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un terrien sur terre
hay sol y luna

Copacabana, le Titicaca en terre bolivienne

    Depuis Puno, la vue sur le lac est nettement moins belle qu'à notre prochaine étape Copacabana, première ville bolivienne de l'autre côté de la frontière. La route en mini-bus est d'ailleurs somptueuse, on suit les courbures du lac orné de champs maraîchers s'étalant sur une centaine de mètres entre la rive et la côte, enfin un peu de vert. Le lac est vraiment impressionnant, on croirait la mer. Après le passage de la frontière où j'ai encore droit à une reflexion sur le piteux état de mon passeport, faut dire que la migracion de Miami me l'a un peu achevé. Nous arrivons soleil couchant, dans le joli petit village de Copacabana. Une église gigantesque aux allures de mosquée s'impose au centre, dont s'échappe une artère touristique néanmoins sympa, blindé de shops de bijoux et sapes artisanales descendant jusqu'à notre bon vieux Titicaca. L'ambiance et douce et très baba-cool, les premiers instants boliviens sont apaisants. Ici, ça fusent d'argentins, ceux sont un peu les israéliens d'Inde, les travellers d'Amérique latine qui ont nettement plus de thunes que leurs voisins. Contrairement aux autres pays (le Brésil étant à part), l'Argentine et le Chili sont à majorité écrasante d'hispaniques et largement plus développé, ceux sont à peu de choses près des pays complètement occidentalisés, c'est donc bon plan que de venir voyager en Bolivie et au Pérou étant donné la différence de pouvoir d'achat. Ils parlent la même langue et offrent un dépaysement et un côté traditionnel parfait pour les vacances. C'est exactement le même phénomène pour les jeunes français qui partent au Maroc ou plus près en Espagne. Bon, j'arrête ma socio de travellers de comptoir, mais comme toujours l'auto-analyse de mon état de blanc à l'étranger m'obsède et je me sens obliger de la ressasser sans cesse pour éviter les faux pas. Le lendemain après un petit dej dans les mini-cantines du marché où l'on mange des beignets frient au fromage et du « pseudo-café », mieux vaut opter pour le maté, un thé infusé sous forme de feuilles séchées (de coca notamment) ou émiettées. Les argentins, encore eux, sont des inconditionnels du maté qu'ils consomment de façon addictives toute la journée. Ils se trimbalent toujours avec leur thermos d'eau chaude, leur sachet de maté et une tasse métallique dans laquelle ils font leur mixture. Puis avec une paille toujours en métal, plissée et courbée, ils ingèrent leur breuvage. Pour finir avec le chapitre bebida, comment se fait-il qu'il n'y a pas de café ni ici, ni même au Pérou ou même en Colombie, alors qu'on se régale en Europe quotidiennement de ces nectars ? Et bien tout simplement parce que c'est nous qui en buvons l'intégralité ! Presque 100% de la production de café sud-américain (idem pour le chocolat) par directement en Europe, merci la prodigieuse politique d'exportation de priver ses concitoyens de leurs propres richesses, et en plus, j'ai la tête dans le cul ! Bref, nous partons donc visiter Copacabana, cherchant une vue plongeante sur le Titicaca.   

                                                                         

Suivant nos instincts au départ d'une église qui laissent place à un chemin hyper-raide  pavé gravissant la montagne, des stands d'offrandes kitshs et petits autels guident nos pas. Je retrouve le même genre d'ascension spirituelle que celle du Monkey Temple de Katmandou. Arrivée au premier sommet, un gros crucifie avec un mini-lama broutant dans un enclos nous accueille et laisse place à un belvédère magnifique dévoilant l'immensité du lac, on se croirait face à l'océan. On continu l'ascension vers le sommet à travers les rochers et on comprend en définitive que nous sommes bel et bien sur un chemin de pèlerinage. A tous les recoins, un petit message de Jésus nous explique comment on va en chier grave dans la vie, bouquet final à l'arrivée où une succession de croix de trois bons mètres de haut s'intitulant chacune « douleur n° x » jusqu'à la n° 13, abritent des scènes du christ où effectivement il en chie à mort. Sur les côtés, il y a des petites cases en pierres plates où les fidèles viennent y bruler des chandelles, jusqu'au derniers éperon au sommet rempli de petits stands. Il s'y vend pleins de petites bricoles forts étonnantes : des camions en jouets, des maisons miniatures, des marionnettes kitshs et mille et une boissons. Les boliviens s'y réunissent en cercle pour discuter tel un cérémonial collectif. Ils boivent de la bière en en versant sur le sol tout en murmurant des prières . Une vue imprenable à 360 degrés sur le Titicaca s'offre à tous. On découvre une dernière terrasse où des familles construisent des sortes de maquettes avec branches, ficelles, jouets et personnages miniatures, du type maison aux esprits. Chacun renverse son verre à quatre points distincts avant de le boire, certains secouent leurs bouteilles gazeuse s et aspergent littéralement les maquettes puis font exploser des séries de pétards. Un homme nous explique que c'est une tradition pour remercier la Patchamama ( la Terre mère ) de nous donner la vie et d'assurer notre avenir, puis il nous invite à en faire autant et nous tend un verre. Après ce rituel surprenant, nous redescendons notre montagnette pour aller déguster du superbe poisson fraichement pêché dans le lac. Avant de prendre notre bus pour la Paz, on aimerait bien faire trempette, mais pourquoi personne ne se baigne dans le lac ? On va quand même s'y plonger les pieds sur un petit ponton. Effectivement, l'eau est bien froide et il y a pas mal d'algues en suspension, de là a ne pas se baigner... Tanpis c'est l'heure du bus. La route sinueuse sur la cime montagneuse est encadrée de part et d'autre par le lac, c'est tout simplement splendide. Le clou du spectacle c'est quand la cordillère royale des Andes apparaît à nos yeux. On croirait que les montagnes enneigées surgissent littéralement de l'eau baignées dans les nuages. Merveilleux. Une petite revanche avec Phokara (Népal) où ce même type de spectacle est visible avec les sommets de l'Annapurna, mais dont j'avais été privé pour cause de saison des pluies. Montagne un jour, montagne toujours, nous voila perché dans les hauteurs pour un bout de temps.

 


Publié à 03:22, le 4/02/2010, Copacabana
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