Toujours plus a l'ouest...
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un terrien sur terre
hay sol y luna

Trans asia express

C'est la que tout s'accelère et que le bout du tunnel n'est vraiment plus très loin. J'ai laissé mes amis Reza et Mohammad a Chiraz en leur donnant RDV a Isfahan ou ils se rendent comme moi avec un jour de décalage. On ne peut pas dire que cette illustre ville du réseau touristique iranien m'est transcendé, trop étendue, trop de monde et n'y trouvant qu'un havre de paix sur les quais perdus dans mes écrits et dessins, a regarder les gens déambuler et enjamber le fleuve sur une sorte d'aqueduc stylisé a la farsi. J'attend mes deux guides pour découvrir avec humour et anecdotes cocasses les vraies attractions de la ville, c'est a dire le bazar autour de la fameuse place de l'Imam dont la mosqué prend toute son ampleure de nuit avec de l'éclairage artificiel. On se redonne RDV toujours avec un jour de décalage a Téhéran mon étape suivante, ou la j'ai carrément fait l'impasse cloitré dans ma chambre d'hotel au repos avant d'affronter ma semaine de transports non-stop. Je n'ai vraiment plus la foi pour ce genre de mégalopole dont la visite nécessite trop de bataillages dans la jungle urbaine, d'autant qu' a part un monument ultra moderne genre l'Arche de la Defense, il y a pas grand chose a voir. Comme en Asie du sud Est quand je saturais des grandes villes, je me retrouve a contempler les calligraphies sur la céramique de la quiétude des mosqués, bercé par les chants apaisants des Imams. Il n'y a deja plus rien de dépaysant ici c'est comme chez nous, meme le Grand bazar qui me laissait présager un peu d'orientalisme n'est ni plus ni moins qu'un centre commercial aseptisé dont mes deux homologues farsi se gardent bien d'aller dépenser betement leur argent, et c'est a la gare que se déroulent les adieux en attendant nos trains respectifs. Ce coup-ci cap sur la Turquie a bord du Trans-Asia-Express dont les 24 heures sur rails vont me mener a Van bien connue pour son gigantesque lac. Plus qu'un trajet en train, c'est une véritable saga et un retour dans le temps ou les chemins de fer étaient de véritables lieux de vie, les compartiments pour quatres spacieux aux rideaux plissés sont de véritables chambres a coucher et le wagon restaurant une vraie brasserie ou un Nestor en gilet noeud pap t'apporte le plat du jour sur un petit plateau. Je passe la moitié du voyage a siropter des thés comme un lord anglais du début du sciècle, en admirant a travers les larges vitres la beauté du paysage désertique qui défile. Toujours le meme: ces indécrotables collines rocailleuses ocres auxquelles s'ajoutent tantot a droite la cote de la mer Caspienne et tantot a gauche la terre craquelée d'un lac assèché recouvert d'une fine pellicule de sel, somptueux. Ce train c'est aussi le symbole d'évasion pour les iraniens fuyant vers la Turquie beaucoup plus libertaire et téhoriquement plus dévelloppée, car excepté les prix ( tout le monde rapporte des denrées de base dans des colis ) j'ai trouvé la Turquie moins dévelloppée que l'Iran mais plus que la Roumanie, confirmant le faux mythe de l'Eldorado toujours a plus a L'ouest... A Van j'ai deja l'impression d'etre dans les pays de l'Est, les pulls a carreaux et mocassins a pointes sont de mise et le turc ressemble a une mixture bizarroide de latin-russkof a orthographe a tirroirs, on roule les "r" et les gens ressemblent un peu a des slaves. Et puis ca y est ca coute cher et je suis obligé de remettre manches longues et chaussures fermées après 8 mois de tongs car il pleut un vilain crachin breton d'automne, dur ! C'est le cas de l'écrire. Mais les 30 heures de bus jusqu'a Istambul regardant les feuilles jaunissantes recouvrant le sol, enmitouflé dans un pull me réeduque au plaisir des météos continentales. La c'est carrément l'exode, les gens s'entassent a bord avec des paquetages démesurés dépassants des soutes, en réalité ils font leurs déménagement en bus, folklo ! L'arrivée a Istambul fut nettement moins réjouissante : quatre heures de retard, parachuté dans une agglomération en pleine expension qui ne ressemble plus du tout aux portes de l'orient que j'avais visité il y a maintenant huit ans...le temps passe vite, trop vite, tout change, le bus pour Bucarest part dans exactement une heure et je cavale pour aller revoir ma chère mosqué bleue. Mais je ne reconnais rien ! Tout est moderne et neuf et me voila a bord d'un tramway hyper high-tek ( qui n'existait pas a l'époque de ma première visite ) m'engoufrant dans les hordes de touristes. Quelle stupéfaction, il n' y a plus rien "d'exotique" ca y est la Turquie c'est l'Europe et ils ont mis les bouchées doubles pour espérer intégrer l'Union, alors pourquoi ne pas les y accèpter ? Houla ! Un pays musulman dans l'Europe bah voyons ! Pourtant ne serait ce pas une facon d'officialisé le début d'une diplomatie sérieuse avec le moyen orient et un bel exemple d'ouverture, le credo de notre cher petit président européen... Je sais ca n'est pas si simple et puis il y a le Kurdistan dont l'ambiance kalachnikov dont j'ai fais les frais la veille n'est certe pas folichone. Bref, j'attrape mon bus inextremis remplis d'horribles beaufs nouveaux riches roumains bedonnats qui partent régulièrement se faire des virées en Turquie. Toujours le meme phénomène Est/Ouest: ils viennent exprès pour faire des courses a Istambul qui représente un accès a la consomation a moitié prix, inondant le bus de kilos de lessives et de dessus de lits kitsh ainsi que de fumée de clopes bon marchées, bonjour l'ambiance blaireaux en survet ! L'apotéose grolandaise fut une escale en Bulgarie ou les grosses fermières en doudoune sans manches et polaires fuchias font cuirent des cotes de porcs au saindoux servis entre deux tranches de pains de mie sur des tables en formica. Sur l'étagère le tube cathodique diffuse une émission genre "survivor" ou des gens en maillot de bains les mains liées, déchirent avec les dents des lambeaux de chaire fraiche directement sur la carcasse éventrée d'un cochon suspendu a un étandart comme un trophet, vérédique ! Après deux mois en pays musulman la métaphore filée des bouffeurs de porc en short est assez indigeste ! Comble de l'affaire j'ai failli me faire peter la gueule par un monsieur-pipi consanguin a qui je pouvais pas donner les 2 centimes de rigueur pour l'utilisation des chiottes n'ayant plus un popeck en poche. Génial le bus arrive plus tot que prévu ! Me voila a 3 h du mat en banlieue de Bucarest tentant de finir ma nuit le ventre vide sur les sièges glacés du bureau de la compagnie de bus pour attendre que la vie reprenne son cours dans cette grisaille apocalyptique post-communiste de notre bonne vielle Europe. Ah, quelle joie d'etre de retour sur le continent !       


Publié à 01:08, le 19/10/2008, Van
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