Toujours plus a l'ouest...
Photos, vidéos, textes, ambiances des pérégrinations d'un globe-trotteur...

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Album photos
Archives
Mes amis

La carte des lieux visités





Mes albums

«  Mai 2018  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031 



Rubriques


Menu

SUBLASTART
un terrien sur terre
hay sol y luna

En paz, in la Paz

Il m'a bien fallu deux semaines à la Paz pour sortir la tête de l'eau et commencé à prendre mes repères. Il faut dire que les vas et vient chez le dentiste, les médocs et l'attente de carte bleue n'ont pas trop aidé. Néanmoins, l'idée de se sédentarisé un coup fait partie du projet, notamment video : il faqut commencer à faire le docu. Cela commence par trouver un appart car on ne peut plus habiter à quatre chez Rodrigo ( Marine+Adolfo+moi ). Injustice sociale oblige, il est beaucoup plus facile pour des européens que pour les boliviens de louer une crèche à la Paz. Par définition un gringos à le porteffeuille plus lourd qu'un local. Nous signons donc un bail de 6 mois avec Marine pour qu'Adolfo qui termine son mémoire de Master puisse rester jusqu'en aout. Nous emménageons donc au 12ème étage d'un building parmi les buildings du centre ville, dans le quartier huppé de Sopocachi. C'est un peu le Bastille d'ici sauf qu'on est à plus de 3000 mètres d'altitude et qu'on voit la cordillère des Andes enneigée au loin par la fenêtre. Je me demande toujours si on est à Manatthan ou dans une station de ski. Cet appart on dirait un décors de Kubrick, entièrement meublé par sa proprio, une riche mémère argentine qui n'hésite pas à faire dans le kitsh. Lit à baldaquins, fausse colonne grec, lustres en faux bougeoirs, du coup on s'est cru chez mamie! Très vite le respectable appartement de notables Pacénniens va se transformer en une véritable communauté hippie. Au bout d'une semaine, un groupe de cinq zicos potes d'Adolfo débarquent et plantent la tente dans le salon. Les soirées prennent alors une tournure sacréement bohème. Ca joue de la guitare, du charango (le ukulélé local), du violon et des percus jusqu'au bout de la nuit. Les répertoires folkloriques latino-français-anglais s'entrecroisent ainsi que les nationalités dans le salon du 12ème. Généralement après chaque concerts de notre groupe « Raiz de Kion » (l'origine du gingembre), on recrute les meilleurs fans chiliens, argentins, allemands, français, boliviens et on va poussé la chansonnette à la maison. Ca y est je retrouve au de là de mes dents, les ambiances communautaires de la caserne XP et autres fiefs babos hexagonaux dans lesquels je me sent bien. Mais apparemment tout le monde dans l'immeuble n'est pas convaincu et le type de l'agence vient rapidement nous remonter les bretelles et nous sommes d'expulser derechef la bande de gitans que nous hébergeons, précisant qu'ici on est à Sopocachi et pas chez les romanichels. L'ambiance hippie ne fera que se transférer à quelques pâtés de maison dans l'appart de la famille d'un des zicos. Le calme va t il finir par s'instaurer au 12ème étage? En tout cas c'est un peu plus optimisé pour le travail. Adolfo se remet à son mémoire sur l'écologie et le commerce équitable en Amérique du sud et nous prenons le taureau par les cornes avec Marine pour le documentaire. Après une étude de terrain un peu laborieuse, on réussit à y voir plus clair quant à notre sujet qui pourrait se résumer sous le titre : Arte Urbano (l'Art Urbain). Le hasard à voulut qu'El Marsh, le kador du graffiti Pacéenien expose ses oeuvres à l'alliance française. L'éternelle thématique Sublastart qui me poursuit depuis mon adolescence est de retour : le graffiti. Ce coup-ci ce n'est pas mon projet et j'en profite pour concentrer plutôt sur l'aspect technique, ainsi que sur mon rôle du prof personnalisé de Marine, totalement improvisé mais pour autant pas déplaisant. En gros, ce documentaire va s'intéresser aux différentes approches de l'expression murale auxquelles nous sommes confrontés ici à la Paz. Le témoignage d'El Marsh (qui reste la pierre angulaire du film) va être confronté avec celui d'autres graffeurs ainsi que ceux de deux collectifs : Mujeres creando, un groupe féministes de renom en Amérique du sud, qui tag leurs slogan sur les murs de la ville et Apatecheta, un collectif de muralistes de la Paz qui ont produit une série de fresques commandé par la mairie l'année dernière. A cela s'ajoutent le point de vu du responsable de la culture de la Paz et des responsables de l'alliance française, histoire d'avoir des points de vus un peu plus institutionnels. Mon objectif perso c'est de verrouiller les principaux interviews, de définir les grandes lignes du film avec Marine tout en la briefant sur le montage et une fois ça bouclé, je lui laisse l'ordi et je me casse ! Ca va bientôt faire un mois que je suis ici et je n'ai rien vu passé. J'ai pris le pied de la vie d'expat, d'un transplanté qui fait sa routine ailleurs. Et du coup en termes touristiques je n'ai pas foutu grand chose au point de sentir une certaine frustration naitre en moi. Je crois que définitivement je me sent mieux entant que voyageur dans les ambiances populaires et traditionelles, plutôt qu'en nabab qui gravite les sphères expats, au chaud dans la bulle de soie que'offre les capitales. J'ai vraiment envie de prendre la route et le sac à dos me démange . Il a fallu que j'attende l'arrivée de mes acolytes Fanny et Uto la dernière semaine de mon mois pacéenien, pour commencer un peu à visiter et a fréquenter les quartiers bag-packers. Un mois en définitive pour finir par me sentir enfin en paix à la Paz.


 


Publié à 01:57, le 4/03/2010, La Paz
Mots clefs :
Lien