Toujours plus a l'ouest...
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SUBLASTART
un terrien sur terre
hay sol y luna

Good morning Vietnam !

A cinq bornes du poste frontière, j'atterris à Ha Tien petite ville cotière dans laquelle je passe la nuit avant de partir pour le Delta du Mékong. C' est hallucinant comme le changement de pays se fait sentir alors que je ne suis qu'à quelques kilomètres du Cambodge. Je retrouve l'alphabet latin sur les enseignes des shops, agrémenté de curieux accents, les stands bouffe sont abondants et les victuailles bizarroïdes comme en Thailande et ici, tout le monde met son casque. L'influence chinoise est là et se perçoit aussi sur les traits des visages des gens. Je passe trois jours dans le Delta du Mékong promené en bateau dans les bras de rivières marronasses ornées de cocotiers jaillissant de l'eau. Une fois sur terre, c'est en vélo qu'on peut parcourir les sentiers labyrinthiques longeant les indénombrables canaux parsemés de maisons. Il y a comme une ambiance insulaire sur ces portions de terres ultrafertiles. Je découvre aussi quelque chose dont je n'avais pas l' habitude : le tourisme de masse des locaux. Le Vietnam est très nettement plus développé, et ses habitants jouissent du tourisme, et sont de surcroit hyper nombreux (84 millions d'habitants sur une superficie des 2/3 de celle de la France!). Il y a des sortes de villes continues sur des centaines de kilomètres qui longent les routes, le choc sera d'autant plus grand en arrivant à Saigon (ou Hochiminh ville, le débat reste éternellement ouvert sur la légitimité du rebaptème). C' est une mégalopole tentaculaire dont la fourmilière humaine et le traffic routier donnent rapidement le tournis. Des sacs de noeuds de fils électriques s' entremèlent sur les poteaux et les motos s' accumulent par centaines aux feux rouges dans une cacophonie de klaxons. Paris à coté, c' est une bourgade paisible de province! L'ambiance du quartier "routard" est a l'image de la ville : too much, mais j'y trouve une petite piaule presque calme ou je compte les minutes trépignant d' impatience. En effet, je n' ai plus qu' une préoccupation en tête: Laure arrive enfin! Je vais la chercher a l'aéroport avec deux heures d'avance et me tape un coup de stress monunental car deux après l'arrivée du dit avion, toujours pas de Laure à l'horizon. Je harcèle tout le staff de l'aéroport, mais rien à faire personne n'est foutu de m'informer sur quoi que ce soit, c' est aussi un des trucs assez désagréable au Vietnam qui contraste avec l'accueil chaleureux des khmers et des laos, parfois ils ne font aucun effort pour t'aiguiller quand tu te retrouve paumé, certains feignent de ne pas comprendre parce que ca les gonfle et d'autres t'envoient tout simplement promener sans scrupules. Mais je ne généralise pas, les sourires et les rencontres avec des gens adorables existent aussi, quand on fait tomber le masque rigide du premier abord . Un bureau réussit enfin à retrouver la trace de Laure qui a raté sa correspondance et arrive avec quatre heures de retard, je respire. Après avoir arpenté l'aéroport dans tous les sens, je peux enfin lui sauter au cou quand je la vois arriver dans le hall ! Du coup je lui laisse la plume, ou plutot le clavier...

Première et dernière journée à Saigon (trop de bruits, trop de monde et trop de motos!) pour m' inprégner de la ville. Quelques vestiges de la colonisation francaise: la cathédrale en brique rouge comme on peut trouver dans une petite ville francaise, et la poste, un charmant petit édifice construit par Eiffel à l'intérieur duquel trone un portrait d' Ho Chi Minh. nous partons ensuite dans le quartier chinois de la ville conduits par deux viets en moto. Ca fuse dans tout les sens, il faut vraiment avoir confiance! Le marché chinois est hallucinant par sa taille et ses inombrables étalages de tout et n' importe quoi ! En tout cas je ne suis pas très à l' aise, on sent bien que nous, touristes, n' avons rien à faire dans ce quartier. Cela devient limite opressant du coup je ne suis pas mécontente d' enfin trouver le bus qui nous ramène dans le centre. De son coté, comme d' habitude Colas à l' air très calme... Ambiance plus particulière le soir, on se retrouve à manger une soupe dans un bouiboui vietnamien typique mais en face c' est un bar à touristes rempli de blancs qui se tremoussent et picolent, je dois dire que je ne comprend pas bien l' intérêt qu'il y a à partir à l' autre bout du monde pour finalement se retrouver entre "soi" dans un lieu dit "branché al'occidental"...

Le lendemain, départ de Saigon pour Mui Né, une petite station balnéaire en plein développement. Après deux jours passés dans le bruit et la chaleur, nous sommes ravis de nous retrouver dans un petit bungalow face à la mer. La côte est belle et il n y a pas tellement de touristes, et les alentours nous réservent des paysages surprenants. Une journée en moto nous permet de découvrir "la ballade de la fée", un petit cours d'eau de 15 centimètres de fond que l' on remonte à pied encerclé de dunes et de roches ocres, l' eau rouge contraste avec les couleurs jaunes vertes et bleues des environs. Je ne m' attendais pas spécialement à découvrir ce genre de paysages au Vietnam! Nous continuons à longer la cote en direction d' un petit village de pecheurs dont l' accès à la mer offre une vue hallucinante. En effet, on apercoit des centaines de bateaux au mouillage ainsi que des allers retours de Viets dans de toutes petites embarcations rondes construites en bambous se dirigeant à une rame en avant. On dirait des sortes de paniers géants et il y en a partout sur la plage et le long de la cote. En tout cas l' activite qui règne sur cette plage est impressionnante! Je ne sais pas combien de personnes travaillent entre les bateaux, les entrepots et les petites embarcations mais cela donne l' impression d' un véritable tourbillon organisé.Quelques heures plus tard, nous voici embarqués par un jeune garcon dans une sorte de mini désert de dunes pour aller faire de la LUGE !!!


Luge sur dune
envoyé par nespa7

 

Evidemment en tant que bons petits Tai Balo (routards blancs) on s' est fait complètement rouler ! Petit tour de luge sur des espèces de tapis en plastique puis retour dans la bicoque du petit viet qui nous présente une note salée ! Heureusement que la vue d'en haut en valait la peine: dunes, palmiers et la mer au loin... Technique qui rappel l' Afrique, on t'embrigade de manière rusée et on t' annonce la couleur après ! Mais bon en même temps on les comprend, nous avons des vies de patachons comparées aux leurs. Mais le fait d'etre pris constamment comme des dollars ambulants et enrolés dans de la fausse sympathie est parfois un peu décevant. Cinquante kilomètres plus loin et tout près de la mer c' est l'apothéose de cette petite virée, un superbe lac entouré d' immenses dunes de sable blanc et couvertes d' une multitude de fleurs de lotus: c' est bluffant! Le vent s' est levé faisant voler le sable, très bel effet sur les courbes des dunes, il ne manquait plus qu' un cheich et des chameaux comme de bons touaregs qui se respectent ! La journée fut mémorable et couronnée bien sûr par une petite gamelle en moto dans le sable heureusement!

 

 

 

 

 

Parler de désert parait impossible autant au niveau humain qu' au niveau des constructions. Pourtant ici c' est le cas et c' est plutot apaisant avant d' affronter Dalat, notre prochaine destination qui pour le coup fut un peu décevante. Effectivement l'air montagnard y est frais et permet de respirer après le cagnard suffoquant mais on est loin d' y trouver une petite ville de province en altitude calme et paisible. Les rues qui serpentent les cotes abruptes de la ville sont noyées dans les cubes de béton dégueu à la chinoise. L'attrait des Viets pour cette ville (ils sont partout, c' est les vacances en ce moment) révèle un certain mauvais gout: promenade bétonnée avec fleurs en plastiques et fausses cascades appelées pompeusement "la vallée de l'amour", hotel 4 étoiles ''paradisiaques'' en béton avec décos kitsch. C' est la destination des voyages de noces ou les couples se font photographier devant le lac artificiel et se font retoucher ensuite sur photoshop, une esthetique digne des mariages chinois que l' on voit à Belleville. Une curiosité interéssante tout de meme "la Crazy House'' un hotel totalement déluré crée par une architecte Viet qui n'a pas son imagination dans sa poche. Des formes biscornues entre Dali, Gaudi et Alice au pays des merveilles forment ce petit monde à part encore en construction jusqu en 2010. On peut s'offrir une piaule dans un arbre en béton dont les pièces ne comportent pas un seul angle droit, avec un kangourou, une girafe, un panda en guise de cheminée et des escaliers en gouttes débouchant sur une foret de fausses lianes. On se croirait chez les schtroumfs ou sous un bon acide, mais ici en tout cas le kitsch qui est le credo de l'ésthétique Vietnamienne est tellement poussé à son paroxisme que cela prend une réelle dimension artistique. Pour se consoler de cette ville, il faut aller visiter ses alentours ou au bout de quelques bornes, les cubes de bétons laissent place aux maisonnettes en bois. Et c' est en haut du mont Lang biang que l' on peut se réjouir de la vue imprenable sur la vallée. L'ascension qui était tout de même sportive (les viets se font emmener en haut en Jeep) n'a posé aucun problème à Laure ravie de ce petit échauffement avant l'Himalaya! De retour à Dalat, on se marre bien quand meme de voir les locaux en anorak, c est vrai qu'il ne fait que 19 degrés!

 

 


Publié à 07:09, le 8/07/2008, Saïgon
Mots clefs : saigon
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