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un terrien sur terre
hay sol y luna

1 day in my kalash family

Les Kalashs sont une ethnie sino-tibétaine du nord du Pakistan qui occupait autrefois toute la province de Chitral. Aujourd'hui, ils sont à peine 5000 retranchés dans trois vallées aux alentours. Appellés les ''inconvertissables'' par les musulmans, les Kalashs ont conservé leurs costumes traditionnels et principes de vie simple en autosuffisance dans ces bourgs sur les flancs de montagne, en total harmonie avec la nature. Je retrouve de grandes similitudes avec les Hakas du Laos et les Hmongs du Vietnam, ce sont toujours ces mêmes montagnards vivant dans des endroits inaccessibles, coupés (plus pour longtemps) du reste du monde. Les femmes arbordent de superbes tuniques noires brodées et une coiffe originale ornée de coquillages et perles qui se distinguent par des couleurs très chaudement colorées, rouge, orange, jaune. J arrive au village de Brun dans la vallée de Bambouret accueilli par Nassire et sa gueule d'ange qui m'ouvre une piaule mignonnette mais tres sommaire au sol en terre battue et aux murs en pisé. Pendant une symbolique journée et demi je vais vivre avec sa famille partageant repas et moments privilégiés en famille. Ca fait longtemps que je n'ai pas été entouré d'autant de filles au Pakistan. En plus de la charmante femme de Nassire et ses trois filles (+un fils) , les cousines, grands mères, nièces et autres copines défilent dans la maison. Alors la maison, c'est une piece unique remplie de suie avec un poêle au milieu où tout le monde dort ensemble. Une sorte de hall semi-ouvert a l'entrée constitue l'autre lieu de vie à la chaleur du foyer ou le pain et les platrées mijotent toute la journée. Il faut profiter de cet endroit convivial avec vue sur la vallée pendant les dernières semaines qui précèdent les deux mètres de neige hivernale. Nassire me montre pleins de photos que les visiteurs lui envoient des quatres coins du monde, on y voit des fetes et festivals traditionnels se déroulant au printemps et aussi les ''vendanges''. Eh oui les Kalashs sont des grands amateurs de vin et si j'étais arrivé une semaine plus tot  j'aurais peut etre participé a l'annuelle récolte, bigre ! Il faut pas s'attendre à un grand cru mais a un petit rosé  pressuré et bu tout de suite qui ma foi se laisse boire, gare tout de même à la casquette le lendemain. C'est la vie familiale comme dans le temps ou on découvre des parents heureux, se satisfaisant de jouer avec leurs bambins et rien de plus. Ca donne des envies de gosses tout ça. Sauf qu'ici tenez vous bien on ne perd pas son temps, Nassire et sa femme n'ont que 23 ans et quatre enfants, premier mouflet a 13 ans !!!!! Chez les Kalashs on devient adulte tôt pour s'occuper des fourneaux et bosser aux champs, ce qui n'empêche que les enfants vont a l'école avec leurs costumes tradi prévus a cet effet pour filles et garcons dans des établissements mixtes. A Bambouret, il faut s'incliner devant le superbe boulot que réalise une ONG grecque depuis 10 ans. Ces volontaires d'Helenica ont construit des sanitaires, des hopitaux et des écoles pour toutes les familles Kalashs a leur demande, ils n'ont rien imposé. En respectant l'architecture traditionnelle de pierres plates et poutres en bois carvées, ils ont permis un accès a l'hygiène, aux soins et à l'éducation de manière très simple, en comptant uniquement sur une main d'oeuvre et des volontaires locaux. Pièce maitresse de ces infrastructures un centre culturel Kalash ou l'école municipale cotoie un superbe musée d'une qualité nettement supérieure a la plupart des musées nationaux que j'ai visités depuis le début. Actuellement géré par le gouvernement, Nassire est payé 100 roupies (1 euro) par jour pour assurer le gardiennage et faire le guide. Après cette parenthèse culturelle, je retourne passer des heures à regarder ma petite famille s'occuper des récoltes, faire les devoirs des gosses, éplucher les légumes, vivre quoi, mais de manière tellement simple et élémentaire loin des perversions du système. Malheureusement, leur vie marginale et décalée se fait petit à petit engloutir par la société musulmane pakistanaise et il ya de fortes chances qu'ils disparaissent par la force des choses. Pour le moment ils résistent, grâce aussi a l'admiration qu'ont les occidentaux a leur égard et qui par le tourisme aide a conserver l'authenticité du lieu. Je suis souvent méfiant des excès de bonnes intentions de notre part et de la transformation de ce genre de lieux en réserves comme pour les amérindiens, mais il faut noter qu'ici ca se fait dans une éthique assez respectable, pourvu que ca dure. Je repars ému et enchanté par cette courte adoption que m'ont offert ces Kalashs, la famille dans ce qu'elle a de plus beau.   


Publié à 01:04, le 29/09/2008, Peshawar
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