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un terrien sur terre
hay sol y luna

Varanasi ou le culte du Gange

C'est long Katmandou/Varanasi par la route ! 30 heures bien tassées en tout de bus jusqu'a la frontière anarchique, rikshaws (tuk tuk indien), bagnole, re-bus pour une première étape indienne qui en vaut la chandelle. La dernière ville sacrée du Gange est unique en son genre. Dès que l'on sort de la ville ''nouvelle'' a l'image de toutes les grandes villes indiennes, a savoir horrible ( pollution visuelle, odorante et sonore ), on arrive dans le labyrinthe  de ruelles de la vielle ville qui mène aux abords du fleuve sacré. Pavés, très étroits, pris en étau entre les batiments qui les bordent, ces petits chemins entrecroisés ne sont pas sans rappeler les médinas des pays du Maghreb. Et puis on tombe sur une vache affalée en plein milieu qui bouche le passage, puis deux vaches, puis des dizaines parsemées a tous les coins de rue. Qui dit vaches, dit bouses de vaches qui constellent en plus des ordures, les pierres plates des rues. Welcome to India : les bovins sacrés que personne ne mange, ni ne tue sont bien la, en liberté, partout autant a la ville qu'a la campagne. Il fait nuit, l'expédition pour arriver a la guest house parait sans fin, a s'enfoncer a l'aveugle dans le ventre de la ville. C'est au matin sur la terrasse que le spectacle s'offre a nous. La rivière est la, large, dense, imposante et majestueuse, assombrie d'une couleur maronnasse, d'un niveau proche de l'inondation, mousson oblige. On se rapproche, on penche sa tête de gauche a droite pour découvrir le folklore matinal des Gaths, nom donné aux marches et aux édifices sacrés qui bordent l'eau ( sacrée elle aussi ) des rivières, des lacs, de n'importe qu'elle eau du moment qu'elle est sacrée. Toutes ces succesions de marches et de petits temples, sanctuaires sont le lieu de rituels quotidiens qui n'ont pas leur imagination dans leur poche. Il faut se l'imaginer aussi, car à cette saison la moitié des gaths sont sous les eaux, on distingue meme des cimes de temples au milieu des flots. Dès la première gath, on tombe sur un petit groupe qui s'adonne a son bain du matin, auquel s'ajoute la lessive, trempant le linge tout en priant avec une petite gestuelle curieuse, tout en lançant des fleurs multicolores et des plateaux de feuilles composés de gri-gris, bougies et plantes. Et ça frotte, récure, astique, les peaux mates deviennent littéralement blanches sous la mousse de savon qui abonde, pour ensuite se purifier dans ce qui est a mes yeux une poubelle flottante. On nous dit que c'est la mousson qui donne cet aspect marron, ca n'empeche que c'est dégueulasse et que les courants amassent une quantité impressionante de déchets que les gens écartent pour pouvoir se baigner. Les ruelles ont bien changé depuis hier, les vaches sont toujours la, mais il faut y ajouter toute la faune colorées de gens qui fourmillent aux abords des gaths. Tous ont l'air de pelerins, sadhus et autres illuminés  marchant comme des zombis en marmonant des mantras, tripotant des chapelets, foulards, batons, vaquant pieds nus, le visage peinturluré, s'arrêtant devant les icones et autels incrustées dans les murs pour y faire un signe devot. Il ya toujours les sadhus épais comme des haricots, drapés de couleurs oranges et ocres avec leurs crinières de dreads locks, mais il y a aussi les tondus dans le style bonze, ascète et les femmes vêtues de saris bariolés avec gros point rouge sur le front et trainée de poudre sur la raie du crâne, symbole de mariage. En tout cas, ils semblent tous habités par une foi sans bornes, illuminés, s'approchant d'un pas inquiétant par petits groupe telle une secte ambulante. Varanasi est la ville sacrée de Shiva, spirituelle par excellence ou de nombreux indiens viennnent finir leurs jours pour etre ensuite incinérés publiquement sur les bords du fleuve comme le veulent certains préceptes de l'hIndouisme. C'est notre découverte suivante : le Manirkanika gath, principal lieu de crémation. Plus on s'approche par l'intérieur des terres (on ne peut malheureusement pas circuler le long du fleuve, la mousson innondant tous les acces), plus les ruelles sont étroites, ponctuées de temples tordus, viellots, a moitié écroulés et tapissés de racines et branches d'arbres centenaires. On tombe comme pour les vaches la veille, sur le deuxieme pilier constitutif de la ménagerie quotidienne indienne : les singes. Ils sont partout et bien plus perfides que les ruminants inertes et inofensifs( gare aux coups de cornes involontaires tout de meme)! Ces macaques sont des acrobates hors pairs, cambrioleurs, picpockets professionels, qui te sortent les crocs et te chargent si tu t'approches trop pour faire une photo. A l'approche du gath, des piles colossales de bois alimentent le bucher qui consume du macchabée 24/24 h. Ici interdit aux photos, mais pas de problemes pour venir assister aux cotés des familles du défunt ,au corps se consumant sur la grande terrasse. C'est troublant car on sent que la mort est totalement banalisée dans ce lieu, et les crémations se font a la chaine dans une grande entreprise collective. On lave son linge sale en famille, mais aussi avec l'inconnu a coté de toi qui te passe le savon ou t'aide a soulever le cadavre. A la nuit tombée, c'est la magie de la cérémonie quotidienne qui remplie le gath principal de Munshi. Un orchestre et cinq precheurs magnifiquement habillés de saris oranges sont disposés harmonieusement sur les marches. On prend place sur des barques pour assister frontalement au show. Avec tout un attirail de torches et bougeoirs enflamés, cloches et objets pittoresques sacrés, ils lancent le cérémonial accompagné d'une cacophonie de percussionistes nichés dans la tourelle adjacente au gath. Et c'est partie pour deux heures en boucle de ''Aum, rama, hare, shiva, krishna...'' . Successivement les precheurs agitent encens, faisant jaillir des flammes de leurs bibelots tout en chorégraphies synchronisées, dans un dégradé de couleurs chaudes enfumées. C'est visuellement majestueux, mais ca tape un peu sur le système au niveau sonore. L'éternelle niaiserie répétitive des rassemblemants bigots qui agace les hérétiques de mon rang, tout en trouvant ca nettement plus funky que la messe du dimanche! A notre tour on jette un petit bol de de feuille séchées composé d'un très joli assortiments de pétales de fleurs et d'une meche que l'on allume pour souhaiter bon vent a notre karma dans les flots du cultissime fleuve.

 

Varanasi live TPAO à la Miellerie from Toujours + à l'ouest on Vimeo.

 


Publié à 02:25, le 5/09/2008, Vârânasî
Mots clefs : varanasi
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