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Namasté ! Chapeau bas les Népalais

 

NAMASTE = ''Que l'ensemble de vos qualités soient bénies et protégées des dieux.''

Autant dire que les Népalais ne s'oublient avec une attention d'une telle envergure pour quand ils te saluent !
A quoi reconnaitre un Népalais ?...physiquement...difficile...les hommes...car malheureusement les femmes sont un peu des fantomes...je vais tenter une description encyclopédique...partons dans le stéréotype :
Le népalais est petit, maigre, souple, la peau mate, cheveux bruns lisses, yeux très noirs.......avec ca on est bien avancé!
Il n'y a pas de physique type népalais, ils sont le fruit dans grand métissage. Sino-tibétains venant du nord, indiens venant du sud, ce peuple montagnard oscille en apparence entre les deux, pour s'enticher au final d'une sacrée identité de durs au coeur tendre.

Reprenons la description...: Grand sourire, point rouge au milieu du front et Namasté...oui mais ca c'est aussi valable pour les indiens. Ah ! ca y est j'ai trouvé: leur petit couvre-chef! Le Népal a son chapeau traditionnel que la majorité des hommes respectables, d'un certain age portent chacun a leur manière. 

                                                   

C'est une sorte de beret de la forme de ceux de nos chers CRS, mais la comparaison s'arrete immédiatement car la non-violence (influencée par le Tibet ) est bien réelle et le bleu marine de la répression est ici un arc en ciel de couleurs. Les motifs abstraits, saumons, turquoise, vert-gris, en zig zag, tachetés décorent cette petite calotte posée sur le crane qui les rends bien rigolos tellement certaines sont kitsch. Les népalais sont des crèmes a l'instar des laos, un peuple uni par la petite taille de leur pays qui reste humble perché sur le toit du monde. Mais aussi un peu survolté dans leur misère, un coté punk quoi... Tatoués, percés, cheveux longs et trés critiques, en tout cas face aux évènements qui mouvementent le pays en ce moment. Ils ont quand meme virer leur roi les lascars et tentés de changer le parlement fossilisé au pouvoir depuis trop longtemps. Pour le moment les maoistes ne sont pas officiellement au pouvoir, mais la majorité de la population y tient dur comme fer. D'autant que comble de l'affaire, le vice-président en fonction (il n'y a pas vraiment de droite, c'est donc un socialiste, en sachant qu'ici les étiquettes de parti sont un peu aléatoires) a fait une bourde monumentale en faisant un discours public en Hindi. Ils nous en parlent, s'emballent, s'insurgent car c'est le point sensible, le Népal historiquement est un sous fifre un peu méprisé du géant indien, il est hors de question de se rabaisser en parlant leur langue pour les flatter. Donc tensions, militaires a tous les coins de rue, on assiste a quelques altercations et on se fait meme prendre dans une manif. Du coup les relations diplomatiques de voisinage  ne sont pas au top et il s'ensuit une crise du pétrole sans précédent car l'Inde qui fournit l'intégralité du carburant a coupé les vivres pour marquer le coup. On se croirait dans Mad Max, il y a des files d'attentes de camions et motos de plusieurs kilomètres devant les stations services protègées par les flics. L'essence est distribuée au compte goutte, le prix du litre étant passéde 0,6 a 1,60 euros en 2 semaines ! Les chauffeurs dénoncent un crime et tout le monde reste préocupé mais aussi serein comme a leur habitude. Ca fait du bien de rencontrer des gens qui parlent de leur pays avec un regard critique, exprimant leurs opinions avec intelligence et lucidité. C'est le première fois depuis mon départ que j'arrive a faire sauter le masque convenu et policé que l'on entretient avec les touristes, notament en Asie du Sud Est. A l'inverse, ils sont curieux de connaitre la réalité de l'occident, comparant nos modèles et on finit par un quart d'heure philo a chercher comment pourrait on faire une bonne synthèse de tout ca. Je ne sais pas si c'est l'actualité politique qui éveille les esprits, mais en termes d'évolution des mentalités en Asie, ils me paraissent avoir une longueur d'avance. Chapeau bas !

 

Un petit morceau de manif a Katmandou filmée a l'arraché...

 

MANIF A KATMANDOU


Publié à 02:11, le 4/09/2008, Katmandou
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Katmandou et sa vallée...

 A peine atterri au petit aéroport miteux de Katmandou, on sent immédiatement le changement de civilisation. Les peaux sont mates, tout est vieillot et bordelique, bref ce qu'on appelait jadis le "Tiers Monde". On se fait bringueballer dans les nids de poules de la route défoncée à bord d'un petit taxi jusqu'au centre ville. Ca klaxonne dans tous les sens et le traffic routier est un grand n'importe quoi, mais rien à voir avec Saigon ou Bangkok car les rues sont étroites, (l'équivalent de rues pietonnes en France) ce qui n'empeche pas pour autant les vehicules et les pietons de s'embourber dans la cohue générale. On le comprendra vite par la suite, Katmandou n'est en réalité qu'une succession de villages qui a subi un boom urbain assez récent. Volailles, cyclo-pousse et grosses cylindrées cotoient la masse humaine qui déambule dans le centre historique qui ressemble à un grand bazar moyen-âgeux. L'architecture des petits édifices reste très traditionnelle avec boiseries sculptées d'un grand raffinement sur les balcons, mansardes et fenetres. C'est le soukh à l'orientale dans toute sa splendeur où l'on vend, négocie, pèse et mesure avec des vieilles balances d'apothicaire et des gobelets en fonte que l'on remplit de graines et légumes. Papy flane inerte, papa joue aux cartes, frangin tripe sur sa vieille bécanne et maman lustre une vieille lampe ou il ne manquerait plus qu'un génie en sorte de se croire dans les mille et une nuits. On se rapproche de plus en plus du Dubar Square: la place des temples historiques de Katmandou. Sur le chemin on a déjà croisé quelques lieux de cultes avec prières encens entre les mains, offrandes multicolores et colliers de fleurs que les adeptes agitent autour de droles de monuments carré tout en hauteur ou les petits toits s'accumulent en étages, entourés de petits bougeoires ou chacun vient allumer sa flamme spirituelle. Au Dubar, c'est l'effervescense. On retouve les memes droles de monuments mais en taille XXL. La subtilité qui s'en dégage est difficile à décrire: ils sont ornés d'une multitude de personnages divins sculptés dans les poutres ou incrustés dans la pierre. La moindre porte ou fenetre prend des formes hyper stylisées, grillagées en bois, obliques, en zigzags mélant différents matériaux où le regard peut se perdre pendant des heures. C'est très dense mais jamais trop chargé. Cerise sur le gateau, on laisse la nature faire, ce qui donne un joli duvet de verdure poussant sur les tuiles des toits et des mottes d'herbes surgissent dans tout les recoins. Ce Dubar ainsi que celui de Patan et Baktapur, plus loin dans la vallée, ont evidemment eu le droit à leur tampon UNESCO qui a du pain sur la planche car malheureusement le karma de ces oeuvres architectural est en totale décrépitude! On passe parfois chagriné devant des somptueuses batisses écroulées. Faut-il restaurer et reconstruire alors que c'est le coté vétuste qui donne tout le charme ? On part ensuite visiter le Monkey Temple à quelques kilomètres du centre ou l'on découvre ce qui à mon avis fait la légende de Katmandou et de son mysticisme. Déjà sur les marches abruptes qui gravissent la colline jusqu'à la stupa, on croise un bon nombre de sadhus et autre prédicateurs de bonne aventure vendant l' attirail du parfait illuminé ( chapelet, encens, pendentifs et statuettes divines) ainsi que les premiers macaques. On suit les guirlandes de drapeaux multicolores que l'on trouve partout dans le décor népalais puis on arrive à la stupa: cet immense dome blanc sur lequel est posé un cube dont chaque face comporte une peinture des yeux de bouddha, avec une antenne métallique en guise de cime ou sont reliées les guirlandes de drapeaux qui flottent au vent. C'est magnifique aussi de par sa simplicité épurée, et quel spectacle car nous tombons pile le jour du grand nettoyage de printemps. Des dizaines de femmes sont en train de briquer avec une sacrée huile de coude tout le monument ! Une cloche sonne, tout le monde s'arrête et s'asseoit en cercle autour de la stupa: c'est la pause déjeuner. On distribue la potée dans des feuilles de bananiers tandis que les singes surgissant de partout en faisant la pirouette viennent jouer les pique- assiettes. Pas effrayés pour un sou, ils viennent jusqu'à fouiller dans ton sac pour y trouver un truc à se mettre sous la dent. L'omniprésence des corbeaux croassants que l'on retrouve partout au Népal en rajoute encore un peu en volant en cercle au dessus de ce spectacle déroutant. On comprend aussi que c'est le grand brassage religieux ici, on a l'impression qu'il n'y a pas de culte principal mais que tout le monde pioche un peu dans toutes les bigotteries: Indhouisme evidemment avec des représentations de Shiva, Ganesh, Vishnu à tout les coins de rue mais aussi Boudhisme tourné vers le Tibet dont les népalais soutiennent mordicus la cause, brandissant des portraits du Dalai Lama à tire- larigot. On ne distingue pas vraiment de hiérarchie ni meme d'organisation cléricale mais plutot une espèce d'autogestion spirituelle ou tout le monde met sa petite pierre à l'édifice: l'un lance un mantra, l'autre un plateau d'offrande dans la rivière et le dernier badigeonne le front d'un point rouge à tous ceux qui s'aventurent sur son passage, tandis que certains s'improvisent sadhus ou precheurs au jour le jour. Gare aux charlatans pour touristes illuminés et un peu crédules! Le clou du spectacle se trouve à Pashapatunath, le lieu des crémations dans lequel nous sommes tombé en pleine cérémonie du jour de Shiva. Un jeune guide improvisé nous éclaire un peu sur les castes, l'hindhouisme et les cultes religieux au Népal qui paraissent etre un sacré sac de noeuds pour tout le monde. Une file d'attente de plusieurs centaines de mètres se bouscule à l'entrée du temple ou l'accès est interdit au non indouhistes. Du haut des gradins qui longent la rivière grise on apercoit un peu l'intérieur du temple ou des femmes dansent au son des percus et ou chacun y va de son offrande et sa prière. Certains se jettent dans la rivière sacrée en rigolant alors que quelques mètres plus loin un feu brule lentement le corps d'un défunt sous les yeux de sa famille en deuil. Plus haut, les sadhus méditent. Ce coup ci, c'est pas des sadhus en toc: la peau sur les os drapés d'un sari ocre, barbe de père Noel et dread locks jusqu'aux pieds, ils méditent shiloms au bec, le corps recouvert de cendre scrutant le vide avec leur visage marqué et barbouillé de maquillage jaune rouge et blanc. En ajoutant à ça toute la ménagerie des corbacs, singes, chiens et vaches sacrées, la fumée, les pieds des cannabis sauvages et les quelques centaines de fidèles tous à moitié en transe qui fourmillent dans ce sanctuaire aux milles dessins, sculptures qui ornent chaque autel, temples alignés, symétriques autant que délabrés et anarchiques, je peux vous dire qu'il faut s'accrocher à sa boussole pour ne pas perdre le nord! Katmandou et sa vallée sont à la hauteur de leur mythe, cette Mecque de la route des Indes qui a fasciné plus d'un hippie et autres déracinés à la recherche de je ne sais quoi. De retour à Thamel, le quartier touristique où les routards posent leur sac, on est à 100 000 lieues de l'authenticité népalaise découverte jusqu'à présent tout en restant aussi dense et anarchique que le reste de la ville avec boucan à profusion émanant des klaxons, des bars concerts et des rabatteurs qui t'alpaguent tout les deux mètres. Il faudrait faire un concours avec Kao San Road à Bangkok, du quartier le plus "ghetto à touristes". Un shop de sapes pour babos succède à un "Décathlon" pour trekking, puis un restau suivi d'un étal de bibelots orientaux et ceci sur des centaines de mètres au fil des rues. Ce n'est surement pas ici qu'on trouve un havre de paix après un crapahutage intense dans les bains de foule de la vallée. De toute facon Katmandou c'est une expérience frénétique en permanence, pas le temps de souffler et quand ca vous monte trop à la tête c'est qu'il est temps de partir en trek pour profiter du calme des montagnes!  Le Nirvana après l'éveil spirituel...

katmandoupusher from Toujours + à l'ouest on Vimeo.

 


Publié à 02:54, le 26/08/2008, Katmandou
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