et tumultueuse qui ne nous quittera plus jusqu'a la fin. C'est un flot continu et hyperviolent de débit d'eau grise alimenté par la mousson et les inombrables chutes d'eau venant s'écraser dans les tourbillons incanalisables. C'est donc dans cette thématique aqueuse que l'ascension débute, tantot rythmée par les sentiers totalement inondés par les affluants du fleuve gris, qui obligent tous les cinquante mètres de jouer les aventuriers tranversant des cascades magnifiques coupant le chemin, ou de faire l'équilibre sur des petits ponts en bambous ou en sautant d'un rocher a l'autre. Jusqu'a 3000 mètres d'altitudes, il faudra exclure de ses pensées l'envie d'etre au sec et d'echapper a la nébuleuse flotteuse qui imbibe l'intégralité des affaires. Les ponts suspendus constitués de cables métalliques tendus au milieu des gorges a parfois plus de 50 mètres de haut, sont une autre curiosité qui ferait fuir plus d'un sujet au vertige, mais qui demeurent inévitables pour traverser le marasme grisatre. Les villages sont vraiment très mignons, on y entre par des porches de pierres sechées peintes et dominé par de petits autels avec drapeaux, desquels se succèdent des moulins a prières : cylindres metalliques recouverts de prières incrustées, s'alignant en rang d'oignons verticalement dans les murs d'une batisse en longueur prévue a cet effet. L'usage veut qu'on les fasse tourner sur son passage pour se porter chance. Les traditionelles guirlandes de drapeaux sont toujours présentes dans les villages mais aussi en pleine nature sur les arbres et lieux cruciaux du trek. Deux trois ruelles en pierres plates et de magnifiques maisons-chalets en bois et pierres aux balcons sculptés deviennent nos auberges quotidiennes. Les balcons sont fleuris, les hotes chaleureux, la bouffe colle au corps et les douches sont chaudes. Les panneaux solaires, les systèmes de récupérations d'eau minimisent a fond la consomation d'énergie, un paradis pour altermondialistes revant d'eco-villages! Le vrai bonheur réside dans la différence que chaque jour offre, le cadre évoluant en permanence tout comme la verdure qui se rarifie avec l'altitude. Apres les champs de marijuana sauvages (totalement polénnisés: pas de tetes, pas de fumette!) qui bordent le chemin, la jungle et les rizières en terrases laissent place aux strates rocheuses et a l'aglutination de sable formant des canyons. Le bout du champ de visibilité, limité par le haut d'une pente, d'un rocher, d'un virage ou d'un petit bosqué laisse toujours place a une surprise plus ou moins réjouissante: de la méchante cote au point de vu panoramique imprenable. Je me souviendrai toujours de cette plaque rocheuse verticale en amphithéatre, s'étendant a perte de vue telle une rampe de skateboard géante, juste avant d'atterrir sur la pleine lunaire de Manang. Un décor de western, ou les rochers crevassés par l'erosion rappelle Monument Valley, le visage fouetté par le vent et les rouleaux de poussiéres. Pour parfaire le tout, nous décidons de louer des chevaux pour galoper a la cow-boy dans ce décor de film. Mais le scénario a vite tourné a un épisode de Dupont et Dupond tirés par deux autochtones. Nous voila chevauchant des bourriques de canassons que je soupconne tres serieusement de n'etre que de vulgaires mulets, l'expression promene-couillons prend ici tous son sens! Apres Manang ca devient le chemin de croix : l'oxygène se raréfie, la température baisse et le dénivelé s'acroit. D'autant que je ne sais pour quelle raison nous progressons a une cadence assez infernale, on ne marche pas vite mais longtemps: 8/9 heures par jour. Apres la soupe on s'écroule dans les lits douillets des lodges d'une traite. On en bave, mais impossible de se pleindre meme a bout de force lorsqu' on croise les inonbrables porteurs qui fourmillent sur les sentiers et qui donne espoir. En sandales voire pieds nus, ces petits vieux rabougris vetus de haillons soulèvent leurs mollets rachitiques aux veines gonflées par le poids avoisinant sans problèmes les 80 kilos des monstrueux paquetages de trois fois le volumes de leur corps. Toutes les denrées de l'Annapurna sont transportée sur leurs dos accroché avec une sangle tendue sur le front! On en oubli vite son mal de reins et sa crampe a la cuisse, tout comme quand on croise les chantiers des ouvriers construisant la ''route''. Un projet de piste pour jeep en réalité, entrepris pour une dizaine d'années car ils bossent uniquement a la main! Pioches, pelles, dynamites quand c'est trop coriace sont les outils des pont et chaussés annapurniens pour aménager cette piste utopique. Ils n'en sont pas a une ampoule près! L'ascension du Thorong La a 5500 mètres d'altitude restera la journée la plus exténuante. Nous partons aux aurores du pied du sommet déja niché a 4500 ou les maux de tete du mal de l'altitude et la température frisquette nous assaillent. Comme prévu, le temps n'est pas au beau fixe et le passage du col se fait sous la neige. Nous n'aurons donc pas apercu le fameux cliché de l'Annapurna avec la chaine de montagnes enneigées. Si vous préférez un happy end vous pouvez consulter le blog de mon ami Audoin qui raconte le spectacle avec beaucoup d'émotions : unterriensurterre.uniterre.com . Par contre nous pourrons nous vanter du temps reccord avec lequel nous avons effectués le tour : départ de Katmandou le mardi matin, arrivée a Pokhara le mercredi soir d'après : 8 jours en tout et pour tout, la ou on en avait estimé 12 jours minimum! Meme si on a opté pour la jeep quand c'était possible, pour des novices je trouve ca plutot opérationnel. Bon, arretons de se faire enfler les chevilles qui ont a présent bien besoin de repos.
A peine atterri au petit aéroport miteux de Katmandou, on sent immédiatement le changement de civilisation. Les peaux sont mates, tout est vieillot et bordelique, bref ce qu'on appelait jadis le "Tiers Monde". On se fait bringueballer dans les nids de poules de la route défoncée à bord d'un petit taxi jusqu'au centre ville. Ca klaxonne dans tous les sens et le traffic routier est un grand n'importe quoi, mais rien à voir avec Saigon ou Bangkok car les rues sont étroites, (l'équivalent de rues pietonnes en France) ce qui n'empeche pas pour autant les vehicules et les pietons de s'embourber dans la cohue générale. On le comprendra vite par la suite, Katmandou n'est en réalité qu'une succession de villages qui a subi un boom urbain assez récent. Volailles, cyclo-pousse et grosses cylindrées cotoient la masse humaine qui déambule dans le centre historique qui ressemble à un grand bazar moyen-âgeux. L'architecture des petits édifices reste très traditionnelle avec boiseries sculptées d'un grand raffinement sur les balcons, mansardes et fenetres. C'est le soukh à l'orientale dans toute sa splendeur où l'on vend, négocie, pèse et mesure avec des vieilles balances d'apothicaire et des gobelets en fonte que l'on remplit de graines et légumes. Papy flane inerte, papa joue aux cartes, frangin tripe sur sa vieille bécanne et maman lustre une vieille lampe ou il ne manquerait plus qu'un génie en sorte de se croire dans les mille et une nuits. On se rapproche de plus en plus du Dubar Square: la place des temples historiques de Katmandou. Sur le chemin on a déjà croisé quelques lieux de cultes avec prières encens entre les mains, offrandes multicolores et colliers de fleurs que les adeptes agitent autour de droles de monuments carré tout en hauteur ou les petits toits s'accumulent en étages, entourés de petits bougeoires ou chacun vient allumer sa flamme spirituelle. Au Dubar, c'est l'effervescense. On retouve les memes droles de monuments mais en taille XXL. La subtilité qui s'en dégage est difficile à décrire: ils sont ornés d'une multitude de personnages divins sculptés dans les poutres ou incrustés dans la pierre. La moindre porte ou fenetre prend des formes hyper stylisées, grillagées en bois, obliques, en zigzags mélant différents matériaux où le regard peut se perdre pendant des heures. C'est très dense mais jamais trop chargé. Cerise sur le gateau, on laisse la nature faire, ce qui donne un joli duvet de verdure poussant sur les tuiles des toits et des mottes d'herbes surgissent dans tout les recoins. Ce Dubar ainsi que celui de Patan et Baktapur, plus loin dans la vallée, ont evidemment eu le droit à leur tampon UNESCO qui a du pain sur la planche car malheureusement le karma de ces oeuvres architectural est en totale décrépitude! On passe parfois chagriné devant des somptueuses batisses écroulées. Faut-il restaurer et reconstruire alors que c'est le coté vétuste qui donne tout le charme ? On part ensuite visiter le Monkey Temple à quelques kilomètres du centre ou l'on découvre ce qui à mon avis fait la légende de Katmandou et de son mysticisme. Déjà sur les marches abruptes qui gravissent la colline jusqu'à la stupa, on croise un bon nombre de sadhus et autre prédicateurs de bonne aventure vendant l' attirail du parfait illuminé ( chapelet, encens, pendentifs et statuettes divines) ainsi que les premiers macaques. On suit les guirlandes de drapeaux multicolores que l'on trouve partout dans le décor népalais puis on arrive à la stupa: cet immense dome blanc sur lequel est posé un cube dont chaque face comporte une peinture des yeux de bouddha, avec une antenne métallique en guise de cime ou sont reliées les guirlandes de drapeaux qui flottent au vent. C'est magnifique aussi de par sa simplicité épurée, et quel spectacle car nous tombons pile le jour du grand nettoyage de printemps. Des dizaines de femmes sont en train de briquer avec une sacrée huile de coude tout le monument ! Une cloche sonne, tout le monde s'arrête et s'asseoit en cercle autour de la stupa: c'est la pause déjeuner. On distribue la potée dans des feuilles de bananiers tandis que les singes surgissant de partout en faisant la pirouette viennent jouer les pique- assiettes. Pas effrayés pour un sou, ils viennent jusqu'à fouiller dans ton sac pour y trouver un truc à se mettre sous la dent. L'omniprésence des corbeaux croassants que l'on retrouve partout au Népal en rajoute encore un peu en volant en cercle au dessus de ce spectacle déroutant. On comprend aussi que c'est le grand brassage religieux ici, on a l'impression qu'il n'y a pas de culte principal mais que tout le monde pioche un peu dans toutes les bigotteries: Indhouisme evidemment avec des représentations de Shiva, Ganesh, Vishnu à tout les coins de rue mais aussi Boudhisme tourné vers le Tibet dont les népalais soutiennent mordicus la cause, brandissant des portraits du Dalai Lama à tire- larigot. On ne distingue pas vraiment de hiérarchie ni meme d'organisation cléricale mais plutot une espèce d'autogestion spirituelle ou tout le monde met sa petite pierre à l'édifice: l'un lance un mantra, l'autre un plateau d'offrande dans la rivière et le dernier badigeonne le front d'un point rouge à tous ceux qui s'aventurent sur son passage, tandis que certains s'improvisent sadhus ou precheurs au jour le jour. Gare aux charlatans pour touristes illuminés et un peu crédules! Le clou du spectacle se trouve à Pashapatunath, le lieu des crémations dans lequel nous sommes tombé en pleine cérémonie du jour de Shiva. Un jeune guide improvisé nous éclaire un peu sur les castes, l'hindhouisme et les cultes religieux au Népal qui paraissent etre un sacré sac de noeuds pour tout le monde. Une file d'attente de plusieurs centaines de mètres se bouscule à l'entrée du temple ou l'accès est interdit au non indouhistes. Du haut des gradins qui longent la rivière grise on apercoit un peu l'intérieur du temple ou des femmes dansent au son des percus et ou chacun y va de son offrande et sa prière. Certains se jettent dans la rivière sacrée en rigolant alors que quelques mètres plus loin un feu brule lentement le corps d'un défunt sous les yeux de sa famille en deuil. Plus haut, les sadhus méditent. Ce coup ci, c'est pas des sadhus en toc: la peau sur les os drapés d'un sari ocre, barbe de père Noel et dread locks jusqu'aux pieds, ils méditent shiloms au bec, le corps recouvert de cendre scrutant le vide avec leur visage marqué et barbouillé de maquillage jaune rouge et blanc. En ajoutant à ça toute la ménagerie des corbacs, singes, chiens et vaches sacrées, la fumée, les pieds des cannabis sauvages et les quelques centaines de fidèles tous à moitié en transe qui fourmillent dans ce sanctuaire aux milles dessins, sculptures qui ornent chaque autel, temples alignés, symétriques autant que délabrés et anarchiques, je peux vous dire qu'il faut s'accrocher à sa boussole pour ne pas perdre le nord! Katmandou et sa vallée sont à la hauteur de leur mythe, cette Mecque de la route des Indes qui a fasciné plus d'un hippie et autres déracinés à la recherche de je ne sais quoi. De retour à Thamel, le quartier touristique où les routards posent leur sac, on est à 100 000 lieues de l'authenticité népalaise découverte jusqu'à présent tout en restant aussi dense et anarchique que le reste de la ville avec boucan à profusion émanant des klaxons, des bars concerts et des rabatteurs qui t'alpaguent tout les deux mètres. Il faudrait faire un concours avec Kao San Road à Bangkok, du quartier le plus "ghetto à touristes". Un shop de sapes pour babos succède à un "Décathlon" pour trekking, puis un restau suivi d'un étal de bibelots orientaux et ceci sur des centaines de mètres au fil des rues. Ce n'est surement pas ici qu'on trouve un havre de paix après un crapahutage intense dans les bains de foule de la vallée. De toute facon Katmandou c'est une expérience frénétique en permanence, pas le temps de souffler et quand ca vous monte trop à la tête c'est qu'il est temps de partir en trek pour profiter du calme des montagnes! Le Nirvana après l'éveil spirituel...
Voila un extrait de mon carnet de voyage qui resume un peu la transition entre le Vietnam et le Nepal....
En hommage a Siné (sans me comparer au maitre bien evidement) qui a ma conaissance est le seul chroniqueur de presse écrite qui publie sa rubrique manuscritement. Si il se fait vraiment évincer de Charlie Hebdo, c'est la fin de la liberté d'expression en France...
VIVE LE TIBET LIBRE !!!!! VIVE LA MARCHE A PIEDS !!!!! ET VIVE SINE !!!!!
Publié à 10:53, le 24/8/2008, Tibet Mots clefs : Tibet
C'est presque un concours de quelle sera la plus belle étape qui nous attend. Le meilleur pour la fin, les montagnes de Sapa au nord-est près de la frontiere chinoise et la mythique Baie d' Along et ses pains de sucres jaillissants de l'eau. Apres une journée transit a Hanoi, on s'embarque dans un train de nuit 3eme classe pour Lao Cai, la capitale de la province de Sapa. Un spectacle folklorique nous attend dans ce train qui doit ressembler a ceux que l'on pouvait trouver en France au début du siecle. Six par compartiments avec des "couchettes" se résumant a une planche avec une natte et tout de meme un oreiller. Les wagons assis ont des sièges en bois ou les viets s'entassent le regard ébahi a notre passage, pas habitués a voir des blancs dans ce tortillard. On arrive au ''wagon restaurant'', ou les grosses marmites cuisants sur le feu a même le sol ne sont pas loin de se renverser sur nos pieds avec les secousses. Autour des tables en zinc est réuni tout le staff du train, il y a un controleur par porte a chaque arrêt, du personnel de service et une bonne dizaine de controleurs ambulants qui griffonnent tous leur feuille de route. Ils n'ont pas l'air de glander grand chose, mais c'est ca le partage du travail a la communiste! Arrivé a Lao Cai, il faut une heure de bus pour grimper jusqu'a Sapa ou la route laisse apparaitre les fabuleux paysages promis par les photos des agences de voyages: des montagnes accidentées dans lesquelles est creusé un échelonnement en terrasse de rizieres épousant la forme des pentes. C'est somptueux, il y en a à perte de vue brillant d'un vert très clair car les pousses sont en pleine croissance. La bourgade de Sapa est digne d'une petite ville typique de Savoie, chalet en bois sur les pentes sinueuses de la ville ou l'air est frais et le calme regne malgré le monde (locaux + touristes). C'est notre revanche sur Dalat ou nous espérions ce genre de typicité. La particularité de Sapa ce sont ses minorites ethniques présentent dans tous les villages avoisinants de la région qui viennent aujourd'hui jusque dans la ville pour guider les touristes et vendre leur artisanat au marché. La principale ethnie, les Hmongs noirs revetent une tunique traditionelle en chanvre teinte en bleu tres foncé agrementée de motifs multicolores brodés. Les femmes tournicotent leur queue de cheval autour de leur tete et la fixe d'une broche tandis que les hommes et les enfants se coiffent d'une petite calotte colorée. Ils sont adorables et souriants interessés par notre portefeuille bien sur, mais chaleureux et curieux parlant un anglais parfait, ce qui contraste avec le minimum syndical de l'amabilité viet vécue depuis le depart. Les Hmongs qui rentrent tous les soirs dans leur village sont par ailleurs complétement mélés a la population, au point qu'on se retrouve le soir a boire des coups et jouer au billard avec les jeunes en costumes traditionnels, surréaliste! Le lendemain, Sah, 40 ans, une petite Hmong d'un metre cinquante nous emmene dans son village a quelques kilometres pour y decouvrir de plus pres le paysage de riziere qui s'etale sur tout les flans des vallées. Elle nous explique que ceux sont uniquement les minoritées qui y bossent a la dure et que les viets viennent leur acheter la recolte pour un bol de riz ce qui explique leur mode de vie un peu spartiate. Arrivé a sa maison elle nous montre son champ de chanvre (et non ça ne se fume pas !) et la technique de filage puis de "bouillage" pour obtenir enfin le fil a tisser, faut pas etre pressé pour avoir son prochain pantalon! Ceux sont des plantes cueillies dans la foret, placées dans un recipient dans lesquelles on fait macérer les tissus pour obtenir la teinture noire. Sah est bien sympathique et nous fait bien marrer a déambuler avec son sac North Face, répondant a son portable et nous demandant de lui envoyer des photos sur son Facebook alors qu'elle n'a chez elle ni eau, ni electricité! On découvrira aussi d'autres minorités, les Tais avec leurs turbans rouges posés sur leurs tetes rasées, dans des villages ou la riviere donne sur des cascades d'eau bien fraiche redonant un petit coup de fouet apres la marche sous le cagnard. A vraiment Sapa, c'est sympa!
Pour visiter la baie d'Along il faut etre méthodique pour ne pas se faire embrailler dans le promene couillon des tours operateurs. On opte donc pour un depart depuis l'ile de Cat Ba au large d'Haiphong afin d'éviter les embarquadaires officiels saturés. Cat Ba donne déja sur les fameux pains de sucre de la baie et sa topographie y ressemble fortement, tout une partie de l'ile est devenue un parc naturel. C'est splendide, mais une fois sa partie inhabitée et sauvage traversée, on tombe malheureusement sur les constructions gros sabots et moches comme d'hab. Cat Ba est devenue une station balnéaire de mauvais gout ultra bétonnée ou les hotels degueu affichent des prix prohibitifs. Aiguillés par une routarde babos on obtient un plan bungalows sur la plage loin du brouhaha de la ville. La plage est sympa et on se laisse allègrement aller a flaner, admirant les premiers pitons rocheux d' Along au loin. Le lendemain, c'est parti pour la visite de la baie, on a trouve un tour a la journée avec moins de 10 personnes sur une magnifique jonque (a moteur tout de meme...) a un prix raisonnable. C'est sous la pluie que le debut de l' expedition commence a travers les nombreux villages flottants ou tout une petite vie entre les differents habitants s'opère: pecheurs, commercants, loueurs de canoés et autre bateaux pour touristes. La pluie se calme et la lumière vient contraster ce paysage tant attendu, le cliché d'Indochine si convoité qui parait extranaturel: comment ces immenses rochers abrupts couverts de végétation tropicale dense réussissent a se tenir dresser hors de l'eau? La reponse rationnelle a ce phénomene naturel curieux, est qu'il s'agit d'une ancienne chaine de montagnes qui a ete ensevelie par le mer et dont seuls les sommets apparaissent aujourd'hui. L'érosion due a l'eau de mer qui ronge la base de ces monts calcaires au point de creuser parfois de veritables galeries, donne cet etonnant resultat qui forme ce que l'on nomme des pains de sucre. Par deux on embarque sur des canoes pour se glisser sous un de ces pitons rocheux dans une galerie pas plus haute qu'un metre par moment entre les stalactiques et les formes bizarres du plafond rocheux. Au bout de quelques metres immergés dans le noir, on est guidé par la lumière de l'accès opposé a cette grotte qui débouche sur une petite cour interieure entourée de rochers. Apres une petite bouffe a bord de notre magnifique jonque, qui, j'ai oublié de le preciser est integralement en bois avec mat en bambou et cabine au toit tressé, notre capitaine nous fait le plaisir de couper le moteur et de déployer les voiles ocres spectaculaires en forme d'ailes de papillons, dont les bouts s'accrochent a des winchs composés d'une simple branche d'arbre, a faire saliver plus d'un puriste de la voile! On baisse la dérive et le vent nous pousse a travers le silence entre les montagnes aquatiques sous un soleil étincelant: jubilatoire! On plonge du bateau pour nager jusqu'a une plage déserte pour peaufiner le scenario de reve, mais malheureusement Laure ramène un petit souvenir fort désagreable: une belle brulure de meduse au bras. Effectivement, la baie en est constellée! Au coucher du soleil, les dégradés roses du ciel viennent ajouter une couche lumineuse envoutante pour immortaliser le mythe dans nos mémoires. Le lendemain, pour notre dernière étape viet on se retrouve dans la région de Nim Binh: la baie d'Along terrestre. Rebelotte pour le spectacle grandiose ou cette fois les étendues de mer sont remplacés par des corniches de chemins terre et de troncons navigables au milieu des cultures aquatiques. Apres une belle mousson, l'humidité brumeuse nous offre un paysage magique. C'est presque plus bluffant que l'illustre baie car ici il ya une vraie vie rurale et pitoresque: petite pagode au sommet des collines, agriculteurs s'affairant dans leur champs et le clou du spectacle, notre conductrice de barque rame avec les pieds! Si ça c'est pas le meilleur pour la fin?
Apres le deuil de ma mini-guitare oubliee dans le bus, nous voici a Hoi An sur la cote au centre du pays et enfin on peut se rejouir de decouvrir une ville jolie, que dis je magnifique au Vietnam ! Nos amis de l'UNECO ne pouvait attribuer leur titre au hasard a ce petit port aux batisses jaunes pale mélant influences architecturales chinoise, japonaise et bien evidemment francaise qui Oh miracle n'a pas été détruite par la guerre. Enfin une ville a échelle humaine ou l'on apprécie de se perdre dans les ruelles pietonnes ou les artisans font découvrir leur talents dans les interieurs boisés aux facades et rembardes sculptees dans la brique aux tuiles saumons et lampions au vent de leurs charmantes maisons. C'est mignon mais aussi un peu musee et infesté par les shops a l'instar de Luangprabang, c'est le mauvais aspect du label UNESCO! Mais ca reste tout de meme tres typique avec un marche couvert ou les poissons en tout genre débarquent par tonnes. Hoi An est aussi la ville ou l on se fait faire des vêtements sur mesure pour un bol de riz. Bref c'est une étape reposante, aussi parce que tout est étudié pour que les touristes se fassent plaisir. C'est le lendemain que l'apogee du calme, si difficile a trouver au Vietnam s'offre a nous. On embarque pour l'ile de Cham au large de la baie d'Hoi An en empruntant les transports locaux pour eviter les tours operators promene-couillons a la journee, dans l idee de rester plusieurs nuits sur l ile. Encore une fois on se retrouve confronte a l'incomprehension des viets qui ne comprennent decidement pas notre facon de voyager, a savoir par nous meme. Il faut toujours etre cadré, arnaqué, et c'est très difficile de faire ce qu'on veut. Nous arrivons tout de meme a nos fins, nous voila en train de camper sur une petite plage paradisiaque pendant deux jours sous les cocotiers. L'eau est transparente et il y a un recif coralien et sa faune aquatique tropicale a deux mètres de la plage que l'on peut aller decouvrir avec masque et tuba, un veritable aquarium multicolore et multiforme. On voit toute la journee des bateaux de touristes debarquer, mais a partir de 16 h, finit plus personne, nous sommes seuls, la plage nous appartient! S'en suit une nuit des plus apaisantes sous les etoiles. Le lendemain nous attendanos notre deuxieme soiree sur notre plage que nous nous sommes dorénavant approprié. Manque de pot des colonies de touristes viets debarquent camper sur la plage avec leur folklore bruyant et beauf : enceintes crachouillant de la musique dégueu avec speaker par dessus qui commente et gueule non-stop! Et nous avons la chance que nos voisins aient decidéde se biturer la gueule jusqu au petit matin en brayant. A côté le camping de Dubosc est du plus grand raffinement! Rude nuit donc avant de fuir avec un groupe de plongée rencontré la veille qui nous propose, pour une somme modique de faire partie de l'excursion. Le staff compose essentiellement de francais et d'italiens tres sympas nous apprend pas mal de chose sur le Vietnam, et l'ile de Cham qui se trouve etre une ile militaire remplie de betes sauvages ( on a en deux jours, croise un singe, un énorme iguane et Laure s est faite une superbe copine araignee grosse comme le poing aux pattes bleutee en allant aux chiottes!) . La plonge est fabuleuse c'est vraiment du haut de gamme compare a ce que j'ai vu au Cambodge et pour un bapteme Laure est sacrement vernie. On repart de Cham avec le bateau de plongée, la campagne magnifique au coucher du soleil. Cette parenthese insulaire restera idyllique. Avant de partir pour Hue, nous sommes aller voir My Son, les vestiges de l'empire Cham, le Angkor Wat local tres nettement moins impressionnant mais on ne peut faire l'impasse sur le patrimoine mondial!
Hue, troisieme ville du pays est notre étape suivante, toujours labelisée Unesco avec sa citadelle pourpre anciennement interdite perdue au milieu de la ville gigantesque. Entoure de canaux et de murailles ouvertes par des portes monumentales aux petits toits a angles qui rebiquent cette cite vaut le detour. C'est la ville imperiale ou ceux sont succédés tous les empreurs de la dynastie N'Guyen dont les tombeaux etendus sur des kilometres peuvent se visiter aux alentours de la ville. Des sanctuaires zens en pleine nature dont il faut traverser les murailles et les temples pour arriver a une montagne fermee au public dans laquelle repose le défunt empreur enterre dans un palais souterrain. Personne n'y a jamais mis les pieds depuis sa mort. Dans le centre ville historique la citadelle comportent encore quelques portes majestueuses, des batiments et des jardins dans une esthetiques ou ont vecut les empreurs, leurs familles et leurs quelques 250 comcubines! Malheuresement les americains ont allegrement bombardé le site. quand on voit les maquettes, c'etait une ville entiere de magnifiques batiments symetriques qui vu du ciel, dessinaient des symboles confucianistes, bouddhiques et même indouhistes qui renfermaient des charpentes sculptees et des murs couverts de fresques. Aujourd'hui il ne reste qu'une poignee de batiments au milieu d'un terrain vague. Il faut vraiment etre un abruti d'amerloque sans histoire pour lacher des bombes sans scrupules sur ce genre de site. Avec patience et determination les Viets reconstruisent la citadelle permettant a Hue de garder sa dignite. On notera par ailleurs, une certaine tranquilite ''civilisée'' en comparaison aux autres megalopoles, peut etre due au poid de l'histoire et aux anges gardiens de l'Unesco.