Toujours plus a l'ouest...
Photos, vidéos, textes, ambiances des pérégrinations d'un globe-trotteur...

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Album photos
Archives
Mes amis

La carte des lieux visités





Mes albums

«  Mai 2018  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031 



Rubriques


Menu

SUBLASTART
un terrien sur terre
hay sol y luna

The magical mistery Annapurna tour

Le Népal c'est le pays du trek. Cette formule anglo-saxonne qui résonne dans la tete de tous les routards depuis le debut de leur voyage, n'est autre qu'une randonnée dans la langue de Molière, censée faire le tri entre les ''vrais'' et les glandeurs. A Katmandou, il y a des dizaines et des dizaines de shops qui se succèdent de l'attirail du parfait trekkeur : combinaisons de survie, chaussures a crampons, lunettes infrarouges et boussoles digitales pour partir faire l'ascension du toit du monde. Les grands classiques laissent reveur : l'Everest, la plus haute montagne terrestre ou le tour des Annapurnas qui viennent en deuxieme position. Les marchands de soupe te recommandent vivement un guide et des porteurs, un équipement spécifique en te mettant en garde du mal de l'altitude si tu n'es pas un alpiniste aguerri. C'est donc en écoutant ces bons conseils qu'on est parti seuls, sans équipement avec juste une carte du parc naturel faire le tour des Annapurna. Première experience de trek pour Laure et de guide pour moi, partant de Katmandou un beau matin de Juillet pour Beshishar la ville de départ du tour. Temps estimé pour la ballade 12 a 17 jours selon la cadence du gambadeur et si il opte pour l'option jeep a mi parcours jusqu'a Pokhara ville d'arrivée. L'étape cruciale étant le Thorong La a 5500 metres d'altitude depuis lequel on peut admirer la chaine des Annapurna quand la meteo s'y prete, c'est a dire pas pendant la mousson, c'est a dire pas maintenant. Mais ca ne fait rien car la mousson implique aussi d'autres avantages : c'est la ''low season'' donc baisse des prix et beaucoup moins de touristes voir pratiquement personne sur le chemin de trek. Personne, c'est a dire pas de trekkeurs, car en termes de locaux on croise une faune folklorique en permanence. Nous commencons donc a suivre le lit de cette riviere grisatre et tumultueuse qui ne nous quittera plus jusqu'a la fin. C'est un flot continu et hyperviolent de débit d'eau grise alimenté par la mousson et les inombrables chutes d'eau venant s'écraser dans les tourbillons incanalisables. C'est donc dans cette thématique aqueuse que l'ascension débute, tantot rythmée par les sentiers totalement inondés par les affluants du fleuve gris, qui obligent tous les cinquante mètres de jouer les aventuriers tranversant des cascades magnifiques coupant le chemin, ou de faire l'équilibre sur des petits ponts en bambous ou en sautant d'un rocher a l'autre. Jusqu'a 3000 mètres d'altitudes, il faudra exclure de ses pensées l'envie d'etre au sec et d'echapper a la nébuleuse flotteuse qui imbibe l'intégralité des affaires. Les ponts suspendus constitués de cables métalliques tendus au milieu des gorges a parfois plus de 50 mètres de haut, sont une autre curiosité qui ferait fuir plus d'un sujet au vertige, mais qui demeurent inévitables  pour traverser le marasme grisatre. Les villages sont vraiment très mignons, on y entre par des porches de pierres sechées peintes et dominé par de petits autels avec drapeaux, desquels se succèdent des moulins a prières : cylindres metalliques recouverts de prières  incrustées, s'alignant en rang d'oignons verticalement dans les murs d'une batisse en longueur prévue a cet effet. L'usage veut qu'on les fasse tourner sur son passage pour se porter chance. Les traditionelles guirlandes de drapeaux sont toujours présentes dans les villages mais aussi en pleine nature sur les arbres et lieux cruciaux du trek. Deux trois ruelles en pierres plates et de magnifiques maisons-chalets en bois et pierres aux balcons sculptés deviennent nos auberges quotidiennes. Les balcons sont fleuris, les hotes chaleureux, la bouffe colle au corps et les douches sont chaudes. Les panneaux solaires, les systèmes de récupérations d'eau minimisent a fond la consomation d'énergie, un paradis pour altermondialistes revant d'eco-villages! Le vrai bonheur réside dans la différence que chaque jour offre, le cadre évoluant en permanence tout comme la verdure qui se rarifie avec l'altitude. Apres les champs de marijuana sauvages (totalement polénnisés: pas de tetes, pas de fumette!) qui bordent le chemin, la jungle et les rizières en terrases laissent place aux strates rocheuses et a l'aglutination de sable formant des canyons. Le bout du champ de visibilité, limité par le haut d'une pente, d'un rocher, d'un virage ou d'un petit bosqué laisse toujours place a une surprise plus ou moins réjouissante: de la méchante cote au point de vu panoramique imprenable. Je me souviendrai toujours de cette plaque rocheuse verticale en amphithéatre, s'étendant a perte de vue telle une rampe de skateboard géante, juste avant d'atterrir sur la pleine lunaire de Manang. Un décor de western, ou les rochers crevassés par l'erosion rappelle Monument Valley, le visage fouetté par le vent et les rouleaux de poussiéres. Pour parfaire le tout, nous décidons de louer des chevaux pour galoper a la cow-boy dans ce décor de film. Mais le scénario a vite tourné a un épisode de Dupont et Dupond tirés par deux autochtones. Nous voila chevauchant des bourriques de canassons que je soupconne tres serieusement de n'etre que de vulgaires mulets, l'expression promene-couillons prend ici tous son sens! Apres Manang ca devient le chemin de croix : l'oxygène se raréfie, la température baisse et le dénivelé s'acroit.  D'autant que je ne sais pour quelle raison  nous progressons  a une cadence assez  infernale, on ne marche pas vite mais longtemps: 8/9 heures par jour. Apres la soupe on s'écroule dans les lits douillets des lodges d'une traite. On en bave, mais impossible de se pleindre meme a bout de force lorsqu' on croise les inonbrables porteurs qui fourmillent sur les sentiers et qui donne espoir. En sandales voire pieds nus, ces petits vieux rabougris vetus de haillons soulèvent leurs mollets rachitiques aux veines gonflées par le poids avoisinant sans problèmes les 80 kilos des monstrueux paquetages de trois fois le volumes de leur corps. Toutes les denrées de l'Annapurna sont transportée sur leurs dos accroché avec une sangle tendue sur le front! On en oubli vite son mal de reins et sa crampe a la cuisse, tout comme quand on croise les chantiers des ouvriers construisant la ''route''. Un projet de piste pour jeep en réalité, entrepris pour une dizaine d'années car ils bossent uniquement a la main! Pioches, pelles, dynamites quand c'est trop coriace  sont les outils des pont et chaussés annapurniens pour aménager cette piste utopique. Ils n'en sont pas a une ampoule près! L'ascension du Thorong La a 5500 mètres d'altitude restera la journée la plus exténuante. Nous partons aux aurores du pied du sommet déja niché a 4500 ou les maux de tete du mal de l'altitude et la température frisquette nous assaillent. Comme prévu, le temps n'est pas au beau fixe et le passage du col se fait sous la neige. Nous n'aurons donc pas apercu le fameux cliché de l'Annapurna avec la chaine de montagnes enneigées. Si vous préférez un happy end vous pouvez consulter le blog de mon ami Audoin qui raconte le spectacle avec beaucoup d'émotions : unterriensurterre.uniterre.com . Par contre nous pourrons nous vanter du temps reccord avec lequel nous avons effectués le tour : départ de Katmandou le mardi matin, arrivée a Pokhara le mercredi soir d'après : 8 jours en tout et pour tout, la ou on en avait estimé 12 jours minimum! Meme si on a opté pour la jeep quand c'était possible, pour des novices je trouve ca plutot opérationnel. Bon, arretons de se faire enfler les chevilles qui ont a présent bien besoin de repos.


Publié à 02:38, le 2/09/2008, Pokhara
Mots clefs :
Lien