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Dans la peau de mon passeport

 Coup de tête, impulsion, réfléchit mais en vitesse...pour un départ à l'arrache, c'est un départ à l'arrache ! Je ne sais pas si c'est parce que c'est mon second « grand départ », et que du coup j'en fais moins un patacaisse, mais toutes les choses primordiales et qui m'ont tant hanté la dernière fois ne m'ont pas spécialement fait tilter cette fois, excepté le sacro-saint accessoire incontournable du voyageur : mon passeport. Cette foutue relique passe-frontière me fait faire des cheveux blancs depuis deux mois...passera, passera pas ? Après triple confirmation des préfectures, antennes de police, ambassade des USA, verdict : ça doit passer. Donc je ne le refais pas malgré que je redoute grandement la parano sécuritaire des Amerloques de Miami vu l'état de ma photo et ma collection de visas de pays musulmans. Pas besoin d'attendre Miami, ça commencera dès le sordide port de Calais pour traverser la Manche en direction de Londres. La douanière rosebeef scrute avec sa mini-loupe le moindre détail du livret et me dis que pour elle c'est bon, mais que ça risque d'être sport à chaque frontière et surtout aux US. mais pour le moment, c'est à bord du ferry que nous savourons Marine et moi notre largage d'amarres du continent autour de quelques bières en récapitulant les clauses de la première semaine du trip. Trois jours à Londres pour visiter nos amis respectifs, envole pour le Pérou vendredi 15 via Miami pour atterrir à Lima. Départ après un petit repos de quelques jours à Lima pour la Bolivie, objectif La Paz. Une fois accosté et propulsés dans la folle capitale, je découvre le quotidien de mes loustics Clarisse et Josselain qui vivent depuis trois ans à Londres et qui ont récemment emménagé dans un superbe loft en coloc avec deux grecs. Direction le Kick, le bar dont Josselain est maintenant l'un des managers pour se faire payer quelques tournées de bienvenue à l'oeil (pour ceux qui connaissent les tarifs prohibitifs de Londres, c'est plutôt un bon parti). Ce bar est à l'image de la ville : hyper cosmopolite au point qu'il est difficile d'y croiser des anglais. Je retrouve assez rapidement mon english de traveller et cause plutôt aisément avec les autres étrangers, mais quand il s'agit de parler avec des rosebeef pur souche, aie, aie, c'est une autre paire de manche. On est facilement paumé dans cette vaste cité tentaculaire où l'on oublie de regarder à droite a avant de traverser. Par contre, il faut relever que les londoniens sont extrêmement aimables et souriants comparés à nos bougons de parigots. En définitive le programme se résumera à peu de tourisme mais plutôt des moments paisibles et conviviaux entre friends. Après les derniers jours frénétiques à cavaler dans Paris, c'est le pied de zapper les Gaulois, d'éteindre son portable pour trois mois, et de glandouiller un peu avec les vieux potos. Et ce starting-block londonien se termine en beauté autour d'une superbe sushi-party dans le loft.           

                                                                                                                                        

 Puis le réveil sonne à 4h du mat pour un décollage outre-atlantique et une journée interminable. A l'aéroport de Londres aussi bien mes bagages que ceux de Marine sont passé au peigne fin. Il est vrai que le matos de tournage (perche, micro) peut paraître suspect, mais c'est une bouteille d'eau et des ciseaux à papier qui étaient les supposées armes du crime. Mais le clou du périple fut notre escale à Miami dont je n'avais pas eu tord de me méfier. Après avoir croisé une bonne quinzaine de flics dans les couloirs et remplis le fameux formulaire essayant de vous extirper le faite que vous êtes potentiellement terroriste, contagieux, violeur, toxicomane, kidnappeur et j'en passent, la nana du guichet découvre mon fétiche livret bordeaux et ses jolis visas orientaux : « You've been in Iran sir ? » me dit-elle d'un ton innocent. Je répond que oui et sans même ajouter quoi que ce soit, elle met mon passeport dans une enveloppe et le tend à son collègue qui me somme de le suivre et me prit de donner son billet pour Lima à Marine qui elle, peut aller embarquer. Je me retrouve dans une salle d'attente avec exclusivement des métèques et des gens avec des looks on va dire de « pauvres ». Je patiente une demi-heure, tout en signalement rapidement à une dame de l'acceuil qui prend note, que je vais raté mon avion. Deux minutes plus tard, je suis convoqué seul dans un bureau où m'attend mon flicard-fouille-merde personnalisé. Je me suis vraiment cru dans la première séquence de Scarface (celui de De Palma) quand Tony Montana se retrouve dans le bureau de l'immigration de cette même chère ville de Miami ( au point que je me suis demandé si la scène n'avait pas été tourné dans cette salle d'attente où je me trouvais ). Et là, c'est la totale : qu'est ce que je fais là ? Dans la vie ? Pourquoi ? Mes revenus ? Mon parcours en France ? Comment je vis à Paris ? Mes occupations ? Je m'attendais presque à ce qu'il me demande si je suis plutôt slip ou caleçon. Ca tourne complètement en rond ce questionnaire vu que je n'ai absolument rien à me reprocher, et que je mène une vie disons "normale". Au bout d'un moment je lui demande quel est le VRAI problème. Il me regarde d'un air aussi stupéfait que dégouté et me demande qu'est ce que je suis bien aller foutre en Iran et Pakistan. Bingo ! Nous y voilà ! Je lui répond aussi poliment que possible, que pour moi et mes compatriotes européens, ceux sont des pays qui suscitent une curiosité, débordant de culture et font partie de la mythique route des Indes que j'ai effectué à reculons il y a un an. Il commence à être gêné et forcé de constater que je ne suis ni musulman, ni dangereux mais que je suis juste aller dans des pays qui ne lui reviennent pas, lui et ses autres débiles de flics du monde d'amerloques de mes deux, mais dont la visite n'est pas que je sache, prohibée. Il me rend mon passeport et me laisse partir. Je lui place quand même une fois mon sésame entre les mains, que ces pays sont les plus accueillant, chaleureux que je n'ai jamais visités et que ce genre de suspicions me paraissent bien navrantes car de surcroix son pays pourrait bien faire l'effort d'en connaitre les réalitées avant de juger, et je cours attraper mon avion in extremis. Marine m'attend dans le hall d'embarcation au bord de la crise cardiaque. Ouf ! Ca y est on décolle, fini les psychopathes de la sécurité à nous la liberté ! Il est 15 h, heure locale et la journée n'est pas terminée.

 


Publié à 23:33, le 24/01/2010, Miami
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