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un terrien sur terre
hay sol y luna

Une percée sur le Pacifique

La Colombie est le seul pays d'Amérique du sud (sans compter le chiquito cap Horn argentin) qui comporte un acces sur les deux océans : Pacifique et Atlantique. La cote Pacifique a cette particularité de n’avoir qu’un seul point d’acces a la mer par le port de Buenaventura. Le reste de la cote est tres sauvage, les falaises et la jungle a meme le bord de l’eau ont permis a quelques villages de pecheurs parsemés et uniquement accesibles par  bateaux de s'établir. Cette cote est un paradis sauvage et natural, aussi pour les narcotraficants qui ont des kilometres a perte de vue pour accoster paisiblement. Autre particularité, dans toute cette partie du pays, la quasi totalité de la population est d'origine africaine, si bien qu'on se croirait aux antilles. Ces populations noires sont a l'origine les anciens esclaves du nord de l'époque de la colonisation qui sont venus se réfugier dans cette région dont personne ne voulait. Maladies, humidité constante et nature difficilement maitrisable n'ont pas permis une expension de dingue mais plutot un mode de vie sommaire et du bricolage. On nous a recommandé de faire une halte dans le petit village de San-Cypriano un peu avant la cote dont la riviere bordé de jungle est apréciable. C'est sous une pluie battante qu'un bus nous largue a un croisement pour prendre le moyen de transport le plus dingue que j'ai jamais vu jusqu'a ce jour : la moto-train. En effet, le seul moyen de joindre le village est une voie de chemin de fer...sans train, la population a donc inventé un astucieux moyen de transport composé d'un chariot en bois posé sur des roulements a billes rouillés et encastré sur une moto dont la roue fait contact sur le rail, un genre de side-car de fortune quoi ! Un long travelling a travers la jungle ou il vaut mieux regarder le paysage que ses pieds qui se maintiennent entre les baggages débordantes, sur un centimetre carré, défilent sur les rails de ce chariot de la mort. Des qu'on croise un de ces engins qui arrivent en face, il faut jouer la courtoisie (car il n'y a qu'une voie) et un des moto-train est soulevé et sortie de ses rails par tous son équipage pour laisser passer celui qui arrive en face, une séquence digne de Kusturica. Le village de San Cypriano est composé de maisons en bois sur pilotis avec balcons et escaliers extérieurs. Les baraques sont toujours plus ou moins en travaux , ca cloue, scie, rafistole ou assemble des planches, les gosses en slip jouent dans les flaques ou jettent des cailloux dans les arbres pour en faire tomber les fruits. La nonchalence a l'africaine est bien présente aussi, tout le monde accablés par la chaleur humide végete devant la télé hallumée non-stop. Humide et végétatif resteront les qualificatifs de San-Cypriano. On embarque dans notre moto-train pour rejoindre Buenaventua ou un bateau nous emmene vers les plages de Ladrillejos et la Barra "les stations balnéaires" du Pacifique. A l'embarcadaire, puis perchés en meute sur les arbres du bords des falaises, on peut observer des goélans avec leurs becs a gloitres, gigantesques quand ils déploient leurs ailes, qui plongent a pic dans la mer subitement pour attraper a coup sur un poisson. On retrouve a Ladrillejos la meme humidité étouffante qu'a San Cypriano qui pousse au farniente, d'autant que c'est la basse saison, le calme absolu. L'océan est bouillant et ses vagues ravigorantes, on poussera la promenade jusqu'a la plage de la Barra, un véritable bout du monde ou les cabanes en bois paraissent désertées. On assiste a une scene sympathique, ou deux gamins grimpent agilement dans des cocotiers pour faire tomber les noix qu'ils offrent ensuite a leurs copines. D'un coup de machette les noix de coco sont décapitées et se transforment en bols dans lesquels on peut siropter directement le jus. La nature est vraiment riches et abondantes dans cette partie de la Colombie ou peu d'étrangers s'aventurent, les autochtones y vivent un peu repliés dans un mode simple et contemplatif . Au soleil couchant, on déambulele long de l'immense baie dans les reflets roses du ciel, une carte postale de l'océan paisible, la seule visible de toute la cote Pacifique du pays.


Publié à 22:05, le 30/04/2010, Buenaventura
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