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un terrien sur terre
hay sol y luna

Cuzco, les chemins Incas

Cuzco en Quechua signifie la ville des ville, le centre de tout. Cette cité millénaire au nord du Titicaca, la région originaire des Incas, n´a jamais été totalement colonisée par les conquistadors espagnols qui ont quand meme réussi par y construirent le joli petit centre historique par la force des choses. L´ambiance indigene y est omniprésente, les indiens Quechua sont toujours la de part les ruines des sites arquéologique de la vallée sagrada (sacrée) dont le Machu Picchu fait figure de proue. Le trek du chemin de l´incas qui mene vers l´illustre site a écopé d´une saison des pluies tonitruante, le ferocarile (voie de chemin de fer) qui fait la liason avec le dernier village avant l´ascension a été totalement inondé. Moralité, le gouvernement péruvien a fermé le Machu Picchu jusqu´au 15 avril donc en ce qui me concerne c´est rapé ! Mais comme les Incas on plus d´un tour dans leur sac, il y a une solution de secours, car il n´y a pas un mais bien plusieurs chemins Incas. L´autre trek bien moins balisé mais bien plus musclé c´est celui du Choquequerio a 50 bornes de la. 4 a 5 jours de marche costaude avec a l'arrivée un site aussi bien conservé que le Macchu Pichu et tout aussi spectaculaire. Evidement avec la fermeture de la poule aux oeufs d'or touristique, les agences de voyage sorte le grapin dès qu'un voyageur pointe son nez pour lui refiler un guide, une bourrique, un cuistaud pour la bagatelle de 200 dollars les 3 jours et ca commence a me gonfler !! Je vais donc y aller seul avec ma bite et mon couteau, point barre. Parce qu'évidement c'est au nom de la sécurité que j'ai soi-disant besoin de tous ca, parce que la psychose ambiante te persuade que tu vas te faire trucider a chaque coin de rue et qu'il faut se calfeutrer dans son cocon sécurisé. Ils n'ont pas attendu Sarkozy pour se hanter la vie avec l'insécurité, mais éteignez vos télochs et brulez vos torches culs qui vous serrent de presse ,  qui ne font qu'afficher en première page des homicides sordides, une image de l'Amérique latine ressemblant a une vaste favellas ou c'est les flingues qui font la loi, ou ton voisin n'attend qu'une minute d'inattention pour te faire la peau. Alors que comme d'habitude, les gens sont pour la majorité des crèmes, le coeur sur la main et qui t'acceuillent avec le sourire et je me sens commed'habitude en totale confiance insouciante, bien plus qu'a Paris. Bref, ca me démangeait depuis longtemps de parler de ca, mais je constate qu'encore une fois (c'était pareil en Asie et c'est un syndrome planétaire) cette saloperie de politique sécuritaire mondiale fait son bonhomme de chemin, conforte bien tout le monde au replis sur soi et l'individualisme, a la peur de l'autre et de l'inconnu, et dissuadant les aventuriers et les désireux de changements de sortir des sentiers battus. Les gouvernements et les gens de pouvoirs auraient-ils peur des peuples unis et conscients de la logique inégalitaire qu'ils imposent ? C'est donc sans carte (impossible d'en trouver une), sans guide, ni mules que je pars pour l'asencion du Choquequerio. Après un départ boueux, le large chemin le long du flanc de la montagne mène a un col du quel on aperçoit les neiges éternelles perçant les nuages menaçant. Je me plonge dans la vallée de terre ocre entre les envollées de papillons, plantes piquantes et cactus géants. La rivière apparait dans le creux du canyon et le sentier escarpé m'amène a travers les bosquets a la playa Lina Rosa ou je fais étape. Les sanitaires en durs et la petite tienda tenu par une mama adorable et son fils confirme les mensonges de Cuzco qui me garantissait de crever la gueule ouverte et seul au monde dans l'hostile montagne. Tout en sympathisant avec le fils qui doit avoir mon age, il m'explique que je peux faire l'allé-retour jusqu'au site du Choquequerio en une journée au lieu de deux, ce qui me permet de laisser mon sac et ma tente pour la partie la plus éprouvante. Qu'a cela ne tienne au petit matin, le sentier serpentant sur le flanc a pic de la montagne me donne du fil a retordre et je ne regrette pas mon choix d'avoir largué mon sac. Au sommet, il y a un petit plateau herbeux bordés de prés et de maisonettes de pierres, c'est le dernier hameau avant d'arriver aux ruines. A l'entrée de la zone du site on aperçoit sur la montagne en face, les premiers marches en étage des terrasses en cultures du Choquequerio, qui disparaissent au fur et a mesure de la marche dans les virages. Soudain, après un tournant l'essentiel de ce vertigineux jardin surgit devant mes yeux. C'est immense et sa couvre tout un flanc de montagne, les marches en pierres plates parfaitement parallèles dans le sens horizontal, suivent la courbe montagneuse sur toute leur largeure. C'est comme un paysage de rizière mais en pierres et rectiligne, bluffant.

                                   

D’un pas hatif, je vais jusqu’a l’autre versant pour aller découvrir ces droles de gradins dont les parcelles sont toujours cultivées. La descente des escaliers est impressionante, on ne voit pas le bout des marches immenses face au vide qui mènent dans les différentes parties du jardin encerclé de foret vierge. Le clou du spectacle se trouve au sommet ou l’ancienne cité du Choquequerio batie sur une petite plaine, laisse imaginer  les différentes parties du village en ruines. Deux immenses batissent ont conservé leurs murs de profil avec  la forme triangulaire de leur toit. Des couloirs tracés entre de longs murs percés de soupirailles ménent a d’étroites piéces qui avaient toutes une fonction. Ateliers, pieces communales, jardins, les pierres noires forment un ensemble d’édifices qui s’articulent sur ce belvédère avec une vue sur les cimes montagnueuses a 360 º. Ca mériterait une petite séance de méditation en phase avec la patchamama des ancetres non pas Incas mais de la tribu adverse. En effet, le site du Choquequerio n'a laissé aucune trace de prison qu'on retrouve systématiquement chez les Incas, il a donc été déduit qu'il s'agissait d'une ethnie contemporaine mais différente. Je dois passer la seconde pour redescendre a la playa Lina Rosa avant la nuit. J'ai un peu surestimé mon niveau de trekeur et c'est de nuit que je finis de dévalé mon pan de montagne après une journée de 12 heures de marche, arrivé a 20h je sombre dans les bras de Morphé illico. C'est en compagnie d'un Estonien et sous le cagnard que le retour vers la civilisation s'opère le lendemain. J'en chie un peu, mal remis de la session titanesque de la veille pour arpenter les caminos tortueux tout en faisant la causette en anglais. Et c'est a nouveau de nuit que la déambulation se termine. L'objectif Cusco n'a pas été atteint, mais tant mieux car perdu dans le noir a balayer les croisements de chemins a la lampe frontale, on tombe sur l'immense batisse d'une ferme-auberge. Une nuit dans un lit n'est pas de refus surtout chez des hotes si adorables, accompagnés d'une belle ménagerie : cochons, poules, chevaux, chat, clebard et perroquet s'agitent dans ce décors en bois digne de la petite maison dans la prairie. De retour a Cusco, je flane un peu vers l'agréable place des armes entourées a la fois de cathédrales et de vestiges Incas. Les dédales de ruelles en pentes recouvertes de marches grimpent jusqu'a des ruines  bien balaises, c'est le début de la vallée sagrada ou se trouve les plus important vestiges indiens. La meme question me revient sans cesse : comment ont-ils réussit a empiler et déplacer des pierres d'un volume aussi colossal? Et pourquoi avoir choisit ces lieux au milieu de nul part? Ces tonnes de cailloux de plusieurs mètres d'envergure, transbahutés dans ces sentiers si étroits et inaccessibles, et offrant un si somptueux spectacle quand on se retrouve nez a nez avec eux après des jours de marches, c'est ca toute la magie et le mystère que l'on trouve dans les chemins Incas.

 

 

 


Publié à 19:40, le 8/04/2010, Cuzco
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