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un terrien sur terre
hay sol y luna

Ca c'est de la route! Gilgit to Chitral

 

 

 

Dix jours c'est tres court pour faire une boucle sur le karakorum entre Gilgit et Chitral au nord du Paki. Ces contrées reculées loin de l'effervescence de Lahore et des grandes villes, je vais les découvrir sur la route interminable entre transports et rencontres des plus incongrues. Ca commence dans le bus de nuit en direction d'Islamabad ou je me retrouve assis a coté d'un responsable de l'éducation spécialisée et des conditions de la femme au ministère de l'éducation (rien que ça!) Coincidence des plus inattendues du fait du film que j'ai réalisé au Cambodge en mars dernier sur ce sujet précisément. Le type est brillant m'apprend un tas de choses, on échange nos expériences. Encore une fois le Pakistan a une longueur d'avance, là ou le Cambodge fait l'impasse, ici l'éducation spécialisée est reconnue par l' Etat. Malgré le chaos politique du pays ce type me laisse sur une note d'espoir. Ensuite j'embraye pour une journée entière dans un bus pour Gilgit ou ce coup -ci mon voisin est un bon barbu a calote islamisé jusqu aux ongles. Stupéfaction, il parle francais, et pour cause il est marocain. On papote, on refait le monde sans que le type ne me parle une seule fois de religion, sous ses airs d'intégriste il se révèle être d'une ouverture d'esprit impressionnante. C'est un traveller qui appartient a un réseau international de voyageurs musulmans parcourant les pays disciples d'Allah en séjournant dans les mosquées. Bien que mon ventre soit vide, faisant le ramadan avec tout le monde malgré moi, le trajet passe tout seul. A l'approche tant attendue du casse du jeûne (19h30), je vois autour de moi tous les types du bus qui mettet leurs mains devant le visage comme un livre ouvert en marmonnant des prières. Le bus s'arrete dans un petit boui-boui au pied de la motagne et j'assiste a un premier casse du jeûne et pas en n'importe quelle compagnie car mon marocain est accompagné d'un turc, d'un bengladeshi et d'un somalien ! de vrais rois-mages ! La séquence est surréaliste, biblique, mais la route sinueuse. J'ajouterais plus tard dans le bus ma contribution a cette scene (ou cène au choix) avec l'immaculée conception, mon bide me faisant défaut et repeignant tout le couloir du bus. Gilgit n'a pa un charme fou mais a le mérite d'etre une bonne introduction au mode de vie moyen-ageux du nord. C'est crado, vraiment sale et modeste mais comme d'hab les gens sont adorables meme si un peu bourrus d'apparence (le ramadan en rajoute une couche), ils ont des tronches pas possibles, de gargouilles, marqués par la vie avec leurs chapeaux de laine retroussées se portant comme un béret. Je file pour la vallée de l'Hunza a Karimabad sur la Karakorum highway, la route légendaire qui relie la Chine au Moyen-Orient. L'himalaya se présente encore sous un autre visage, sommets enneigés et bases exclusivement rocheuses, aux formes aiguisées et plus raides que jamais. Les plaines fertiles qui s'étendent le long des cours d'eau sont jonchées de bouleaux, peupliers, saules, tous ces grands arbres en tiges que je ne pensais pas trouver un jour en haute montagne. Le Baltit Fort est le monument prisé de Karimabad. J'avais dit plus de forts apres mon overdose en Inde, mais là on est carrément dans un autre registre, c'est un fort en bois et en pisé vieux de mille ans qui malgré sa taille raisonnable s'impose au dessus du village dressé sur le sommet d'une colline. L'intérieur transformé en musée expose des objets et reconstitue la vie quotidienne d'époque. On est loin de la vie de pacha indienne et des coussins moelleux, c'est rustique et vraiment modeste (et c'est ca qui fait le charme) dans un style très tibétain. Je pousse le chemin jusqu' a Passu en direction de la frontière chinoise. La, je suis vraiment en pleine montagne et ça caille! D'un côté, le glacier, de l'autre de magnifiques pics enneigés bordés de falaises. Il y a un pont suspendu que je m'empresse d'aller voir accompagné d'un gars de Karachi (l'ancienne capitale), on ne peut plus archaique et qui nécéssite une superbe ballade le long de la rivière. Il faut voir l'engin, des morceaux de planches tordues espacées d'une bonnes trentaines de centimètres si ce n'est plus, reliées par des vieux cables biscornus comblants tant bien que mal les trous. La traversée est aventureuse, cramponné aux cables de travers testant la solidité de chaque point d'appui avant de lancer ses pas en toute confiance.  De l'Indiana Jones en puissance. Le lendemain c'est parti pour l'ascencion du glacier, il n'y a pas vraiment de sentiers et les éboulements de roches qui servent d'accès sont franchement casse gueule, mais a l'arrivée quel spectacle! C'est un massif éblouissant de chaines de mini-montagnes de glaces qui se succèdent a perte de vue. Sous la pellicule grise de terre, la glace sintille comme du cristal. de Je grimpe et dévale sur ces icebergs surexcité, ayant l'impression de faire mes premiers pas sur la lune. Magique. En s'enfoncant les talus sont de plus en plus raides et laissent place à de véritables crevasses dans lesquelles résonnent des petits torrents d'eau. Ca devient de véritables gouffres et la ballade prend une tournure sportive et un peu inquiétante. Je réalise, descendant de mon nuage que ce genre d'expédition se fait mormalement avec des chaussures à crampons, piolets et autres accessoire d'alpiniste. Sortant de ce parcours du combattant en verre, j'emprunte tout un pan de terre différent de celui de l'aller pour rejoindre la route. Je m'apercois au bout d'un certain temps que je suis toujours sur le glacier et pour longtemps. Ca craque, dérape et fond littérallement sous mes pieds, petite montée d'adrénaline tout de même avant de récupérer en vitesse mes affaires une fois a l'hôtel, car le temps ainsi que la glace a coulé bien vite. Ayant loupé le bus pour Gilgit, je lève le pouce et me fait prendre par un vieux lubrique qui me dépose a Karimabad. La fin du trajet se fera de nuit, allongé dans une remorque sur des tonnes de sacs de pommes, sous les étoiles en compagnie du livreur en chef avec qui on se lance dans des débats politiques filant dans le serpentin de la route. Bush et Ben Laden, il en prendrait bien un pour taper sur l'autre, me faisant une rhétorique brillante à la Michael Moore sur la machination qu'est à ses yeux le 11 septembre et tout ce qui s'en suit. Je finis ma nuit dans un dortoir de routiers dégueulasse des bas fonds de Gilgit avec mon livreur. Chitral est mon nouveau but à atteindre, et pas n'importe lequel car il nécessite le passage d'un col balèze, mais ca je ne le comprendrais que plus tard. Le stop me plait bien sur ces routes de campagne, je prends donc une feuille écrit Gilgit d'un coté, tire un trait, Chitral de l'autre et le montre aux bagnoles que j'arrête sur bas coté. Une caisse de jeunes allant se faire un pique-nique illicite, fuyant le ramadan m'embarque sur les berges de la rivière que la route sinueuse et magnifique longe. Puis c'est un poids lourd qui me fait avancer un peu plus ensuite. J'ai oublié de vous dire qu'ici les nombreux camions qui afrètent des tonnes de camelotte made in china, sont de véritables oeuvres d'art. A ce niveau ca n'est plus du tuning mais des ornements superclasses et colorés en bois et métaux agrémentés de clochettes qui pendent le long des ailes et sur les pare-chocs. Pffffffff !!!! Creuvaison. J'assiste au démontage de la roue digne d'une séquence de Charlot avec un crick antique et le chauffeur sautant à pieds joints sur la clef à boulons géante pour resserrer la bete, folklo. Malgré un pilote faisant crisser ses pneus à chaque virages, je ne suis qu' à mi-chemin à la nuit tombée. Dodo. Dans cette zone rurale profonde, difficile de trouver un interlocuteur parlant anglais pour m'expliquer pourquoi il n'y a plus de voitures qui passent et pourquoi tout le monde s'obstine a vouloir me faire prendre le bus que je me résouds a prendre par la force des choses. Une fois à bord la route s'avère de plus en plus splendide et je comprends pourquoi il n'y a que ce satané bus tout terrain qui prend ce troncon. Une bonne dizaine d'heures pour faire 100 bornes sur une route devenue piste s'embourbant dans les gravats, pour accéder au col de Mastuj dans un décor féerique. Les pentes à bien trente pour cent prise en étau autour des pentes abruptes s'imposant somptueusement. C'est épique. La plaine du col se délimite par une nappe verdoyante recouvrant les pierres de mousse encerclée par les remparts naturels enneigés. Il n'y a qu'un poste de controle et un terrain de polo (le sport national) utilisé pour les grandes occasions parait -il. Et hop, on redescend pour Mastuj, ou je passe une courte nuit encore une fois chez un hôte bien libertaire. Le lendemain la jeep me dépose enfin a Chitral pour un court transit avant de rejoindre les vallées Kalash. QUe de rencontres et de cheminements pittoresques depuis une semaine ! Le voyage authentique comme il se pratiquait partout il y a environ trente ans, merci le Pakistan!             


Publié à 01:08, le 28/09/2008, Gilgit
Mots clefs : gilgit
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