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un terrien sur terre
hay sol y luna

Débriefing Laos

C'est la larme a l'oeil que je franchis  le Mékong sur le pont de l'amitié (frontière Lao-Thai). Le coup de foudre que j'ai eu pour ce pays m'a valu une extension de visa d'une semaine et ma paire de sandales allemandes. Encore de la montagne enjunglée! Encore du riz gluant dans les petits paniers en osier! Encore des rizières fourmillant de pecheurs et de gosses! Encore la nonchalance de tous qui se brise subitement par un grand sourire et un Sabaidi! (bonjour/comment ca va) Ce je m'enfoutisme Lao qui permet  aussi aux Fallangs (blancs) de faire leur vie sans etre sollicité a chaque instants. Encore! je n'en ai pas eu assez. Je me rappellerais toujours ma premiére journée a Don Det, ou filmant un petit jardinet sur pilotis ma caméra braque soudain la mémé de la maison qui se dandine  tranquillement de son hamac dans un coin du jardin a deux mètres de moi. Elle s'arrete et me fixe, debout, impassible et au bout de dix secondes, j'apercois un jet de pisse qui vient frapper le sol a la verticale, tout droit provenant de sous son krama. Elle ne me descotche pas, sans les mains, droite comme un i, puis son affaire terminée elle retourne paisiblement a son hamac. Cette simplicité dans tout, ce naturel de vie sans chichis n'a fait que se confirmer tout au long de mon périple Lao. Pour avoir discuté avec pas mal de gens, ce pays reste assez unique en son genre, ce qui peut en expliquer l'enthousiasme. Une population au trois quarts rurale qui n'a pas connu d'exode, de révolution industrielle et autre chamboulement sociétal qui tend vers cette chimère que l'on nomme ''progrès'' ou ''modernité''. Comme au Cambodge, la volonté de pousser le pays vers une logique de consommation se fait sentir, mais en définitive les lao restent clairement dans une logique d'autosubsistance. L'écrasante majorité des gens sont des paysans qui gardent leurs buffles, leurs vaches et surveillent leur bananier, ne produisant que le strict nécessaire pour nourrir la famille. Chacun a son ''plan riz'', on va chez la tante ou le beau frère quelques semaines par an, participer a la récolte et on repart avec ses 50 kilos pour l'année. De toute manière ce riz qui fait partie du bien commun restera a la disposition de tous, tronant dans les tipkao (panier a riz) sur les tables de chaque maison. Quiconque passant par là est systématiquement convié a s'asseoir et à en manger avec ses hotes éphémères. Apparemment les lao crament  leur paye (quand ils en ont une) en trois jours a faire la fete et en mangeant au resto et puis pour le reste du mois, eh bien on verra. Une logique a très court terme que l'on nomme précarité chez nous et qui constitue notre pire cauchemar, mais qui ici est sublimée par une solidarité inconsciente établie entre tous. Tradition culturelle? Vestiges des principes de collectivisation aujourd'hui abolis? Sans doute un peu des deux, mais il parait en tous cas difficile de mourir de faim au Laos, seul oublié de tous. Un expat vivant a Paxsé qui est marié a une lao m'a expliqué que quand on demande a quelqu'un le classique : Et le boulot ca va ? La question stipule précisement ''est ce que tu es heureux dans ton travail?'' Et il parait que si la réponse est non, ils n'ont aucun scrupule a lacher leur taff. De toute manière il y a toujours un coup de main à donner a la rizière et c'est pas sorcier de prendre sa machette et d'aller  dans la jungle cueillir quelque végétation pour agrémenter le riz quotidien. Si ta maison s'écroule et devient invivable, il ya de la place chez le voisin, quand y en a pour 14, y en a pour 15! Et puis on coupe quelques arbres et du bambou et dans cinq jours en voila une nouvelle. Je parle encore une fois principalement de la population rurale et semi-rurale qui représente l'écrasante majorité des lao, car en ville tout le monde est soumis aux contraintes de loyer, de bagnoles et du toujours plus plus plus à l'occidental. Il y a aussi cet étonnant lobby que représente Beerlao, la bière nationale qui fournit l'intégralité de l'habillage des restos, hotels, les enseignes lumineuses et  autres accessoires promotionnels. On ne peut pas échapper a ce logo et les spots de pubs longs de 5 bonnes minutes a la télé présentent la firme comme une  fondation humanitaire qui parraine financièrement tous les projets sociaux ambitieux. Tout en vantant les mérites du ciment social que procure une bonne binouze entre potes sans aucun complexe. Ce pays est loin de toute la sophistique de nos contrées et des règlementations et semble en etre protégé pour longtemps. Cela est due aussi a une faible densité ( 5 millions d'habitants contre 12 au Cambodge),qui explique l'insouciance face au chomage et a une consommation restreinte. On pourrait meme penser qu'ils sont écolos, car contrairement a leurs voisins khmers, miracle il y a  des poubelles! Et ils ne balancent pas leurs cochonneries partout, globalement c'est propre.  Ce n'est pas encore tout a fait le top pour autant, car les cultures sur brulis, technique ancestrale pour exploiter les cotaux montagneux ( 3/4 du territoire ) représente un vrai problème pour le sol a long terme. Bref, bopiniam, bopiniam = pas de problèmes! De toute facon il n'y en a jamais pour les lao, et il te le font bien ressentir. A part peut etre pour les expats,  comme Clémence (la cousine de ma cousine) et son copain chez qui je termine mon séjour a Vientiane et qui ont eu   un mal de chien pour les opportunités de boulots. En effet, contrairement a Phnom Penh ou la communauté expat se renouvelle sans cesse, ici, tous ceux qui arrivent a faire leur trou sont au nirvana et sont partis pour dix ans. Je les comprends : comment est il possible de s'arracher aux charmes du Laos?    

Publié à 12:03, le 9/06/2008, Vientiane
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