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SUBLASTART
un terrien sur terre
hay sol y luna

Expérience pré-colombie

Dans la partie sud de la Colombie, proche de la frontière equatorienne au commencement de la zone Amazone, se trouve San Augustin une petite ville réputée pour son parc archéologique où se concentre des vestiges de tribus mystérieuses, contemporaines des Mayas. Des séries de statues en pierres rigolotes arborant de larges bouches expressives et des attribus d'animaux sont dispersées dans les différents sites du coin. Montagneux et verdoyants, les alentours de la petite ville débordent de richesses naturelles dont la partie la plus étroite du fleuve Magdalena (la Loire colombienne) qui dessine des canyons abruptes sillonant les collines. Il fait bon vivre a San Augustin, l'air y est frais et le calme des vieilles rues pavées est apaisant entre les grands murs peints a la chaux des maisons. Nous partons a la visite du parc archéologique où les statues millénaires indigènes n'ont pas pris une rides, conservées sous la terre et aujourd'hui prient en main par les amoureux de vestiges pré-colombiens qui ont fait un beau boulot en termes de conservation. On retrouve les éternelles thématiques et préoccupations indigènes mystiques dans ces statues : divinitées mi-animales, mi-diaboliques, la guerre, la fécondité, le soleil, ainsi que des tombeaux et adorations des grands chefs. C'est beau, brut et imaginatif a la fois ces gris monolythes inspirant le passé.

                       

                             

 

La nature abondante du coin nous pousse à aller encore plus loin vers l'Amazonie, le poumon vert tant mythifié de l'Amérique du sud, d'autant que la semaine sainte est iminante et qu'il faut mieux fuire les hordes d'illuminés. Je suis tombé nez à nez avec cortège au réveil en allant chercher le petit dej, ça m'a pétrifié: un flot sordide de gens priant de façon abrutie et monocorde portait des statues de Jésus ensanglantés et d'autres de la vierge aux aboies en avançant sur moi comme des zombis. Quelle tristesse sur les visages de ces comombiens qui ne m'ont pas habitués à ça, c'est fou de voir comme ils passent habilement du côté fou fou provoc a cette facette catho-bigote et décalée, car le pays reste tout de meme très croyant. Mais c'est l'autre aspect mystique qui nous attire ici, celle des croyances indigènes beaucoup plus proche des  énergies de la Terre et de l'enseignement des Tayta (les chamans colombien). Direction Mocoa, aux portes du poumon vert pour aller tater de cette culture ancestrale et participer à une séance de Yagé. Dans tous les pays d'Amérique du sud où il y a une région amazonienne, on trouve une tradition de la purge à l'Ayahusca, une liane parasite cuisinée ouvrant les portes de la perception et qu'on appel ici Yagé. C'est légal et il ne faut surtout pas l'assimilé à une drogue si on ne veut pas passer pour un blasphémateur, c'est une médecine ancestrale chamanique utilisée pour les 7 à 77 ans depuis des millinaires pour se soigner de divers maux. Notre guide Manuel, un petit quadra trapu rien de plus monsieur tout le monde qu'on a trouvé sur notre route au hasard d'une rencontre, nous invite à en faire l'expérience dans le jardin de sa maison familiale. La maison est grande et simple grouillante d'enfants et il y a un atelier de lutherie pour guitare et charango au fond du jardin. Une grand-mère et ses petits enfants sont entrain de manger, ils viennent de se faire un week-end au Yagé, les enfants ont trouvé ça dur mais intéressant. La nuit venue, on se sent un peu mal à l'aise, de trop, dans cette grande famille recomposée et Manuel ne nous a rien expliqué de plus sur ce qui allait se passer avec le Yagé. Quand soudain, il sort de la maison vêtu d'un pancho indien avec collier de graines et de plumes, ça ne va pas tarder. Les enfants se couchent, Manuel apporte un verre d'eau pour les hommes, un autre pour les femmes et rempli une coupe en bois d'un liquide marron foncé, il récite deux trois paroles en indien et ingurgite sa coupe. Ensuite, il nous fait tourner la coupe à chacun marmonant des trucs en indiens, le goût est infâme mais en vaut la chandelle. On se place autour du feu, Manuel fait circuler une sorte de casserole remplis d'encens incandessants qui embaument l'air ambiant et met une petite musique des Andes. L'effet commence à arriver, les menbres s'engourdissent et l'esprit commence à vaciller, je sens une espèce d'énergie évidente qui trépigne en moi. C'est étrange, tout se chamboule dans ma tête, je me sens possédé par une sorte d'erruption interne qui voudrait s'échapper. D'un coup, je fonce aux toilettes pris d'une envie de défequer incontrolable, ça n'arrête pas de couler et c'est un manège infernal qui se déroule dans ma tête. Je me tourne vers le mur et je vois un décors de forêt enchanté avec une tête de chef indien (voir photo ci-contre) qui sort d'un arbre et envoit des signaux de fumée avec sa bouche. Le décors merveilleux frétille et prend une texture d'écailles quand je m'aperçois soudain que ce n'est qu'un bête mur en parpeint gris et que mon chef indien n'est qu'une interstice de ciment. Mélanie me prie de sortir des chiottes car il faut qu'elle se vide aussi, à peine debout je suis pris d'une envie de vomir subite et éjecte des flots de liquides bruns de ma bouche. Mais pourquoi s'infliger ça ? C'est normal, Manuel nous avait prévenu, tu te vides par devant, par derrière, ça fait partie de la purge. Il ne paie pas de mine en apparence, mais c'est un vrai tayta ce Manuel, alors que je vois des caléidoscopes fluorescants qui définlent, il passe avec son dijeridoo en envoyant des petits soufles dans le feu, puis récite des paroles en indiens en tripotant son collier. Mélé à la musique des Andes, ça adoucit l'atmosphère et ça nous apaisent peu à peu dans ces montagnes russes virtuelles, alors que nous sommes simplement assis sur un banc autour d'un feu. Les phases d'hallucinations comme si on avait pris quatre acides d'un coup se calment un peu, Manuel passe avec une bouteille de mixture de végétaux, de plumes et d'essences odorantes qu'il nous vaporise sur la tête avec sa bouche. Ca sent bon, il faut retourner vomir, puis tous se dénoue, je me sens de mieux en mieux et Mélanie aussi, Manuel nous propose de nous asseoir sur deux transats sous un arbre au calme et va se coucher. Tout est beau au clair de lune dans ce jardin et on se sent tellement bien à discuter sous cet arbre, la sérénité est là. Un bien-être total. Tout ça n'a duré que trois heures, mais d'une intensité ! Je crois que ça a marché, j'ai vraiment l'impression d'avoir éjecté un noeud de mon ventre, un mal intérieur et maintenant je me sens en paix. Le lendemain, tout est tranquille dans le jardin de la maison, on prend le petit déjeuné en famille (précédé d'une prière) et Manuel nous propose de venir nous promener dans la jungle avec lui, il à une autre médecine à nous proposer. On part avec toute la smala dans une  réserve protégée à travers les lianes et les arbres géants. On s'arrête sous un abris et Manuel sort un petit bout de bois creux en angle qu'il remplie d'une poudre grise. Il enfonce un côté dans ta narine et souffle dans l'autre énergiquement  pour te faire sniffer la poudre. Ca te prend toute la tête, des picotements, une bouffée de chaleur mêlé à de la transpiration et une envie d'éternuer qui ne vient pas. Ca te colle au sol et t'immobilise puis ça devient frais et t'oxygène tout l'intérieur de la tête. C'est du tabac préparé et naturel qui à de grandes vertues médicinales, ça éradique une sinusite en un rien de temps et terrasse les maux de tête. Ce Manuel à vraiment plus d'un tour dans son sac ! On laisse tout le monde à la sortie de la forêt pour aller camper aux cascades de la fin du monde. A une petite heure de marche, quatre cascades se succèdent où l'on peut se baigner et sauter depuis les rochers. Les deux dernières sont vraiment spectaculaires, la première à formé un pont naturel en pierre massif entre les deux bords de la rives et la seconde est en faite un plongeon dans le vide, une vue imprenable sur la forêt avec la ville de Mocoa au loin. Une journée paisible à méditer dans un cadre magnifique, sur cette expérience pré-colombienne qui ne nous à pas laissée indifférente. Les vieux démons sont sortis et nous voilà pour de bon en paix.       


Publié à 04:24, le 9/05/2010, San Augustín
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