Toujours plus a l'ouest...
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un terrien sur terre
hay sol y luna

Bonne vielle Europe

Dernières lignes plus ou moins droites de ce toujours plus a l'ouest, a travers l'Est historique de cette bonne vielle Europe. Me voila donc déambulant comme un zombi dans les rues sinistres de Bucarest dont les vestiges de l'architecture communiste ressemble sous les lumières de l'aube a Tchernobyl après la catastrophe. C'est gris, les visages sont ternes, usés, fatigués, pas encore remis de chienlit du régime de Ceaucescu, un building de verre ultramoderne trone comme un ovni, les batiments désafectés sont recouverts par des pubs géantes, un vrai cache misère. Mon ami Dorin me dira "Je crois que vous ne pourrez jamais imaginer ce que l'on a vécut, il faut l'avoir vu pour y croire". Je le rejoins chez lui a Sibiu ou il travail comme prof de francais a la fac après 10 ans passé en France, ce n'est plus vraiment un roumain mais bien un libre penseur qui ne peut pas avoir un regard complaisant sur son pays gangrainé par la corruption et la morale religieuse. Pourtant la Roumanie est vraiment un pays attachant et la Transylvanie une région magnifique, dont Sibiu qui était capitale mondiale de la culture l'année dernière relève d'un cachet architectural de toute beauté. Ses maisons imposantes aux toitures de plus de cinq mètres de haut donnent aux mansardes la dimenssion d'imposants talus dont les persiennes percées sur les tuiles arrondies recouvertes de mousse, s'ouvrent comme des paupières, c'est la spécialité de cette ville que l'on nomme poétiquement "les yeux de Sibiu". Les couleurs automnales et la légère bruine donne un charme envoutant aux rues étroites de la cité dans lesquelles on se ballade le nez en l'air a croiser le regard de ces velux d'atant. Après 2 nuits entières de discutions passionées avec Dorin qui ne garde pas ses idées dans sa poche, j'embarque dans un train pour Budapest pour tenter un petit crochet a Cracovie avant de rejoindre mon frangin a Berlin. Mais ca y est les transports sont a présent hors de prix et le Bucarest/Berlin coute plus cher qu'un Téhéran/Bucarest !? Je renonce donc a la Pologne dont le cout du billet de train est un bel exemple du n'importe quoi des prix du réseau férré européen dont n'importe quel trajet international revient plus cher que d'emprunter l'avion ! Honte sur l'espèce humaine ! Et je pense qu'un jour on va payer au prix fort ce genre d'inepties. Budapest dont je ne verrais que l'axe principal et la gare ressemble a un voyage au temps de l'empire Austro-Hongrois avec des monuments colossaux parfaitement conservés, attachés a une période de l'histoire nettement plus esthétique que les barres grisatres genre Sarcelle, credo architectural du communisme. Avant dernier trajet jusqu'a Berlin pour venir découvrir l'univers quotidien de mon frère Romain expatrié depuis déja deux ans au pays de la wurtz et de l'écologie. Le choc est moins grand qu'a Istanbul, mais Berlin qui est un éternel chantier s'est métamorphosé depuis ma dernière visite en 2002, depuis il y a eu la coupe du monde et l'inauguration de la nouvelle Posdamplatz réabilité en complexe ultra-moderne. Mais Berlin est un village comme aime a le dire mon frangin, ou l'on croise des connaissances a tous les coins de rues malgré la vaste étendue de la ville. Ici c'est le règne des collocations et des virées entre djeunes cool, je découvre un appart de 150 mètres carrés a 700 euros par mois ou Romain vit avec quatre copains, copines avec qui il débite dans un allemand plus que convenable des conversation ambaince sympa dans la cuisine autour d'une caisse de bière. Cette ville est un vrai paradis pour étudiants et quiconque voulant mener une vie un peu bohème et alternative, on y trouve une forme de libertée et une tripopté de bons plans incomparable avec Paris. Loyers modiques, vastes espaces verts, parcs ouverts jours et nuits, jardins privatifs en centre ville, naturisme et sound-system installé dans la rue en été, squatts d'artistes et graffiti pas réprimandé dans les blocs de bétons ex-cocos, et mythique soirées electro, éclectiques et tardives ou les punk a chien cotoient jeunes turcs au style hip-hop, dans un meltingpot me paraissant assez rare en Europe. Les berlinois ont l'air bien plus citoyens, tolérants et de bonne humeur que nous, sa picole dans la rue et les transports en commun sans scrupules mais sans bavures, tout part au recyclage, a la consigne, il n'y a pas d'aggressivité latente, de bousculades et la communauté turc qui sont en gros les immigrés de la-bas ne cultivent absolument pas un style racaille et violent vis a vis des autres, de la dire qu'il n y a aucun problème d'intégration il y a une marge, mais ca reste encore une fois bien loin des ambiances tendues qui peuvent planer a Marseille ou Paris. Bref, il y a de quoi se poser sérieusement la question de l'expatriation, ce déracinement volontaire auquel je suis confronté bon gré, mal gré depuis huit mois avec une bonne dose de nomadisme. Mais je n'ai plus qu'une idée fixe : Il est grand temps de rentrer, de poser une bonne fois ce sac a dos au vestiaire et retrouver ma bonne vielle existence de parigot au bout de la dernière ligne droite. Le cheminement interminable mais progressif m'a deja fait passer de l'échelle de terrien a celle d'eurasien, puis d'européen, a celle de francais puis de parisien après avoir je posé les pieds a la station de bus de porte de Bagnolet.

Le choc en a été amoindri...peut etre...je ne sais pas, car le plus hallucinant au final c'est d'entendre une petite vielle sortir un "Oh mais vous savez ya plus de saison de mon bon monsieur!" ou un cafetier lancer " un expresso et deux allongés pour la 14, s'il te plait Bruno !" Ca ca fait quand meme quelque chose ! Cette langue de Molière qui faisait de moi un éternel étrangé aux yeux des autres est maintenant l'expression meme de mon identité et ma cohésion verbale avec mon pays qui n'a pas changé. Toujours aussi propre malgré les chiures de pigeons sur les balustrades Hausmaniennes et bavard malgré le silence oppressant du métro aux heures de pointes. Il m'a fallu uniquement ces petits détails pour comprendre que j'étais rentré et une nuit d'orgie festive comme démonstration de l'amitié enfin retrouvée avec mes acolytes de toujours, pour découvrir au petit matin en titubant dans les ruelles de Montmartre que je vis depuis 27 ans dans ce que l'on nomme internationalement "la plus belle ville du monde". Je n'aurais pas imaginé découvrir dans l'ultime étape de ce voyage, qui n'était ni plus ni moins que mon retour au bercail le décor le plus magnifique et évadant de tout mon périple. 

Bonjour / Aurevoir mon petit / grand voyage !

 


Publié à 01:05, le 25/10/2008, Berlin
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