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un terrien sur terre
hay sol y luna

Maitre Yogi contre le Gourou des Beatles

Rishikesh, première ville sacrée du Gange s'étale le long de ses rives au pied de l'Hymalaya. Ce haut lieu de l'Hindouisme est devenu la capitale mondiale du Yoga et de la méditation depuis sa prise d'assaut par les hippies après que les Beatles y aient séjourné pendant un mois en 1969 dans une quête méditative. La partie spirituelle de la ville se délimite par deux ponts suspendus sur une rue principale a l'origine piétonne, mais aujourd'hui envahie par les jeeps qui font office de transports en commun. Le long du fleuve on se ballade de gaths en petites plages de sable gris avec des statues géantes ultra kitsh de Shiva et sa bande, donnant parfois sur des petits carrefours où les DVD d'un mantra (toujours le meme) tourne en boucle toute la journée en écho entre les différents stands. Contrairement a Varanasi, le Gange est ici un havre de paix, l'eau claire directement venue des cascades de la montagnes (par ailleurs un bon objectif de ballade) est rafraichissante et les berges idéales pour mettre en pratique ses cours de méditation. Après avoir cherché en vain le pote sadhu que mon ami Max avait rencontré l'année dernière, je décide justement de m'initier a la spécialité locale : le Yoga. Pour cela, il faut trouver une ashram compétente. Une ashram c'est une sorte de pension hindouiste gratuite avec nourriture offerte qui accueille pelerins, sadhus et autres paumés, c'est un peu comme le 115 en France, un foyer d'urgence spirituel pour les plus démunis. Ici, les ashrams ont pris une autre dimension, ouvertes aux étrangers; on y loue sa chambre et assiste quotidiennement aux cours des maitres yogi et à l'enseignement des gourous. Eh oui, en Inde les sectes sont autorisées et leurs gourous sont des notables adulés par de nombreux adeptes qui se rassemblent dans des branches dérivées de l'indouisme. Rassurez-vous il est nullement question de racket et suicide collectif orchestré par le gourou comme chez nous, mais l'autorité populaire de ce dernier est néammoins respectée. Je me lance donc a 7 heures du mat frais et à jeun à mon premier cours de yoga. Le prof prend un peu une voix de crécelle et un ton monocorde pénible, mais ca a au moins le mérite d'etre clair pour expliquer les positions. Et puis il a vraiment un style trop classe avec son kimono blanc, sa gueule de super-beau gosse tout droit sortie de Bollywood qu'on ne peut résister a son charme. Je m'étonne moi-meme des capacités souples de mon corps, me ridiculisant parfois avec les mémères du cours sur les postures les plus loufoques et contorsionnées. La séance se ternine en lotus, index et pouce joints formant un petit cercle, le dos des mains posé sur les genoux et tout le monde lance un grand ''AAAAUUUUUUMMMMMMM...'' interminable. Je ricane dans mon coin, le spectacle étant un peu risible, car de plus toutes ces singeries ne m'ont pas fait un effet hallucinant. C'est quelques instants plus tard en sortant de l'ashram que je sens une grande sensation de bien etre, de légèreté et de décontraction. Du coup je décide de pousser un peu le bouchon, en réduisant mon alimentation (végétarienne bien entendue) et retournant faire des séances les jours suivants. Quel pied le yoga! Tu ressort de ton petit cours matinal en homme neuf partant flaner aux bords des eaux sacrées, ponctués de fraiches baignades et d'applications des enseignement de maitre yogi.

   

Et la, impossible d'éviter l'autre grande spécialité de Rishikesh: les Izs. Tout le nord de l'Inde a la réputation d'accueillir une présence massive d'Israéliens, mais a ce point je ne l'imaginais pas. Les pancartes, annonces, menus et meme le clavier sur lequel je tape est traduit en hebreu, et évidement ca ne loupe pas avec ma gueule de brun frisoté, on m'accoste systématiquement dans la langue du peuple élu. Sans faire de sociologie de comptoir, on se rend compte très vite qu'ils ont pris la digne succession des hippies américains fuyant la guerre du Vietnam, venant se ressourcer dans des pays pacifistes, en s'enquillant des shiloms a longueur de journée pour oublier qu'ils appartiennent a l'une des nations les plus politiquement désastreuses en terme de violences guerrières. Pour avoir brisé la glace avec un groupe de grands maigrelets au style très Jésus, ils m'ont confirmé l'élan pacifiste de la jeunesse et sa tendance néo-hippie, voulant fuir la réalité de leur pays par le voyage, en Inde plus concretement et par l'échappatoire plus narcotiquement. Malheureusement les aspirations utopiques se font vite rattrapper par la réalité gros sabots. Hippies certes ils le sont dans l'apparence, mais les absolus de vie simple en harmonie avec la nature ne sont que broutilles. Ca consomme a foison, ne respecte pas des masses les principes sacrés indous ( pas de tenues légères, de consommation d'alcool et de viande...) et parlent parfois aux locaux comme à des chiens. Evidemment ce ne sont que des généralités, il y en a des très sympas mais la concentration communautaire de touristes a l'étranger offre rarement un résultat subtil et un exemple de conduite. Bref, le ''cas Israel'' reste un vaste questionnement a mes yeux dans lequel je continue a avoir du mal a me dépatouiller entre haine et compassion.

   

C'est pas le tout mais il sagit de passer a la phase 2 de mon ascension sprituelle : la méditation. J'arrive une demi-heure en avance pour assister a mon symbolique et unique cours de méditation pour savoir un peu mieux de quoi il en retourne. Je tombe sur un vieux à longue barbe blanche, vetements blancs avec un drole de foulard sur la tete formant une espece de calote comme portent les chirurgiens et qui s'avere etre le ''prof''. Il m'explique que j'ai bien fait de venir plus tot et qu'il va me faire comprendre quelle est la bonne voie a prendre pour accéder a la vérité du chemin de Dieu. Je l'arrete tout de suite en lui expliquant que je suis venu essayer d'apprendre les bases de la méditation et que ca ne sert a rien qu'il me serve son cocktail de bondieuseries pour l'apéro car je suis athée. Malheur a moi !qu'ai je osé dire!  Alors la j' ai eu droit au bon vieux sermon du religieux prosélyte qui cherche à te convaincre de la suprématie du tout puissant a coup de phrases toutes faites (pas toujours connes d'ailleurs) et du sacro-saint ''non mais de toutes facons si tu n'ouvres pas ton coeur a Dieu tu ne peux pas comprendre aussi bien que moi ce que j'essaie de t'expliquer'' (celle la je l'adore...). Et puis il te regarde soudain avec de grands yeux tous ronds, démesurés par l'effet loupe de ses lunettes levant le doigt au ciel comme pour appeller la foudre puis éclate ensuite d'un rire gras et démoniaque. C'est un bon acteur et je comprend très bien qu'il essaie en quelque sorte de m'hypnotiser sous son joug. C'en est un ! Un vrai un authentique gourou comme ceux qu'on met en taule chez nous mais qui, ici, a le droit de prodiguer ses salades et d'enroler quiconque dans sa sphère mystique. J'essaie de mettre un peu d'eau dans mon vin en lui expliquant que j'ai une certaine foi dans l'unité entre les éléments terrestres, que j'ai rien contre les religions (du moment qu'elles n'essaient pas de m'endoctriner et de légitimer toutes sortes de barbaries et d'obscurantismes au nom de Dieu), on arrive meme a parler énergies, ondes magnétiques entres les gens et télépathie. Le débat s'élève un peu mais rien à faire le vieil illuminé ne peut s'empecher de conclure que oui, bon, soit, mais quand meme ca serait mieux si je croyais en Dieu. J'attends la scéance de méditation avec impatience lassé de ses discours, et celle-ci s'avere bien plus interessante que son introduction dévote. Exercices de respirations et concentration sur le chacra principal, celui au milieu du front, telle est la base de la méditation. Mettez vous en tailleur ou en lotus si vous y arrivez, posez votre index entre vos deux yeux, si vous etes bien concentré vous sentirez une petite pulsation. En ne pensant qu'a ce point précis et a l'instant présent vous arriverez aux balbutiements de la méditation et non pas au chemin de la lumière du seigneur, a la compréhension du cycle des menstruations de Marie-Madeleine ou je ne sais quoi d'autre comme me le prodigue l'autre fou ! C'est pas comme le Yoga, mais ca détend aussi pas mal cette affaire. Je fais un don a la statue de lord Krishna avant de partir car il ne prend pas les cheques (je vous l'ai expliqué c'est un gourou illuminé mais bénévole pas comme chez nous), me disant que tout compte fait ce n'etait pas tant un mauvais bougre. Avant de quitter Rishikesh, en bon fan qui se respecte je vais voir les restes de l'ancien ashram ou séjournèrent les Beatles. Des ruines envahies par la végétation rien de plus, mais qui devait avoir un certain cachet architectural a l'époque. Ils ont du bien se mettre dans le vent les quatres garcons dans ce petit coin de paradis avec pignon sur Gange. Tout comme mon zozo de la veille, Georges Harisson s'était entiché d'un ''maitre spirituel'' qui fut sujet à beaucoup de polémiques et déviances profitant de la crédulité de nos rock-stars qui ont du débarquer la dedans avec un acide de trop dans le crane. En tout cas, meme si ce fut la source d'inspiration des plus mythiques de leurs chansons je ne me laisserais pas enroler dans les griffes du gourou de mes idoles qui n'aura jamais raison des gentilles pratiques de mon maitre yogi. 

Le reagge du sadhu from Toujours + à l'ouest on Vimeo.

 

  

 

 

                   


Publié à 02:10, le 26/09/2008, Rishikesh
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