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SUBLASTART
un terrien sur terre
hay sol y luna

Détours minoritaires

Difficile de lacher la trajectoire du Mékong. Ce fleuve si envoutant pourrait me guider les yeux fermés jusqu'a sa source au Tibet. Mais il y a des régions a cheval entre le nord-est Cambodgien et le Sud-est Lao qui valent le détour. L'attrait vers ces régions reculées réside principalement dans le fait que la nature y est ultrapréservée et sauvage et que les villages de campagne traditionnels se mèlent a ceux des minoritées ethniques. Après 12 heures de car depuis Phnom Penh sur de la piste cahotique, me voici a Bunlung, capitale de la province du Rattanakiri. Une ''ville'' qui s'étend sur trois artères au milieu de nulle part où la poussière ocre remplit l'air a chaque passage de véhicule. On se croirait en plein Far West. Les chiens qui n'appartiennent a personne comme partout dans ces pays, t'aboient à la gueule et on se sent plus rassuré en marchant avec un baton a la main. Krama sur le nez (le cheich traditionnel khmer) pour ne pas bouffer trop de poussière je pars a pied explorer les alentours. Le lac de Bunlung est la principale attraction, après quelques brasses en compagnie d'une tripotée de khmers (ce sont toujours les vacances scolaires et les locaux envahissent leur pays), je pars arpenter la jungle et ses lianes tentaculaires. Au bout de quelques mètres les ordures disparaissent et c'est la vie sauvage qui prend le dessus. Ca me démange de m'enfoncer un peu, mais j'avoue que seul je ne suis pas rassuré. Je tourne les talons et me disuade rapidement de continuer mon chemin quand un serpent d'un bon 70 centimètres vient me glisser entre les pieds. Je me contentrais donc d'arpenter les routes de campagne a la rencontre des autochtones toujours si chaleureux. Il y a une vrai organisation rurale dans la région ou la culture et l'élevage composent l'essentiel des paysages. Les chaines de moyenne montagnes et les crètes laissent place aux vallées, ce qui n'est pas sans rappeller l'Auvergne et la campagne profonde de notre cher hexagone. De bons souvenirs (malheureusement un peu en surface) buccoliques garantis.

Coté Lao, la montagne commune avec celle du Rattanakiri débouche sur le plateau des Bolovens. Ce coup ci, je prend le taureau par les cornes pour explorer plus en profondeur la région, en m'acoquinant avec deux autres gaulois (2 Julien) et deux bécanes on se fait un petit itinéraire de trois jours. La route fait rapidement place a la piste, mais cette fois-ci la poussière ocre s'est transformée en gadoue car nous sommes rentrés dans la saison des pluies et les petites averses quotidiennes viennent ponctuer les journées. Les pistes sont désertes et des petits villages sont campés aux abords de la multitude de chutes d'eau disséminée dans la région. Autres que les pancartes ''Waterfall", ce sont les panneaux ''ethnic villages'' qui constituent la signalétique des routes. Ces villages pseudo-traditionnels ne sont que des musées pour Fallangs (les blancs) où les minorités ethniques quittent leur t-shirt et leur paire de Nike pour revêtir le costume traditionnel et appâter le touriste. On peut cependant y admirer les maisons dans les arbres et le superbe artisanat ainsi que les instruments de musiques confectionnés par les habitants. Le plus authentique reste de traverser les hameaux ou l'on voit les femmes en krama avec leur hotte en osier tréssé sur le dos et leur petite machette fumant allègrement des shilom en bambou et autres cônes en feuille de coco. Il y a une vrai sérénité sur ce plateau où les gens vivent de cueillette et d'élevage, ou les potagers ingénieusement construits sur pilotis abondent de cultures. On ne croise aucun blanc, il n'y aucun rabatteur ni barrière de sécurité aux alentours des chutes d'eau et contrairement au Cambodge, il n'y a que très peu d'ordures par terre. L'ultime délice est de pouvoir redescendre de la montagne en laissant la moto en roue libre en se faisant glisser au son des oiseaux et de la forêt, face a la vallée a perte de vue.

Et en rentrant a Paxsé, une petite danse du singe:

 



 


Publié à 10:21, le 7/05/2008, Plateau des Bolovens
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