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un terrien sur terre
hay sol y luna

Les entrailles du Laos 2

LE FILM DE LA JUNGLE

En termes de trek/rando, je crois que j'y ai vu les plus beaux paysages de ma vie. Les chaines de moyenne montagne qui s'admirent sur une perspective d 'une dizaine de plans successifs, en longeant les cretes .les sommets sont baignés  dans les nuages et l'humidite. on y retrouve  des faux airs d'Írlande ou dÁuvergne (ma reference hexagonale  de moyenne montagne)  Puis changement radical des que l 'on entre dans la foret  qui  devient  ni plus ni moins qu 'úne jungle. Les forets de bambous geants succedent aux arbres immenses entrelaces de lianes tentaculaires. La vegetation luxuriante decline toutes les nuances de vert jusqu au fluo, sans compter les varietes etranges jamais vues dans les bouquins de bio. Mais c est surtout le poids  de l 'ámbiance meteo qui impressionne, la teneur en humidité extreme plonge tout le decor dans une chappe de brume, une nebuleuse où tous les fluides de la foret et de nos corps se confondent, : tout est aqueux. Les oiseaux et insectes balancent  des cris assourdissants telles des perceuses ou des scies sauteuses. Tout change tellement vite quíl est facile de se perdre, ce qui ne tarde pas a nous arriver. Notre jeune guide 24 balais n'á que deux mois déxperience dans le metier et mise pas mal sur le karma pour trouver sa route: il a passé 10 ans chez les bonzes. Quand il ne sait pas il reste le visage dans le vide, feignant de pas entendre, une des grande techniques communication lao, ou lache un ''bo piniam'' (pas de prob) , continuant a marcher dans la boue avec ses tongs trop petites et son parapluie.  mais il faut dire que le  boulot de guide  est assez experimental,  pas de balises ni de cartes et les seuls contactsdans les villages sont les instituteurs et les chefs de villages qui parle un peu le Lao, S'ils sont a la riziere et que l 'on a affaire aux autres, c'ést langage des signes.

NAM OU

Apres nos quatre jours à crapahuter dans les montagnes, on atteint la vallée de la Nam Ou  quíl va falloir redescendre jusqu a Hatsa. Theoriquement le trek s 'árrete là et les touristes font ce dernier troncon en bateau.  A partir de la,on devient tous guides et decouvrons ensemble le chemin inexistant a  emprunter.  Apres la traversée de la riviere sac a dos sur la tete ,avec de l'eau jusqu au cul, on sáttaque au chaos que nous offre le lit de la riviere en fin de  saison seche. De breves portions de sables  succedent a  des rochers, racines, branches, lianes, troncs  dans lesquelles on essaie de se depatouiller dans le seul but de ne pas tomber a l'éau souvent profonde avec des rapides. La fertilite quóffre la riviere a la vegetation est epoustoufflante, les decors de plus en plus vertigineux. Nous mettrons 7 heures a rejoindre le village alors que les locaux en mettent 4 ! A bout de force , trempés jusqu a l'os, rampant, s'ággrippant, escaladant  sans croiser ame qui vive, avec la pluie qui vient mettre une derniere couche a cette epopée apocalyptique,on decide de prendre un bateau pour le lendemain en direction d Hatsa ávec les locaux. A une dizaine dans une barque pouvant en contenir 5 en train d' ecoper non stop, en descendant de l'émbarcation à chaque rapide. Le ''capitaine''en bousille deux helices et voici nos marins d'eau douce en slibard avec des masques des annes 50 en train de plonger dans les rapides a la recherche de la sacro sainte helice. Autant chercher un vietcong dans une meule de jungle. Une fois les affaires integralement trempees, en train de galerer dans cette jungle maudite, je me suis vraiment demandé ce qui se passe dans la tete des etats majors pour envoyer des hommes guerroyer dans ce sac de nature inmaitrisable. Ici c est la nature qui domine largement l'homme, et non pas lí'nverse meme pour des militaires. Pour notre part, on aura pas fait le ''Nam" , mais on aura fait la Nam Ou !

Publié à 02:53, le 23/05/2008, Khouèng Phôngsali
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