Toujours plus a l'ouest...
Photos, vidéos, textes, ambiances des pérégrinations d'un globe-trotteur...

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SUBLASTART
un terrien sur terre
hay sol y luna

Et Angkor une claque

L'attente était sage et non impatiente a l'idée d'aller fouler le sol d'Angkor. Tous les récits et autres images mythiques qui planent sur le monument des monuments m'avaient totalement mis en garde quand au choc émotionel que ce lieu procure. Pourtant j ai encore pris une bonne claque de vie tout aussi vertigineuse que ces pierres assemblant une civilisation entiere, aujourd'hui noyée dans la jungle. Il n'y a pas de mot pour décrire ce qu'Angkor réserve à quiconque venant explorer sa magie. Pendant trois jours, je pédale a tout va de temples en temples a grosses suées dans la chape d'humidité de la vaste cité. 200 kilomètres carrés de superficie en comptant toutes les annexes, la première ville au monde atteignant plus d'un million d'habitants, et ce dans l'unique Angkor Thom regroupant le temple du Bayon, l'annexe principale dAngkor Vat : les fameuses trois tetes d'asperges symbole du Cambodge qui ont inspiré les décors de la dernière séquence d'Apocalypse Now. This is the end, on sort du temps pour pénétrer dans une surrenchère de bas-reliefs, fresques sculptées et représentations divines et guerrières qui ornent toute l'architecture de ce sanctuaire. A travers les tas de gravats et les dalles conservées se dresse encore majestueusement tous l'édifice concentrique autour de ces asperges dans lesquelles un labyrinthe de couloirs illustre les grandes batailles et évènements majeurs de la civilisation angkorienne. Angkor Thom dont les murailles renferment la surface d'une agglomération s'ouvre sur quatres entrées immanquables : on dirait des ponts-levis en pierres, dont les deux chaines seraient matérialisées par des gnomes a 4 visages entrain de faire du tir a la corde avec des queues de serpents ! (l'imagination au pouvoir!) Ceux là même nous mènent au portail d'entrée, dont la tour est sculptée sur ses quatres faces par les fameux visages souriants que l'on retrouve un peu partout dans le site. Tout une mise en scène a la fois symétrique et totalement délirante pour atteindre aux bout de plusieurs bornes, le centre du périmètre dont l'illustre Bayon trone majestueusement. A l'intérieur on ne sait plus ou donner de la tête (c est le cas de le dire!) cette succession de visages donne le tournis. Le style est assez répétitif mais magistral, il y a des faux airs de temples Incas, on recroise ce visage les yeux clos et au sourire imperceptible mille fois sans s'en rendre compte. Les murs gigantesques qui longent l'axe principal du sanctuaire dessinent en 3D une succession emboitée de personnages mi-homme, mi-bete a échelle humaine. Un puzzle d'icones taillé dans la roche avec tons variants du gris au ocre dont les fragments de pierres parfois intacts se juxtaposent a un bloc sableux totalement effacé. Et puis c'est la tournée des grands ducs, on passe de l'équivalent des thermes au divers lieux de cultes avec les cris des gosses qui vous harcèloent pour vous vendre un coca. C'est un autre aspect intriguant du site, en plus des touristes, il y a énormément de khmers venant dans le lieu saint pour se recueillir, ou cueillir plantes et fleurs, installant de nombreux stands pas forcément pour les touristes. On dénombre un paquet d'orphelinats et de structures pour handicapés, comme si toute la misère du Cambodge échouait ici en y espérant aussi bien la générosité des touristes que la clémence religieuse de tous, car il faut savoir qu'Angkor est un lieu de culte certes musée, mais extrèmement vivant ou les bouddhistes affluent en masse. En pleine journée l'ambiance est presque oppressante dans certains temple entre les défilés de japonais et autres gaulois ( rien de tel qu'un commentaire dit par un francais pour redescendre de son nuage ) et les cris des gosses qui ne te lâchent pas la grappe pendant un quart d'heure pleurnichant (parfois l'envie de leur en coller une et de les ramener a l'école par la peau des fesses me démange...).

Un petit débriefing un an après rythmé par Wax Taylor... 

Angkor Wax from Toujours + à l'ouest on Vimeo.

Donc aux heures de pointes, c'est walkman avec l'intégrale Pink Floyd dans les oreilles pour optimiser le psyché-métaphysique du Ta Phrom, le temple le plus recouvert par la jungle. Ce sont des gerbes de racines, lianes, troncs dont il est difficile de faire la différence, une morphologie propre a la jungle asiatique a couper le souffle, ou les tentacules de cette végétation conquérante s'étirent le long des pierres, étranglant les nefs, creusant les dalles de pierres plates. La nature reprend ses droits et s'impose en maitre sur les batisses de la cité monumentale paraissant invulnérable. En venant recouvrir d'une ultime couche naturelle ces ruines majestueuses, la jungle a fait de ce temple un chef-d'oeuvre hallucinant. Comme tout le monde, je suis pris par une crise de boulimie d'images, caméra au poing je mitraille tous sur mon passage comme si il fallait absolument garder des preuves au cas ou tout ca disparaitrait pendant la nuit, on a même parfois le sentiment naif d'etre un explorateur qui découvre toutes ces merveilles en exclusivité. J'essaie de me réfrènner, je dessine un peu, c'est moins compulsif et ca aide bien a s'immerger dans l'architecture du temple, avec Pink Floyd à la place des commentaires irritants des touristes bien sûr. Soudain je leve les yeux et les touristes ne sont plus la, j'enleve mes ecouteurs il n y a plus que le bruit de la jungle et le silence des pierres. La nuit tombe et je suis seul dans le temple. Je ne crois pas avoir deja éprouvé ce genre de sensations : un mélange d'adrénaline, de peur et d'émerveillement. Ce rapport privilégié avec le lieu est troublant, une sorte d'honneur que d'etre seul avec les esprits de la cité, je ressens comme une présence, une force spirituelle qui me parle...Ca y est je suis en contact avec Dieu, j'ai trouvé la foi !!!!!!!........ Mais non je déconne, c'est la bière qui me fait écrire n'importe quoi. Effectivement c'est saisissant, mais de la a me faire rennoncer a mes élans bouffe-curés ya de la marge! Quoique pour la petite confidence, ces trois mois en pays bouddhique me font verser un peu d'eau dans mon vin de anti-messe. Cette philosophie religieuse parait tellement loin de l'austérité judéo-chrétienne, et ce rien que dans les représentations: La ou Jesus grimace portant la misère du monde sous sa couronne d'épine ensanglantée, Bouddha sourit, zen et serein ne se souciant guère des piques qui forment sa drole de coiffure. Il est fun Bouddha! Il est assis, debout, couché mais contrairement a un chien chrétien, il n'aboie pas la bonne parole, il sourit et meme parfois se tape des bonnes barres de rires. Tout comme les ordres qui ne sont pas un refuge ou un symbole d'abstinence et de repli, mais bien une communauté où on s'éclate de 7 a 77 ans. Une école de la vie pour beaucoup ou l'on apprend a méditer mais aussi a étudier et de façon même peut être plus poussée qu'a l'école publique notament dans l'apprentissage des langues. Encore aujourd'hui énormément de familles envoient leurs gamins chez les bonzes car c'est l'unique possibilité d'accès a l'éducation dans les régions reculées. Les temples sont aussi une sorte de fourre tout de services sociaux : maison de retraite, DASS, HP, foyer d'urgence, de convalescence...quand l'état n'assure pas une cacahuète en termes d'assistance sociale, il faut bien trouver autre chose. Bref, c'est difficile d'etre athée en pays bouddhiste même pour les durs à convertir comme moi ! Mais vous me direz et Angkor dans tout ca? Et bien je vous répondrai que c'est aussi ça l'expérience d'Angkor, se sentir de la taille d'un microbe face a l'immensité que l'humanité peut consacrer a la spiritualité, même si la notion religieuse n'est au fond qu'un leitmotiv pour s'éclater artistiquement et architecturalement parlant. On en prend pour tous ses sens et c'est assez trancendantal, au point d'en percevoir le 6ème...de sens. Vous savez celui qu'on explique pas et qu'on appel télépathie, voyance, flux énergétiques, sorcellerie, etc, et donc pour simplifier la majoriter a décrété que c'était Dieu. Bref on en recausera un de ces quatres. Et je pourrais développer Angkor et Angkor !

 

Et la preuve qu'il y a de la vie a Angkor :

 

 


Fuite de serpent                                        Bonzette mastiquant

 


Publié à 02:24, le 17/06/2008, Siem Reap
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