Toujours plus a l'ouest...
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un terrien sur terre
hay sol y luna

Les entrailles du Laos

Il est grand temps d'aller s'enfoncer dans le coeur du pays. Loin des touristes et des villes pour decouvrir le Laos de l'interieur. Pour cela j'ai deux pieds et un espèce de double de moi-meme : Julien que j'ai rencontré dans le sud, ce bordelais roux mais par ailleurs totalement identique physiquement et ideologiquement avec votre serviteur. Bien décidé à atteindre la province de Phongsali dans le grand nord lao.pour y faire un trek d'une semaine hors des sentiers battus, pour y vivre au rythme des villages des minorites ethniques. Apres 9 heures de car pour parcourir 250 bornes, nous voici a Phongsali, la ville de la dite province perchée dans la montagne. Un petit vent frais siffle entre les rues qui serpentent la cité sculptée dans la roche, on se croirait dans les Alpes, genre Briancon. Dès le lendemain rendez vous a Hatsa petit bled embarcadère du bout du monde, pour embarquer avec Pet notre jeune guide à tongs trop petites qui deviendra notre acolyte pendant une semaine. On remonte la Nam Ou, riviere locale prenant sa source en Chine, on regagne le début du sentier qui ouvre le pélerinage vers un autre Laos. Celui des Hakas et des peuplades animistes vivant hors du temps et de la société moderne en totale harmonie avec la jungle et les esprits. Le premier village de ces nomades sino-tibetains que l'on retrouve dans toutes les régions perdues d'Asie du sud-est est à 2 heures de marche. C'est immédiatement un choc qui se produit en découvrant ce village d'Asterix ou les cochons (pour le coup des sangliers!) les poules, les chiens se balladent entre les chaumieres en bambous recouvertes de toits en paille. Les gamins fuient sur notre passage et tout le monde à l'air bien farouche à notre egard. Ils ne rencontrent des Fallangs (blancs) qu'une à deux fois par an. Très traditionnel, on peut dire qu ils vivent à l ancienne, pas d'électricite, pas d'eau courante qu'il faut aller chercher a la source dans des tubes de bambous rangés dans une hotte en osier. On voit les femmes et les enfants encore habillés en costume traditionnel déambuler avec cette drole de citerne extrèmement lourde tirée par un harnais en bois posé sur leur front. Ces vetements de toute beauté, sont des tuniques noires où les pièces de tissus colorés, les perles et les pièces metalliques viennent orner leur corps de la tête aux pieds. Le cliché de la femme Haka se promenant les seins debordant de sa tunique avec un nourrisson s'agrippant au téton, un autre drapé dans le dos quand ce n'est pas une hotte en osier. très difficile de sortir caméra et appareils photos, ils fuient dès notre apparition. Un mythe plane comme quoi ces engins de science fiction ont la faculté de voir sous les vêtements et de dévoiler la nudité. Ils ne vivent vraiment avec rien: riz, eau et ce que leur offre la nature, c'est une misère joyeuse qui émane de ces villages. Les gosses vêtus de haillons, ou nus se roulent dans la crasse, les conditions sanitaires sont plus que limite et ici les gens ne vivent pas bien vieux. Tout le monde vient nous quémander des médocs en exhibant l'oeil surinfecté du gamin ou l'eczéma purulent d'un autre. Il faut dire qu'ils dorment tous à même le sol dans la même piece poussiéreuse où le foyer du feu qui se consume sans arrêt vient recouvrir de suie toutes la charpente n'ayant pas de systeme d'évacuation. On ne peut s'etonner de l'état de leurs bronches d'autant plus que la spécialite qui rythme et ponctue le quotidien n'est autre que la water pipe (énorme bang en bambou dans lequel ils mettent un petit tabac blond ma foi fort doux) que toute la famille  fume allègrement et le Lao-lao, le whisky local a base d'alcool de riz distillé qui n'a ni plus ni moins qu'un gout d'ether tord-boyaux redoutable qui mène droit a la cuite. N'importe quelle occasion suffit à sortir la bouteille et à s'en bruler la langue et les water pipe qui jonchent les sentiers sont les balises de rappels prouvant qu'il ya de la vie pas loin. A jeun au reveil, on commence par quelques shots de lao, lao et apres matin, midi et soir repas unique : riz gluant herbes des montagnes avec une petites sauce aux epices et parfois poisson, les jours de grand luxe on mange du gras de porc frit ( estomacs sensibles s'abstenir!). Les animaux sont consommés principalement pour les fêtes ou revendus sur les marches comme unique source d'argent en dehors de l'artisanat. Les villages sont de plus en plus developpés quand on s'approche de la rivière : système d'irrigation avec rigoles en bambou de la source au village, turbines dans les cours d'eau et batteries de bagnoles pour obtenir un peu de jus la nuit venue. Du roots et de l'authentique en veux tu, en voila, un retour vers une sorte de préhistoire qui parait inimaginable a l'heure actuelle, ainsi que pour nos petites natures d'occidentaux qui commencent à endurer sérieusement au bout d'une semaine...

A suivre  


Publié à 10:55, le 19/05/2008, Khouèng Phôngsali
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