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un terrien sur terre
hay sol y luna

Le monde merveilleux des expats

Pendant un mois je mets mon sac à dos au vestiaire, pour rejoindre le milieu des ONG. Hebergé par mon oncle Martin et sa famille a Phnom Penh, je viens pour réaliser en  tant que volontaire un film pour Aide et Action Asie du sud-est. C'est la première fois que je répond a un film de commande. Le deal: boucler en un mois un film de 20 minutes présentant concrètement les programmes de l'ONG sur le terrain. Pendant une semaine je développe  le projet avec le chargé de communication, Ussa un franco-khmer de 30 ans qui devient rapidement mon assistant sur le film. L'idée est de faire le portrait de différents enfants dans des écoles spécialisées pour sourds et aveugles financées par Aide et Action. Entre Phnom Penh et Battambang (la 2eme ville du pays) on va suivre le quotidien d'une adorable gamine sourde de14 ans, Lina et d'un grand gaillard aveugle de 23 ans, Sovath. Je me retrouve projetté dans l'univers  de ces enfants, que j'appréhendais un peu au départ m'imaginant une ambiance triste et pesante du fait de leur handicap. Quelle ne fut pas ma surprise en trouvant ces gosses enjoués, souriants et prets a tout pour pallier a leur problème physique. Ils ont des formes d'expressivité fascinantes, très fines et précises avec un humour décapant. Le langage des signes est assez théâtral et comme le dit un des profs pour sourds en interview souriant : ''Avec les sourds, c'est un peu comme dans un film de Charlot!''. Les aveugles sont des musiciens hors pairs et s'arment de beaucoup d'autodérision pour dédramatiser leur cécité, qui peut parfois cacher une histoire dramatique d'explosion de mine pendant la guerre par exemple. Plusieurs heures d'interviews et de portraits passionnants, à transcrire et traduire du khmer au francais en passant parfois par l'anglais, un meli melo linguistique qui prendra toute son ampleur au montage, où je me retrouve a faire du ping pong entre différents interviews en khmer avec mon monteur, Bora, qui tente tant bien que mal en anglais de me donner les points de coupe pour que tout cela ait un sens. J'ai quand meme au final réalisé un film de 30 minutes dans lequel je ne pige pas un mot de ce qui se raconte! A priori, le sens du propos est conforme a ce que nous voulions : montrer du terrain et du concret ce qui n'est pas evident pour une ONG comme Aide et Action dont l'activité se passe principalement dans des bureaux et consiste dans de la collecte de fond et de la logistique. Martin me le dit lui meme ''on fait un peu ce qui est intello et on reste dans l'ombre''. C'est une reelle politique dducation et de développement qu'ils essaient de mettre en place avec les ONG qu'ils financent. Aujourd'hui il y a près de 2000 ONG au Cambodge (et je ne me trompe pas d'un zéro!!) et le temps de l'auto évaluation est venu, il faut légitimer les activités et voir si les programmes fonctionnent. Trop d'associations foncent tête baissée sans trop réflechir a ce qu'ils font vraiment et restent a bosser entre expats en reseaux fermés. C'est justement l'un des objectifs d'Aide et Action qui désire que le travail soit rela par des acteurs locaux et le gouvernement pour arrêter l'assistanat de type néo colonial. Ces expats en ONG sont généralement des gens ultra motivés, cultivés et brillants avec des parcours internationaux assez atypiques et que je cotoie ici a Phnom Penh. Ca sent souvent l'utopiste et pas mal le gaucho, chez ces solidaires bien décidés a changer le monde. C'est aussi un peu une secte, car ils font tout ensemble, certains vivent, bossent et sortent ensemble. Du resto russe, au café concert en passant par le bar branché pour finir en ''boite'', l'ordre diffère selon les soirs, mais les lieux restent identiques, généralement fréquentés a 100% par des expats. C'est qu'ils veulent aussi pas mal s'éclater, certains ont des semaines bien chargées, et de se sentir loin de chez soi pousse a se désinhiber et faire des choses qu'on ne ferait pas ou qu'on ne pourrait pas faire en Europe (rouler sans casque ou sans permis par exemple) La plupart du temps, ils mènent la belle vie avec des salaires décuplés par rapport a ceux des locaux, de belles baraques avec du personnel. Dans lesquelles tu ne peux pas entrer ni sortir sans réveiller un gardien qui vient t'ouvrir, ce qui m'a valu quelques attentes folklo devant la maison a trois heures du mat un peu éméché le temps que la bête se réveille ! Je parle ici des gens un peu installés, qui ont obtenus de bons postes dans leur boite, pas des 20/30 ans comme moi qui débarquent comme stagiaire ou en contrat local, qui eux vivent un peu plus a la roots.

Je peux difficilement oublier les départs en moto dop le matin cheveux au vent sous trente degres, les coupures de courants quotidiennes qui donnent du temps au temps et les petits apéros entre collègues le soir près du kong qui laissent planer une certaine sensation de liberté.


Publié à 06:05, le 8/04/2008, Battambang
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