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SUBLASTART
un terrien sur terre
hay sol y luna

Ainsi parlaient le sable, le pisé, les mosquées et Zarathoustra

La Perse, l'une des civilisations les plus anciennes de l'humanité a grandi dans le désert. Toute la partie orientale de l'Iran n'est qu'une vaste étendue sableuse parsemée de collines rocheuses totalement épurées de végétation. Le calme règne en maitre; les rues de Kerman, première ville étape sont spacieuses, rectilignes et d'une propreté que j'avais oubliée. En comparaison avec le Pakistan et son archaisme, j'ai vraiment l'impression de retrouver un pays civilisé à l'européenne, la topographie urbaine est proche de celle de l'Espagne ou de la Grèce. Les gens sont classe, manièrés, propres sur eux et je passe pour un pouilleux avec mes fringues hippies de Katmandou à coté des jeunes ultra fashion. Au Paki c'était bienvenu chez les mecs, ici c'est bienvenu chez les gonzesses ! C'est peut être parce que depuis le Vietnam je n'ai cotoyé aucune locale tellement elles sont exclues de la vie publique au Népal, Inde et Pakistan, mais c'est un choc car elles sont en majorité dans la rue et te regarde et t'accoste sourire aux lèvres ,pas farouches pour un sou. Le port du foulard sur la tête est obligatoire mais elles n'ont pas le visage voilé et sous leurs tuniques cintrées elles portent des jeans à la mode et des baskets comme les jeunettes de chez nous. On y reviendra... Kerman est un bon point de départ pour visiter les différents sites où naquit le zoroastraisme, l'une des plus anciennes religions de l'humanité dont le prophète Zaratoustra inspira Nietzche pour son fameux Ainsi parlait... Vision d'horreur sur toute les cartes postales placardées dans la région, la sublime citadelle de Bam a été réduite a néant par un tremblement de terre il y a quelques années, heureusement que celle de Rayan non loin de là a été épargnée. Les quatres remparts colossaux et les tourelles à créneaux renferment un étonnant spectacle de débris de murs aux traits arrondis par le temps dans lesquels on devine les compositions architecturales de la vie d'antan. Et tout ça rien qu'en briquettes de sable recouvertes d'une mixture de boue (...se de vaches aussi) et d'herbes séchées. Je reste sous le soleil de midi à contempler le silence et les contrastes éblouissants qu'offre la lumière saturée. De retour à Kerman impossible de retrouver mon hôtel ainsi qu'un autochtone anglophone pour me guider, eh oui !c'est l'effet négatif de la non-colonisation comme dirait l'autre, les iraniens parlent très peu anglais. Jusqu'à ce qu'un ado ,le coeur sur la main ,monte avec moi dans un de ces taxis collectifs qui inondent les rues à la rencontre de son paternel qui cause le rosebeef. Ces taxis sont des Paykan un modèle de bagnole labellisé années 70 qui me fait voyager dans le temps, jusqu'au rond point de la liberté où 3 colombes statufiées volent au dessus de la Terre. Le paternel me raconte ironiquement qu'il a été édifié après que le Schah ait été viré, mais que les barbus ont offert au peuple tout le contraire de la signification de cette place. C'est un autre point crucial de l'Iran : la rage unanime des iraniens contre leur gouvernement. A l'instar des Pakistanais, c'est l'exemple type du pays s'étant fait berner par la révolution islamique qui leur promettait la liberté, et qui au final leur mène la vie encore plus dure qu'avant. Pourquoi ne pas les virer leur dis-je? Parce qu'ils s'accrochent au pouvoir comme une huitre à son rocher, intimidant les opposants par une sorte de délation instaurée, la peur des représailles est réelle, les élections sûrement truquées et il y a une sorte de solidarité entre pays musulmans qui s'ajoute, bref, tout ca reste très confus. Quoi qu'il en soit comme chez leurs voisins Ourdou, les Farsi font de 'hospitalité une règle d'or et leur chaleur humaine est à des années lumière de toute forme de fanatisme. J'arrive ensuite a Yazd, la mecque du Zoroastrisme ou le Silk road hôtel offre un panorama sur la vertigineuse entrée de la El Jameh mosquée dont le bleu turquoise aux microscopiques motifs et calligraphies sont à couper le souffle. C'est un coup de foudre immédiat avec ce centre historique magnifique labyrinthique sujet à d'interminables ballades. Il y a aussi le complex Chakmsaq: une succession d'arches voûtées sur plusieurs niveaux qui enlacent l'une des places principales de la ville, le rendez vous galant des couchers de soleil laissant place aux lumières artificielles qui redessinent chaque porche. Le fire temple n'a absolument rien d'extra hormis sa symbolique flamme qui brûle depuis 500 ans, pourtant les inconditionnels du zoroastrisme affluent en masse pour visiter LE monument de cette ancestrale religion. On appréciera tout de même les jardins alentours où des tourelles rectangulaires enferment un système ingénieux de circulation du vent qui en fait la première aire conditionnée du monde ! Petite discussion philosophique avec des étudiantes en art, c'est bien simple, depuis mon arrivée en Iran je rencontre tous les jours de nanas hyper sympas qui parlent mieux anglais que les mecs toujours prêtes pour un brin de causette. En Iran quand quelqu'un te prend sous son aile, il faut oublier d'essayer payer quoique ce soit et de s'ennuyer. Je me ferais meme inviter a Shiraz mon étape suivante, à diner par une étudiante qui me fera visiter la ville et les coins branchés en compagnie de son ''boy friend'' ( ça veut dire copain privilégié, rien de plus ). Je précise car n'allez pas croire que ces rencontres puissent etre intèressées, elles ne sont pas farouches mais restent tout de même très prudes, d'autant que les lois islamiques punissent de prison les flirts hors mariage et que les mecs sont jaloux comme des poux. J' en ai eu un bon exemple avec le ''boy friend'' qui voyait rouge dès que j'adressais la parole à la demoiselle. Il est temps de se rendre à Persepolis, LE site inmanquable des alentours de Shiraz qui compait parmis les merveilles du monde de ce bon vieil Alexandre, qui fut en quelque sorte le premier guide touristique du monde et importateur d'architecture d'ailleurs. C'est fou comme Persepolis ressemble a un site antique grec que ce soit au niveau de l'esthétique des monuments ou de l'ambiance qui s'en dégage. J'étais d'ailleurs assez déçu à mon arrivée sur les lieux devant ces tas de cailloux dont il ne reste pas grand chose, merveille du monde mouais, mais qui n'arrive pas a la cheville d'Angkor Wat par exemple. Mais c'est qu'il faut y passer du temps et c'est surtout les deux tombeaux des empereurs surplombant le site et directement découpés dans la montagne qui sont vraiment impressionnants. Ce sont d'énormes fresques verticales de plusieurs dizaines de mètres représentant le prophète accompagné de la pleine lune, imploré par le roi soutenu par ses 27 consuls, ainsi parlait Zarathoustra. C'est Reza et son pote, des iraniens en vacances que je rencontre sur le site qui me racontent tout ça, ils sont super sympas et me proposent de rentrer avec eux sur Shiraz. Nous contemplons une dernière fois tous ces cailloux baignés par le soleil couchant dont les créatures étranges prennent des allures troublantes et magnifiques, ça y est je ressens l'énergie des lieux et retire ce que j'ai dit  à propos de sa non attribution du titre de "merveille du monde". Reza et son pote me payent évidemment toute la soirée sur Shiraz et m'entrainent jusqu'au mausolée du poète Saadi ''the best poet of all over the world'' dixit  Reza qui vit un moment crucial de son existence. Comme les ados qui vont sur la tombe de Jim Morrison au Père Lachaise, il vient vénérer la larme à l'oeil un poète classique d'il y a 800 ans. C'est touchant et assez inattendu pour des jeunes de mon age. Mais avec tous ces trucs ''les plus'' ou ''les premiers de toute l'histoire de l'humanité'' je ne suis pas au bout de mes surprises.


Publié à 02:16, le 19/10/2008, Yazd
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