Toujours plus a l'ouest...
Photos, vidéos, textes, ambiances des pérégrinations d'un globe-trotteur...

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Album photos
Archives
Mes amis

La carte des lieux visités





Mes albums

«  Mai 2018  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031 



Rubriques


Menu

SUBLASTART
un terrien sur terre
hay sol y luna

Enfin l' Iran !

Il m'aura donné du fil a retordre ce foutu visa iranien, au lieu des trois jours d'attente promis par les services d'une crapuleuse boite de soutraitance sur internet, c'est un interminable stand by de 12 jours dans la chaleur moite de Lahore auquel j'ai eu droit. Heureusement ma salle d'attente, le Regal Internet Inn est une adresse a redonner le sourire a tous routards de la vielle école. Sa cuisine et machine a laver autogérées et l'ambiance familiale donnent l'impression d'etre a la maison et de voler un peu de ses propres ailes, sachant qu'en voyage on est toujour tributaire de quelqu'un pour le moindre geste. L'ambiance conviviale est a son comble avec un Malik plus déchainé que jamais qui veux fêter dignement la fin du ramadan, me demandant d 'aller lui chercher de l'alcool ( lui n'a pas le droit en tant que musulman et les autres ont besoin d'un certif de l'état, véridique ) dans un bunker ressemblant a un dispensaire pour junkies. Face a mon désespoir a cause du visa qui n'arrive pas, il organise des concerts sur la terrasse de l'hotel et m'envoie dans une sorte de fête foraine populaire assez délirante. Bateaux pirates et grandes roues rouillées actionnés par des générateurs de la guerre de 14 rugissant avec fracas pour divertir petits et grands sans trop se soucier de la sécurité. L'attraction phare de ce rassemblement, les lady-boys (=travestis) qui se déhanchent de façon tres explicitement sexuelle sous les pluies de billets du public avide. Les relations publiques - ou pas d'ailleurs - avec les femmes sont tellement rares au Pakistan que le seul substitut de désir qu'ils ont est de saliver devant des travellos ! Un placebo loufoque face aux règles sévères de l'islam. Surrealiste. Après avoir crié au désespoir de ne pouvoir partir, me voila trainant la patte une fois mon visa en poche, il faut dire que ma complicité avec Malik n'est pas anodine car derrière le gérant de guesthouse, il ya un ancien journaliste et documentariste hyper engagé politiquement, une mine d'or d'infos et de culture qui m'a bien fasciné. Bref, me voila a présent dans le train direction Quetta situé a une nuit de bus de la frontière. Poussière et joyeux bordel animent le wagon ainsi que des types allongeant leur tapis a mes pieds pour faire leur prière aux heures prévu a cet effet. A l'aube, un spectacle de taille s'offre a mes yeux, a travers la vitre les villages en pisé succèdent aux montagnes sableuses, un panel d'ocres somptueux dans une lumière diffuse. Nous sommes en plein désert du Balouchistan, une région hors du temps et féérique dans laquelle le train s'enfonce sur des rails invisibles recouverts par le sable. A Quetta, l'expression terminal de bus prend tous son sens : un véritable cimetière de carcasses de cars et de déchets d'engins motorisés qui s'étend dans les ruelles de ce qu'on pourrait appeler un bidonville. Tout le monde est deja a bord, tandis qu'on change encore une roue et resoude la portière, l'appel a la prière retentit sous les étincelles du poste a souder, tout le monde descends et se dirigent vers la mosqué. Ambiance apocalyptique et système D chez ces barbus toujours aussi adorables, je savoure mes derniers instants pakistanais. Le lendemain, je tend la main au guichet de la douane après m'etre fait tamponner mon précieux visa pour récupérer mon passeport, mais non, il va etre confié a mon ''bodyguard''. J'ecarquille le yeux en apprenant que je vais etre escorté par mesure de sécurité jusqu'a mon bus pour Kerman que je dois prendre a Zahedan a 80 bornes de la frontière. C'est en compagnie de mes amis de toujours les flics que je vais donc passer ma première journée en Iran! Comme un chien fidèle me voila obligé de suivre les différentes bidasses qui se succèdent et qui me font faire la tournée de tous les comissariats de la ville, obligé d'obtempérer, assis, debout, pose pas de questions, reste la! C'est vraiment partout les mêmes: des branleurs avachis dans des bureaux ou des bagnoles a boire du café (ici du thé) généralement ils ont pas inventés l'eau chaude et s'en tamponnent de te faire poireauter, jouissant de leur petits pouvoirs. Ca c'est pour mes potes les flics... Comble de l'affaire l'un des derniers chauffeurs me demande de filer un billet a mon bodyguard pour qu'il rentre a la caserne en bus ! Je refuse catégoriquement me demandant si ils me prennent vraiment pour un bleu ou quoi !  Une fois dans le bus pour Kerman, je cris a la liberté un peu trop vite car une fois arrivé a destination le chauffeur me demande d'attendre une escorte policière... well,well,well, i keep my self control...et pas n'importe laquelle, 3 nigauds en chef qui me font un sketch digne des Marx Brothers, pas foutus de trouver un hotel ou les clefs de la bagnole, meublant les tours interminables de la ville par des allusions salaces et des rires très intellectuels. Bon allez j'arrete sur les flics, car ce qui va suivre est tellement merveilleux que je ne veux pas vous donner une entrée en matière trop négative sur ce pays avec lequel j'ai d'ores et deja un coup de coeur. A moi l' Iran !!!!   


Publié à 01:16, le 12/10/2008, Quetta
Mots clefs : quetta
Lien