Toujours plus a l'ouest...
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SUBLASTART
un terrien sur terre
hay sol y luna

la Paz en plein dans les dents !

 

L'arrivée sur la Paz par le quartier del Alto est des plus spectaculaire, surtout la nuit quand tout est illuminé. La ville s'étend dans une cuvette gigantesque situé entre 3000 et 4000 mètres d'altitude sur le plateau de l'Altiplano. Autant dire que la topographie de la ville est totalement incroyable, les pâtés de maisons se succèdent en escaliers et les rues sont de véritables montagnes russes. Nous débarquons chez Rodrigo 21 ans et néanmoins chef-opérateur dans le cinoch que Marine à rencontré l'été derniers lors de son premier séjour bolivien. Accueil festif à coup de Singani ( l'alcool local, à l'instar du Tisco péruvien ) et me voilà plongé dans un nouveau monde : la jeunesse dorée à tendance artistique de la Paz. Le courant passe tout de suite bien, un petit coup de pousse pour communiquer avec la présence de quelques francophones. Ca discute le bout de gras jusqu'au milieu de la nuit alors que j'apprend que nous nous levons aux aurores pour se rendre sur u site inca le lendemain à 2h de la Paz pour la nomination d'Evo Morales entant que représentant des peuples indigènes d'Amérique latine.        

                                                                           

Un événement d'une envergure historique, car après avoir été réélu haut la main il y a deux mois comme président, le premiers de Bolivie d'origine indienne (alors que le pays est composé à 80% d'indiens), le voilà incarnant le nouvel élan de reconnaissance des peuples indigènes. Les effigies et le nom d'Evo (souvent associé à celui du Che et de Hugo Chavez) tapissent les murs de la ville, une véritable star nationale et aussi chez les voisins car le débat sur les inégalités homme/femme, la reconnaissance des peuples indigènes et l'autonomisation face aux USA sont les piliers des nouveaux enjeux sud américains prit dans un formidable élan de gauche depuis l'intronisation de Chavez au Vénézuela. Le rassemblement por cet événement est de taille, ça ressemble à un festival altermondialiste, qui rappel d'ailleurs celui du Larzac pour josé Bové en 2002. Posters, DVD et autres produits dérivés d'Evo Morales sont vendu à la criée sous un soleil de plomb. Il faut attendre la fin de l'après midi pour espérer entre apercevoir le leader parmis les milliers de personnes, nous y renonçons encore mal remis de la courte nuit arrosée de la veille. Rodrigo, toujours à donf veut nous faire la tournée des grands ducs et dès le lendemain un week-end de méga-fiestas s'annonce. On se retrouve à la « Gota des agua » une boîte traditionnelle bolivienne, où tout le monde est accueillit avec un bol de feuilles de coca. Un chauffeur de salle s'égosille dans le micro pour entrainer à la danse et annonce la couleur avec un T-shirt où il est écrit « la coca n'est pas la cocaine , laissez vivre nos traditions ». Tout le monde en machouille et l'effet un peu stimulant procuré se situe à des années lumières de l'anesthésiant « super-man chimique » de la coke, ce n'est ni plus ni moins qu'une chique bourré de vertus thérapeutiques qui se mesure que très subtilement (atténuation des mots de têtes due à l'altitude, par exemple). Sur la piste de danse de la Gota des agua, petits et grands, chollos, touristes et boliviens se trémoussent sourire aux lèvres aux rythme des flûtes de Pan et des percussions. Ici, c'est la Cumbia (musique et danse traditionnelle d'Amérique latine) qui règne. Mais il faut enchaîner et suivre notre guide frénétique Rodrigo au « TTkos » une espèce de grotte souterraine labellisée reggae avec portrait de Bob Marley et Hailié Silassié où les djeunes s'entasse dans la moiteur alcoolisée et ma foi fort sympathique. Et ça continu, direction le « Hard Rock », boite branchouille de La Paz qui porte son nom due aux portrait grandeur nature des rock-stars du 20ème siècle (Bowie, Dylan, Hendrix, Morisson, etc) tous mis en scène entrain de boire des coups. Hormis cela rien à voir avec le rock, c'est plutôt de la bonne vielle techno commerciale qui abreuve les oreilles, mais l'heure n'est plus aux jugements qualitatifs. Bourrachos jusqu'à la moelle, on rentre sombrer au petit matin sombrer chez Rodrigo. Réveille dans le brouillard, et c'est reparti pour le Saturday Night fever : Gota de Agua/TTkos/Hard Rock et j'en passe, pour finir au bout de la nuit carpette. Le bilan du lendemain est moins glorieux : Je me suis fait tirer mon prote-feuille et mes gencives que je pensais avoir correctement soignées avant de partir me font horriblement mal. Le lundi, je me fait réveiller par la douleur et m'aperçois avec horreur devant la glace ma gencive inférieure ensanglantée. Mes deux incisives du bas sont hyper-douloureuses et l'une d'elles bougent.    

                      

Je me bouffe cachetons sur cachetons mais rien à faire, le supplice ne passe pas. Je cours d'urgence chez une gentille petite dentiste qui me veux me nettoyer tout ça avec son cure-dent métallique. Son cabinet parait assez moderne, mais malgré l'oeil vigilant de Jésus représenté sur un tableau entrain d'épauler un dentiste dans l'exercice de ses fonctions (spectacle véridique et jubilatoire dans la douleur) tout ça ne fait pas le poids. Re-nuit de douleurs atroces malgré les antibiotiques, je ne peux plus rien mâcher, ma bouche à doublée de volume et les boîtes entière d'anti-inflammatoire n'y change rien. Ca suffit les conneries : direction chez « le meilleur dentiste de Bolivie » dixit Rodrigo qui me diagnostique une infection de la gencive carabinée et une sur-inflammation des nerfs de mes deux incisives qui va falloir dévitaliser. Alors là je vous cache pas que j'en ai chier comme rarement : deux heures sur le billard à me faire charcuter à la fraise sans anesthésie ( l'infection de la gencive l'empêchant ), puis quand cette dernière devient possible, c'est une quinzaine de piquoûses qui défilent sous mon nez pour achever mes nerfs tenaces. Sincèrement, je n'ai jamais eu aussi mal de toute ma vie (sauf la semaine d'après pour l'opération définitive). Résultat chiffré : 15 jours d'antibiotiques en mode zombie déprime, dont 5 jours à 10 cahetons par jours, 9 rendez-vous chez le dentiste pour purger l'infection par une soixantaine de coups d'aiguilles dans les canaux nerveux, 250 euros d'honoraires pas couvert par la sécu, près d'une trentaine de seringues d'anesthésie et de désinfectant qui passe dans le reflet de mes lunettes, 5 points de sutures pour refermer l'opération et pour finir 2 dents dévitalisées. Sympa les deux première semaines à la Paz, non ?!?! Bon pour relativiser quand même un peu tout ça, c'est un peu la faute à pas de chance car ici le moindre mal s'infecte à cause de l'eau non potable, de la bouffe et autres facteurs d'hygiène. Mais il est clair que je paye pour mes années destroy et toutes les saloperies que je m'envoie dans le corgnolon depuis 10 ans. Seras-tu un jour un peu plus mesuré dans ta boulimie festive mon petit Colasson ? Je ne sais pas, mais ce que je sais c'est que je suis encore atterri dans une bonne contrée d'acharnés, à croire que la fiesta est la solution universelle au supportage de l'existence.

 

 



Publié à 19:32, le 11/02/2010, La Paz
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Copacabana, le Titicaca en terre bolivienne

    Depuis Puno, la vue sur le lac est nettement moins belle qu'à notre prochaine étape Copacabana, première ville bolivienne de l'autre côté de la frontière. La route en mini-bus est d'ailleurs somptueuse, on suit les courbures du lac orné de champs maraîchers s'étalant sur une centaine de mètres entre la rive et la côte, enfin un peu de vert. Le lac est vraiment impressionnant, on croirait la mer. Après le passage de la frontière où j'ai encore droit à une reflexion sur le piteux état de mon passeport, faut dire que la migracion de Miami me l'a un peu achevé. Nous arrivons soleil couchant, dans le joli petit village de Copacabana. Une église gigantesque aux allures de mosquée s'impose au centre, dont s'échappe une artère touristique néanmoins sympa, blindé de shops de bijoux et sapes artisanales descendant jusqu'à notre bon vieux Titicaca. L'ambiance et douce et très baba-cool, les premiers instants boliviens sont apaisants. Ici, ça fusent d'argentins, ceux sont un peu les israéliens d'Inde, les travellers d'Amérique latine qui ont nettement plus de thunes que leurs voisins. Contrairement aux autres pays (le Brésil étant à part), l'Argentine et le Chili sont à majorité écrasante d'hispaniques et largement plus développé, ceux sont à peu de choses près des pays complètement occidentalisés, c'est donc bon plan que de venir voyager en Bolivie et au Pérou étant donné la différence de pouvoir d'achat. Ils parlent la même langue et offrent un dépaysement et un côté traditionnel parfait pour les vacances. C'est exactement le même phénomène pour les jeunes français qui partent au Maroc ou plus près en Espagne. Bon, j'arrête ma socio de travellers de comptoir, mais comme toujours l'auto-analyse de mon état de blanc à l'étranger m'obsède et je me sens obliger de la ressasser sans cesse pour éviter les faux pas. Le lendemain après un petit dej dans les mini-cantines du marché où l'on mange des beignets frient au fromage et du « pseudo-café », mieux vaut opter pour le maté, un thé infusé sous forme de feuilles séchées (de coca notamment) ou émiettées. Les argentins, encore eux, sont des inconditionnels du maté qu'ils consomment de façon addictives toute la journée. Ils se trimbalent toujours avec leur thermos d'eau chaude, leur sachet de maté et une tasse métallique dans laquelle ils font leur mixture. Puis avec une paille toujours en métal, plissée et courbée, ils ingèrent leur breuvage. Pour finir avec le chapitre bebida, comment se fait-il qu'il n'y a pas de café ni ici, ni même au Pérou ou même en Colombie, alors qu'on se régale en Europe quotidiennement de ces nectars ? Et bien tout simplement parce que c'est nous qui en buvons l'intégralité ! Presque 100% de la production de café sud-américain (idem pour le chocolat) par directement en Europe, merci la prodigieuse politique d'exportation de priver ses concitoyens de leurs propres richesses, et en plus, j'ai la tête dans le cul ! Bref, nous partons donc visiter Copacabana, cherchant une vue plongeante sur le Titicaca.   

                                                                         

Suivant nos instincts au départ d'une église qui laissent place à un chemin hyper-raide  pavé gravissant la montagne, des stands d'offrandes kitshs et petits autels guident nos pas. Je retrouve le même genre d'ascension spirituelle que celle du Monkey Temple de Katmandou. Arrivée au premier sommet, un gros crucifie avec un mini-lama broutant dans un enclos nous accueille et laisse place à un belvédère magnifique dévoilant l'immensité du lac, on se croirait face à l'océan. On continu l'ascension vers le sommet à travers les rochers et on comprend en définitive que nous sommes bel et bien sur un chemin de pèlerinage. A tous les recoins, un petit message de Jésus nous explique comment on va en chier grave dans la vie, bouquet final à l'arrivée où une succession de croix de trois bons mètres de haut s'intitulant chacune « douleur n° x » jusqu'à la n° 13, abritent des scènes du christ où effectivement il en chie à mort. Sur les côtés, il y a des petites cases en pierres plates où les fidèles viennent y bruler des chandelles, jusqu'au derniers éperon au sommet rempli de petits stands. Il s'y vend pleins de petites bricoles forts étonnantes : des camions en jouets, des maisons miniatures, des marionnettes kitshs et mille et une boissons. Les boliviens s'y réunissent en cercle pour discuter tel un cérémonial collectif. Ils boivent de la bière en en versant sur le sol tout en murmurant des prières . Une vue imprenable à 360 degrés sur le Titicaca s'offre à tous. On découvre une dernière terrasse où des familles construisent des sortes de maquettes avec branches, ficelles, jouets et personnages miniatures, du type maison aux esprits. Chacun renverse son verre à quatre points distincts avant de le boire, certains secouent leurs bouteilles gazeuse s et aspergent littéralement les maquettes puis font exploser des séries de pétards. Un homme nous explique que c'est une tradition pour remercier la Patchamama ( la Terre mère ) de nous donner la vie et d'assurer notre avenir, puis il nous invite à en faire autant et nous tend un verre. Après ce rituel surprenant, nous redescendons notre montagnette pour aller déguster du superbe poisson fraichement pêché dans le lac. Avant de prendre notre bus pour la Paz, on aimerait bien faire trempette, mais pourquoi personne ne se baigne dans le lac ? On va quand même s'y plonger les pieds sur un petit ponton. Effectivement, l'eau est bien froide et il y a pas mal d'algues en suspension, de là a ne pas se baigner... Tanpis c'est l'heure du bus. La route sinueuse sur la cime montagneuse est encadrée de part et d'autre par le lac, c'est tout simplement splendide. Le clou du spectacle c'est quand la cordillère royale des Andes apparaît à nos yeux. On croirait que les montagnes enneigées surgissent littéralement de l'eau baignées dans les nuages. Merveilleux. Une petite revanche avec Phokara (Népal) où ce même type de spectacle est visible avec les sommets de l'Annapurna, mais dont j'avais été privé pour cause de saison des pluies. Montagne un jour, montagne toujours, nous voila perché dans les hauteurs pour un bout de temps.

 



Publié à 03:22, le 4/02/2010, Copacabana
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Atterissage à Lima

     A l'aéroport de Lima l'accueil est nettement plus sympathique. Nous avons un point de chute : chez Thibault, le cousin de Svenn mon acolyte de la Caserne XP. Il a ouvert un bar à Lima avec deux autres companeros depuis quelques mois et re-belote nous voilà chez un barman ! Au petit soins, on à même eu droit à notre taxi (moitié prix) personnalisé. Dans la foule de l'aéroport un panneau avec mes nom et prénom s'agite parmi d'autres, la classe ! Je pensais que ca n'arrivait qu'au buisnessmen, mais non ! Et nous voilà en route pour le Aca No Mas (Ici pas plus), le bar de Thibault à Miraflores un quartier sur la côte de Lima où les touristes cotoient la crème péruvienne. Il est 11h du soir heure locale (5 h du mat, levé à 4h la veille pour Marine et moi) et on est pas couché ! Le bar est assez confiné mais a été superbement aménagé par Thibault et son compère Medhi. Tout en bois, surplombé d'une mezzanine permettant de pouvoir regarder de haut les concerts programmés 2 à 3 fois par semaine. Nous tombons en plein live punk argentin, sans clim et l'ambiance est caliente ! Pire qu'en Espagne, les soirées commencent difficilement avant 23h/minuit. Après quelques bonnes tournées de cocktails de Tisco (l'alcool local) et fait plus d'un tour de l'horloge, on commencent sérieusement a sombrer. Thibault prend pitié de nous et nous laisse les clefs de sa maison pour rejoindre les bras de Morphée. Il vit à Barranco, un quartier mitoyen de Miraflores beaucoup plus authentique et populaire. Le lendemain nous partons à la découverte de Lima, c'est assez dense et cahotique, des batiments colorés succèdent à des buildings hideux style bloc de l'Est. Au centre, a la place des Armes (le noms de toutes les places centrales des villes péruviennes), carrée et imposante par ses bâtisses coloniales aux immenses balcons en bois sculptés, grouillent d'une faune cosmopolite. Il y a des touristes mais surtout un grand métissage, c'est l'une des caractéristique des pays d'Amérique latine dont les populations se composent globalement en proportions variées selon les pays, d'hispaniques et d'amérindiens. Les Chollos (généralement des Quechua) sont les indiens des montagnes dont les femmes revêtent un costume très spécifique : Jupes tabliers recouvertes d'une couverture bariolée multicolore abritants souvent un gros paquetage (qui peut etre un gamin) sur les épaules. Deux grandes nattes agrémentées de rajouts en laine noires, leurs tombent dans le dos et cerise sur le gateaux : le petit chapeau melon délicatement posé en biais sur le crâne. C'est vraiment le cliché de l'imagerie sud-américaine que nous connaissons tous et qui s'avère bien réel. Les hommes Quechua qui revètent encore l'habit, se contentent d'un veston noir et d'un chapeau de feutre. L'amusant est que cet habit dit traditionnel, est un héritage de la colonisation et qu'ils l'ont adopté pour ressembler aux premiers notables colons hispaniques. Petit plus à Lima, il y a une grosse communauté asiatique et nous finissons en déambulant dans les rues sur un véritable Chinatown, retour à Saigon... Là encore curiosité historique, les chinois sont arrivée très tôt au Pérou comme aux USA pour construire les chemins de fers et bosser à la mine. Et re-une couche de métissage, les similitudes avec l'Asie que je n'arrête pas de constater ne font que se confirmer. Je trouve d'ailleurs qu'ils ont pas mal des gueules de népalais ou lao du nord, j'ai envie de dire : montagne oblige.  

                                

Chapitre ethnique clos, nous retournons au Aca No Mas où Miraflores se confirme vraiment comme le quartier clean, riche et touristique de Lima. Thibault à bien conscience que la faune qui fréquente son bar fait partie de la haute, mais c'est aussi le seul public qui à été sensibilisé et qui pratique la musique contemporaine ou underground « à l'occidentale » : rock, electro, reggae, experimental, etc...Nous voilà partie dans un concert de reggae à la péruvienne abreuvé de Tisco et de bière à foison. L'ambiance est fort sympathique et les discutions en espagnolo-anglo-français forment un pot pourri linguistique plutôt cocasse. Dans le tas, nous apprenons qu'une grève des bus nationaux débute le surlendemain. Damned ! Nous avions prévu de nous diriger vers La Paz. Quand une grève commence au Pérou, il faut s'attendre à ce qu'elle soit suivit et qu'elle dur. Dès le lendemain, nous fonçons prendre les derniers billet pour Arequipa à mi-chemin de la Bolivie, puis petit saut de puce à la plaza de Armas où un défilé pour le 465ème anniversaire de Lima à lieu. C'est bondé mais nous réussissons à apercevoir des danses traditionnelles avec costumes et masques, joueurs de flûte de pan et cuivre. C'est vivant et coloré sans comparaison avec les 14 juillet guindés et militaire de chez nous. De retour à Barranco, chez Thibault, on boucle les sacs puis nous avons le droit à une petite visite de ce quartier historique de Lima. C'est vraiment super sympa, les bâtisses sont ornées de bois et plein de couleurs et les rues remplies de vielles bagnoles qui zone autour de la place carrée. Un petit verre dans un des plus vieux café du quartier, 4 mètres de plafond avec les murs constitués de vitrines d'apothicaire remplies de spiritueux. Il y a même un petit coin jambon à l'os et fromages pour le petit bocadillos express, une image d'Epinal. Puis on s'enfonce dans les ruelles en pentes menant à une passerelle donnant directement sur l'océan. On se pose sur les galets et je pique ma première tête dans le Pacifique seul avec les gosses malgré le panneau « baignades dangereuse pour cause de pollution due aux dépôts de ferrailles »...Bon on a qu'une vie quoi ! Petit douche quand même avant les 20h de bus pour Arequipa. On se réveil dans les routes sinueuses de la panaméricana (route principale, longeant le Pacifique) où des dunes montagneuse de sable gris encadrent la route, j'ai l'impression d'être en Iran. A Arequipa, on apprend que la déclaration de grève est imminente et qu'il faut déguerpir en vitesse si on veut rejoindre la frontière bolivienne avant une durée plus qu´indéterminée. Sans transition on se chope un bus pour Puno, première ville du fameux lac Titicaca. On déboule le soir tard et il fait carrément frisquet, les locaux sont d'ailleurs tous en anorak, ça y est on est en haute montagne. Petite pizza dans un bar « djeuns cool » et au plumard., un lit, un vrai ! Depuis une semaine c'est notre première nuit dans un pieu. L'air de Puno est nettement plus agréable que celui de Lima et il fait bien chaud quand nous dirigeons vers le port du lac Titicaca. Alors c'est encore un truc délirant dans ce pays (et pire en Bolivie) : le climat. Ca n'a ni queue, ni tête ! Un coup les nuages se dissipent et laisse place au cagnard, puis d'un coup ça se couvre abondamment et c'est la l'averse diluvienne, puis re-cagnard mais nuageux ce coup-ci et une petite averse, genre crachin breton, énigmatique... On ne sait jamais si c'est les tongs ou le ciré marin qui sont rigueur !  Résultat : coups de soleils doublé d'une crève, drôle de mélange...                 



Publié à 22:08, le 28/01/2010, Lima
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Dans la peau de mon passeport

 Coup de tête, impulsion, réfléchit mais en vitesse...pour un départ à l'arrache, c'est un départ à l'arrache ! Je ne sais pas si c'est parce que c'est mon second « grand départ », et que du coup j'en fais moins un patacaisse, mais toutes les choses primordiales et qui m'ont tant hanté la dernière fois ne m'ont pas spécialement fait tilter cette fois, excepté le sacro-saint accessoire incontournable du voyageur : mon passeport. Cette foutue relique passe-frontière me fait faire des cheveux blancs depuis deux mois...passera, passera pas ? Après triple confirmation des préfectures, antennes de police, ambassade des USA, verdict : ça doit passer. Donc je ne le refais pas malgré que je redoute grandement la parano sécuritaire des Amerloques de Miami vu l'état de ma photo et ma collection de visas de pays musulmans. Pas besoin d'attendre Miami, ça commencera dès le sordide port de Calais pour traverser la Manche en direction de Londres. La douanière rosebeef scrute avec sa mini-loupe le moindre détail du livret et me dis que pour elle c'est bon, mais que ça risque d'être sport à chaque frontière et surtout aux US. mais pour le moment, c'est à bord du ferry que nous savourons Marine et moi notre largage d'amarres du continent autour de quelques bières en récapitulant les clauses de la première semaine du trip. Trois jours à Londres pour visiter nos amis respectifs, envole pour le Pérou vendredi 15 via Miami pour atterrir à Lima. Départ après un petit repos de quelques jours à Lima pour la Bolivie, objectif La Paz. Une fois accosté et propulsés dans la folle capitale, je découvre le quotidien de mes loustics Clarisse et Josselain qui vivent depuis trois ans à Londres et qui ont récemment emménagé dans un superbe loft en coloc avec deux grecs. Direction le Kick, le bar dont Josselain est maintenant l'un des managers pour se faire payer quelques tournées de bienvenue à l'oeil (pour ceux qui connaissent les tarifs prohibitifs de Londres, c'est plutôt un bon parti). Ce bar est à l'image de la ville : hyper cosmopolite au point qu'il est difficile d'y croiser des anglais. Je retrouve assez rapidement mon english de traveller et cause plutôt aisément avec les autres étrangers, mais quand il s'agit de parler avec des rosebeef pur souche, aie, aie, c'est une autre paire de manche. On est facilement paumé dans cette vaste cité tentaculaire où l'on oublie de regarder à droite a avant de traverser. Par contre, il faut relever que les londoniens sont extrêmement aimables et souriants comparés à nos bougons de parigots. En définitive le programme se résumera à peu de tourisme mais plutôt des moments paisibles et conviviaux entre friends. Après les derniers jours frénétiques à cavaler dans Paris, c'est le pied de zapper les Gaulois, d'éteindre son portable pour trois mois, et de glandouiller un peu avec les vieux potos. Et ce starting-block londonien se termine en beauté autour d'une superbe sushi-party dans le loft.           

                                                                                                                                        

 Puis le réveil sonne à 4h du mat pour un décollage outre-atlantique et une journée interminable. A l'aéroport de Londres aussi bien mes bagages que ceux de Marine sont passé au peigne fin. Il est vrai que le matos de tournage (perche, micro) peut paraître suspect, mais c'est une bouteille d'eau et des ciseaux à papier qui étaient les supposées armes du crime. Mais le clou du périple fut notre escale à Miami dont je n'avais pas eu tord de me méfier. Après avoir croisé une bonne quinzaine de flics dans les couloirs et remplis le fameux formulaire essayant de vous extirper le faite que vous êtes potentiellement terroriste, contagieux, violeur, toxicomane, kidnappeur et j'en passent, la nana du guichet découvre mon fétiche livret bordeaux et ses jolis visas orientaux : « You've been in Iran sir ? » me dit-elle d'un ton innocent. Je répond que oui et sans même ajouter quoi que ce soit, elle met mon passeport dans une enveloppe et le tend à son collègue qui me somme de le suivre et me prit de donner son billet pour Lima à Marine qui elle, peut aller embarquer. Je me retrouve dans une salle d'attente avec exclusivement des métèques et des gens avec des looks on va dire de « pauvres ». Je patiente une demi-heure, tout en signalement rapidement à une dame de l'acceuil qui prend note, que je vais raté mon avion. Deux minutes plus tard, je suis convoqué seul dans un bureau où m'attend mon flicard-fouille-merde personnalisé. Je me suis vraiment cru dans la première séquence de Scarface (celui de De Palma) quand Tony Montana se retrouve dans le bureau de l'immigration de cette même chère ville de Miami ( au point que je me suis demandé si la scène n'avait pas été tourné dans cette salle d'attente où je me trouvais ). Et là, c'est la totale : qu'est ce que je fais là ? Dans la vie ? Pourquoi ? Mes revenus ? Mon parcours en France ? Comment je vis à Paris ? Mes occupations ? Je m'attendais presque à ce qu'il me demande si je suis plutôt slip ou caleçon. Ca tourne complètement en rond ce questionnaire vu que je n'ai absolument rien à me reprocher, et que je mène une vie disons "normale". Au bout d'un moment je lui demande quel est le VRAI problème. Il me regarde d'un air aussi stupéfait que dégouté et me demande qu'est ce que je suis bien aller foutre en Iran et Pakistan. Bingo ! Nous y voilà ! Je lui répond aussi poliment que possible, que pour moi et mes compatriotes européens, ceux sont des pays qui suscitent une curiosité, débordant de culture et font partie de la mythique route des Indes que j'ai effectué à reculons il y a un an. Il commence à être gêné et forcé de constater que je ne suis ni musulman, ni dangereux mais que je suis juste aller dans des pays qui ne lui reviennent pas, lui et ses autres débiles de flics du monde d'amerloques de mes deux, mais dont la visite n'est pas que je sache, prohibée. Il me rend mon passeport et me laisse partir. Je lui place quand même une fois mon sésame entre les mains, que ces pays sont les plus accueillant, chaleureux que je n'ai jamais visités et que ce genre de suspicions me paraissent bien navrantes car de surcroix son pays pourrait bien faire l'effort d'en connaitre les réalitées avant de juger, et je cours attraper mon avion in extremis. Marine m'attend dans le hall d'embarcation au bord de la crise cardiaque. Ouf ! Ca y est on décolle, fini les psychopathes de la sécurité à nous la liberté ! Il est 15 h, heure locale et la journée n'est pas terminée.

 



Publié à 23:33, le 24/01/2010, Miami
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TOUJOURS + A L'OUEST La projection

Pas loin d'un an après mon retour, les réminiscences du voyage à dos de dragon se vivent maintenant à travers la vidéo et en musique. Trois mois immergé dans le studio de montage de la caserne XP  (http://garexp.blogspot.com) à revivre chaque instant de ce périple dont je mesure l'ampleur de la claque que six mois après par des sons, des couleurs, des lumières condensés sur la bande numérique. Ca y est maintenant que j'ai réussit à dégrossir ce déferlement d'images, il est possible de le partagé avec mes amis musiciens dans l'idée de le rendre digeste à un plus large public. On est donc allez chez les bougnats s'isoler dans mon Livradois-Forez préféré, dans la quiètude du petit village du Béal pour mettre au point ce fumeux projet de ciné-concert qui me trotte dans la tête depuis le déclic de "mais qu'est ce que je vais bien pouvoir faire de toutes ces images ???" survenu à mon esprit dans la moiteur nocturne d'un bungalow au Laos.

Résultat : Deux fois 1h30 de films calqués sur les deux phases distinctes du voyage, Asie du Sud-Est d'une part et Sous-continent Indien/ Europe d'autre part.

Le défi à été relevé par Seb à la guitare, Jedro à la batterie, Piko au trombone et Jules au Dualo pour accompagner ces deux séances en musique projeté en Auvergne donc dans le jardin de la maison du Béal et au Festival de Cauberotte. Il aurait été trop dommage de s'arrêter là donc on remet ça à la maison (la caserne XP) avec deux acolytes musicos supplémentaires : Bérénice à la flute et Roman à la basse.

 

Rendez vous les   VENDREDI 2 OCTOBRE   &   VENDREDI 9 OCTOBRE  à la Caserne XP  pour un ciné-concert exceptionnel.

 

 02/10/09  :   PART I   SILLONANT L'INDOCHINE

 09/10/09  :  PART II  PARIS/KATMANDOU à rebrousse poils 

 

A 20 H 

A LA CASERNE XP

47 BD ROMAIN ROLLAND

A MONTROUGE

M PORTE D'ORLEANS

 

ENTREE SUR DONATION

 

 



Publié à 23:08, le 22/09/2009, Paris
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Bonne vielle Europe

Dernières lignes plus ou moins droites de ce toujours plus a l'ouest, a travers l'Est historique de cette bonne vielle Europe. Me voila donc déambulant comme un zombi dans les rues sinistres de Bucarest dont les vestiges de l'architecture communiste ressemble sous les lumières de l'aube a Tchernobyl après la catastrophe. C'est gris, les visages sont ternes, usés, fatigués, pas encore remis de chienlit du régime de Ceaucescu, un building de verre ultramoderne trone comme un ovni, les batiments désafectés sont recouverts par des pubs géantes, un vrai cache misère. Mon ami Dorin me dira "Je crois que vous ne pourrez jamais imaginer ce que l'on a vécut, il faut l'avoir vu pour y croire". Je le rejoins chez lui a Sibiu ou il travail comme prof de francais a la fac après 10 ans passé en France, ce n'est plus vraiment un roumain mais bien un libre penseur qui ne peut pas avoir un regard complaisant sur son pays gangrainé par la corruption et la morale religieuse. Pourtant la Roumanie est vraiment un pays attachant et la Transylvanie une région magnifique, dont Sibiu qui était capitale mondiale de la culture l'année dernière relève d'un cachet architectural de toute beauté. Ses maisons imposantes aux toitures de plus de cinq mètres de haut donnent aux mansardes la dimenssion d'imposants talus dont les persiennes percées sur les tuiles arrondies recouvertes de mousse, s'ouvrent comme des paupières, c'est la spécialité de cette ville que l'on nomme poétiquement "les yeux de Sibiu". Les couleurs automnales et la légère bruine donne un charme envoutant aux rues étroites de la cité dans lesquelles on se ballade le nez en l'air a croiser le regard de ces velux d'atant. Après 2 nuits entières de discutions passionées avec Dorin qui ne garde pas ses idées dans sa poche, j'embarque dans un train pour Budapest pour tenter un petit crochet a Cracovie avant de rejoindre mon frangin a Berlin. Mais ca y est les transports sont a présent hors de prix et le Bucarest/Berlin coute plus cher qu'un Téhéran/Bucarest !? Je renonce donc a la Pologne dont le cout du billet de train est un bel exemple du n'importe quoi des prix du réseau férré européen dont n'importe quel trajet international revient plus cher que d'emprunter l'avion ! Honte sur l'espèce humaine ! Et je pense qu'un jour on va payer au prix fort ce genre d'inepties. Budapest dont je ne verrais que l'axe principal et la gare ressemble a un voyage au temps de l'empire Austro-Hongrois avec des monuments colossaux parfaitement conservés, attachés a une période de l'histoire nettement plus esthétique que les barres grisatres genre Sarcelle, credo architectural du communisme. Avant dernier trajet jusqu'a Berlin pour venir découvrir l'univers quotidien de mon frère Romain expatrié depuis déja deux ans au pays de la wurtz et de l'écologie. Le choc est moins grand qu'a Istanbul, mais Berlin qui est un éternel chantier s'est métamorphosé depuis ma dernière visite en 2002, depuis il y a eu la coupe du monde et l'inauguration de la nouvelle Posdamplatz réabilité en complexe ultra-moderne. Mais Berlin est un village comme aime a le dire mon frangin, ou l'on croise des connaissances a tous les coins de rues malgré la vaste étendue de la ville. Ici c'est le règne des collocations et des virées entre djeunes cool, je découvre un appart de 150 mètres carrés a 700 euros par mois ou Romain vit avec quatre copains, copines avec qui il débite dans un allemand plus que convenable des conversation ambaince sympa dans la cuisine autour d'une caisse de bière. Cette ville est un vrai paradis pour étudiants et quiconque voulant mener une vie un peu bohème et alternative, on y trouve une forme de libertée et une tripopté de bons plans incomparable avec Paris. Loyers modiques, vastes espaces verts, parcs ouverts jours et nuits, jardins privatifs en centre ville, naturisme et sound-system installé dans la rue en été, squatts d'artistes et graffiti pas réprimandé dans les blocs de bétons ex-cocos, et mythique soirées electro, éclectiques et tardives ou les punk a chien cotoient jeunes turcs au style hip-hop, dans un meltingpot me paraissant assez rare en Europe. Les berlinois ont l'air bien plus citoyens, tolérants et de bonne humeur que nous, sa picole dans la rue et les transports en commun sans scrupules mais sans bavures, tout part au recyclage, a la consigne, il n'y a pas d'aggressivité latente, de bousculades et la communauté turc qui sont en gros les immigrés de la-bas ne cultivent absolument pas un style racaille et violent vis a vis des autres, de la dire qu'il n y a aucun problème d'intégration il y a une marge, mais ca reste encore une fois bien loin des ambiances tendues qui peuvent planer a Marseille ou Paris. Bref, il y a de quoi se poser sérieusement la question de l'expatriation, ce déracinement volontaire auquel je suis confronté bon gré, mal gré depuis huit mois avec une bonne dose de nomadisme. Mais je n'ai plus qu'une idée fixe : Il est grand temps de rentrer, de poser une bonne fois ce sac a dos au vestiaire et retrouver ma bonne vielle existence de parigot au bout de la dernière ligne droite. Le cheminement interminable mais progressif m'a deja fait passer de l'échelle de terrien a celle d'eurasien, puis d'européen, a celle de francais puis de parisien après avoir je posé les pieds a la station de bus de porte de Bagnolet.

Le choc en a été amoindri...peut etre...je ne sais pas, car le plus hallucinant au final c'est d'entendre une petite vielle sortir un "Oh mais vous savez ya plus de saison de mon bon monsieur!" ou un cafetier lancer " un expresso et deux allongés pour la 14, s'il te plait Bruno !" Ca ca fait quand meme quelque chose ! Cette langue de Molière qui faisait de moi un éternel étrangé aux yeux des autres est maintenant l'expression meme de mon identité et ma cohésion verbale avec mon pays qui n'a pas changé. Toujours aussi propre malgré les chiures de pigeons sur les balustrades Hausmaniennes et bavard malgré le silence oppressant du métro aux heures de pointes. Il m'a fallu uniquement ces petits détails pour comprendre que j'étais rentré et une nuit d'orgie festive comme démonstration de l'amitié enfin retrouvée avec mes acolytes de toujours, pour découvrir au petit matin en titubant dans les ruelles de Montmartre que je vis depuis 27 ans dans ce que l'on nomme internationalement "la plus belle ville du monde". Je n'aurais pas imaginé découvrir dans l'ultime étape de ce voyage, qui n'était ni plus ni moins que mon retour au bercail le décor le plus magnifique et évadant de tout mon périple. 

Bonjour / Aurevoir mon petit / grand voyage !

 



Publié à 01:05, le 25/10/2008, Berlin
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Ainsi parlaient le sable, le pisé, les mosquées et Zarathoustra

La Perse, l'une des civilisations les plus anciennes de l'humanité a grandi dans le désert. Toute la partie orientale de l'Iran n'est qu'une vaste étendue sableuse parsemée de collines rocheuses totalement épurées de végétation. Le calme règne en maitre; les rues de Kerman, première ville étape sont spacieuses, rectilignes et d'une propreté que j'avais oubliée. En comparaison avec le Pakistan et son archaisme, j'ai vraiment l'impression de retrouver un pays civilisé à l'européenne, la topographie urbaine est proche de celle de l'Espagne ou de la Grèce. Les gens sont classe, manièrés, propres sur eux et je passe pour un pouilleux avec mes fringues hippies de Katmandou à coté des jeunes ultra fashion. Au Paki c'était bienvenu chez les mecs, ici c'est bienvenu chez les gonzesses ! C'est peut être parce que depuis le Vietnam je n'ai cotoyé aucune locale tellement elles sont exclues de la vie publique au Népal, Inde et Pakistan, mais c'est un choc car elles sont en majorité dans la rue et te regarde et t'accoste sourire aux lèvres ,pas farouches pour un sou. Le port du foulard sur la tête est obligatoire mais elles n'ont pas le visage voilé et sous leurs tuniques cintrées elles portent des jeans à la mode et des baskets comme les jeunettes de chez nous. On y reviendra... Kerman est un bon point de départ pour visiter les différents sites où naquit le zoroastraisme, l'une des plus anciennes religions de l'humanité dont le prophète Zaratoustra inspira Nietzche pour son fameux Ainsi parlait... Vision d'horreur sur toute les cartes postales placardées dans la région, la sublime citadelle de Bam a été réduite a néant par un tremblement de terre il y a quelques années, heureusement que celle de Rayan non loin de là a été épargnée. Les quatres remparts colossaux et les tourelles à créneaux renferment un étonnant spectacle de débris de murs aux traits arrondis par le temps dans lesquels on devine les compositions architecturales de la vie d'antan. Et tout ça rien qu'en briquettes de sable recouvertes d'une mixture de boue (...se de vaches aussi) et d'herbes séchées. Je reste sous le soleil de midi à contempler le silence et les contrastes éblouissants qu'offre la lumière saturée. De retour à Kerman impossible de retrouver mon hôtel ainsi qu'un autochtone anglophone pour me guider, eh oui !c'est l'effet négatif de la non-colonisation comme dirait l'autre, les iraniens parlent très peu anglais. Jusqu'à ce qu'un ado ,le coeur sur la main ,monte avec moi dans un de ces taxis collectifs qui inondent les rues à la rencontre de son paternel qui cause le rosebeef. Ces taxis sont des Paykan un modèle de bagnole labellisé années 70 qui me fait voyager dans le temps, jusqu'au rond point de la liberté où 3 colombes statufiées volent au dessus de la Terre. Le paternel me raconte ironiquement qu'il a été édifié après que le Schah ait été viré, mais que les barbus ont offert au peuple tout le contraire de la signification de cette place. C'est un autre point crucial de l'Iran : la rage unanime des iraniens contre leur gouvernement. A l'instar des Pakistanais, c'est l'exemple type du pays s'étant fait berner par la révolution islamique qui leur promettait la liberté, et qui au final leur mène la vie encore plus dure qu'avant. Pourquoi ne pas les virer leur dis-je? Parce qu'ils s'accrochent au pouvoir comme une huitre à son rocher, intimidant les opposants par une sorte de délation instaurée, la peur des représailles est réelle, les élections sûrement truquées et il y a une sorte de solidarité entre pays musulmans qui s'ajoute, bref, tout ca reste très confus. Quoi qu'il en soit comme chez leurs voisins Ourdou, les Farsi font de 'hospitalité une règle d'or et leur chaleur humaine est à des années lumière de toute forme de fanatisme. J'arrive ensuite a Yazd, la mecque du Zoroastrisme ou le Silk road hôtel offre un panorama sur la vertigineuse entrée de la El Jameh mosquée dont le bleu turquoise aux microscopiques motifs et calligraphies sont à couper le souffle. C'est un coup de foudre immédiat avec ce centre historique magnifique labyrinthique sujet à d'interminables ballades. Il y a aussi le complex Chakmsaq: une succession d'arches voûtées sur plusieurs niveaux qui enlacent l'une des places principales de la ville, le rendez vous galant des couchers de soleil laissant place aux lumières artificielles qui redessinent chaque porche. Le fire temple n'a absolument rien d'extra hormis sa symbolique flamme qui brûle depuis 500 ans, pourtant les inconditionnels du zoroastrisme affluent en masse pour visiter LE monument de cette ancestrale religion. On appréciera tout de même les jardins alentours où des tourelles rectangulaires enferment un système ingénieux de circulation du vent qui en fait la première aire conditionnée du monde ! Petite discussion philosophique avec des étudiantes en art, c'est bien simple, depuis mon arrivée en Iran je rencontre tous les jours de nanas hyper sympas qui parlent mieux anglais que les mecs toujours prêtes pour un brin de causette. En Iran quand quelqu'un te prend sous son aile, il faut oublier d'essayer payer quoique ce soit et de s'ennuyer. Je me ferais meme inviter a Shiraz mon étape suivante, à diner par une étudiante qui me fera visiter la ville et les coins branchés en compagnie de son ''boy friend'' ( ça veut dire copain privilégié, rien de plus ). Je précise car n'allez pas croire que ces rencontres puissent etre intèressées, elles ne sont pas farouches mais restent tout de même très prudes, d'autant que les lois islamiques punissent de prison les flirts hors mariage et que les mecs sont jaloux comme des poux. J' en ai eu un bon exemple avec le ''boy friend'' qui voyait rouge dès que j'adressais la parole à la demoiselle. Il est temps de se rendre à Persepolis, LE site inmanquable des alentours de Shiraz qui compait parmis les merveilles du monde de ce bon vieil Alexandre, qui fut en quelque sorte le premier guide touristique du monde et importateur d'architecture d'ailleurs. C'est fou comme Persepolis ressemble a un site antique grec que ce soit au niveau de l'esthétique des monuments ou de l'ambiance qui s'en dégage. J'étais d'ailleurs assez déçu à mon arrivée sur les lieux devant ces tas de cailloux dont il ne reste pas grand chose, merveille du monde mouais, mais qui n'arrive pas a la cheville d'Angkor Wat par exemple. Mais c'est qu'il faut y passer du temps et c'est surtout les deux tombeaux des empereurs surplombant le site et directement découpés dans la montagne qui sont vraiment impressionnants. Ce sont d'énormes fresques verticales de plusieurs dizaines de mètres représentant le prophète accompagné de la pleine lune, imploré par le roi soutenu par ses 27 consuls, ainsi parlait Zarathoustra. C'est Reza et son pote, des iraniens en vacances que je rencontre sur le site qui me racontent tout ça, ils sont super sympas et me proposent de rentrer avec eux sur Shiraz. Nous contemplons une dernière fois tous ces cailloux baignés par le soleil couchant dont les créatures étranges prennent des allures troublantes et magnifiques, ça y est je ressens l'énergie des lieux et retire ce que j'ai dit  à propos de sa non attribution du titre de "merveille du monde". Reza et son pote me payent évidemment toute la soirée sur Shiraz et m'entrainent jusqu'au mausolée du poète Saadi ''the best poet of all over the world'' dixit  Reza qui vit un moment crucial de son existence. Comme les ados qui vont sur la tombe de Jim Morrison au Père Lachaise, il vient vénérer la larme à l'oeil un poète classique d'il y a 800 ans. C'est touchant et assez inattendu pour des jeunes de mon age. Mais avec tous ces trucs ''les plus'' ou ''les premiers de toute l'histoire de l'humanité'' je ne suis pas au bout de mes surprises.



Publié à 02:16, le 19/10/2008, Yazd
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Ourdou Vs Farsi

C'est un amalgame gravissime et ethnocentrique que d'assimiler les Ourdous (= ethnie majoritaire du Pakistan) et les Farsis (=ethnie majoritaire iranienne). Cette simplification géographico-ethnique orchestrée par les USA et leurs paltoquets n'est qu'une facon de pouvoir définir le fumeux ''axe du mal'' qui engloberait les pays musulmans du moyen-orient soi-disant terroristes et pro-Al-qaida. Le gigantesque Iran étant pile entre l'Afghanistan et l'Iraq et de surcroit islamique, n'a plus qu'à se faire aspirer dans la rubrique fourre-tout pour que le chimèrique ''axe'' reste droit. Mais les Farsis sont tellement aux antipodes de l'obscurantisme religieux à tendance terroriste qui peut sevir dans la région ,qu'on se demande comment les barbus se maintiennent au pouvoir depuis presque 30 ans. La Perse vieille comme le monde a toujours été une nation moderne et visionnaire, très émancipée, jamais colonisée à tel point que les règles arrièristes de la république islamique paraissent décalées et désuètes voire risibles. Je n'ai rencontré que des étudiants, ingénieurs, avocats, on a l'impression qu'il y a que des gens de prestige, intellos et matérialistes à la fois car paradoxalement (je dis paradoxalement car très anti-Busheries, c'est sûr) ils sont à fond dans l' ''american way of life''. Fast-food et look a la mode Tectonik sont de rigueur et le genre djellabah-tapis de prière mis au placard, et on ne retiendra qu'un grand respect pour leur patrimoine dans l'imagerie traditionnelle musulmane. Pourtant en face de cela on a le port du rosary (=chale) obligatoire pour les femmes, l'interdiction de l'alcool et les relations hors mariage prohibées, qui comme toutes règles arbitraires qui se respectent, s'esquivent et se détournent. Tous les couples se balladent main dans la main en public brouillant ainsi la possibilité de distinguer les légitimes des hors la loi, les bières sans alcool inondent les shops et sont plus populaires que le coca et les femmes débordent d'imagination pour se façonner des franges et mèches de cheveux originales dépassant de leur chale pour faire valoir leur beauté originale. C'est d'autant plus troublant que ce capuchon noir sensé dissuader le regard pernicieux des hommes, leur donne une dimension mystérieuse et une véritable classe qui a plutot tendance à exciter d'avantage les mâles curieux plutôt que de les rebuter. Le dernier cri, se faire refaire le nez ! On reconnait les fashion-victime du scalpel au sparadrad sur les nasaux. Bref, tous ces petits détails font de l'Iran un pays riche à tout points de vue, dévellopé à l'occidental tout en gardant une identité orientale bien spécifique.

 

Alors pourquoi le comparer au Pakistan? A ce pays merveilleux mais totalement moyenageux, traditionnel et ultra pauvre (matériellement je précise). Parce qu'il y a l'Islam et l' ''axe'' débile et manichéen à justifier? La religion musulmane nous fait peur parce qu'elle est jeune et prosélyte et qu'elle convaint les foules à coup de martellement des esprits comme l'a fait le christianisme auparavant ( est ce bien terminé...??? ) il ne manquerait plus qu'ils nous volent la vedette à nous autres du polygone du bien ! Et malheureusement ils se prêtent au jeu en se refugiant dans la religion face au mépris qu'on leur inflige.

En Iran il y a donc cette richesse que j'évoquais et excepté le gouvernement perché dans sa tour d'Ivoire, ils savent prendre du recul mais au Pakistan la misère à tout point de vue peut prendre le dessus et c'est la porte ouverte à tous les extrémismes. Pourtant ils s'en défendent eux aussi, envoyant bouler les sympathisants de Ben Laden au fin fond de leur cambrousse ainsi que les fanatiques de tout poil et gardent pour eux ce qu'il a de plus positif dans la religion. Ce qu'il y a de vraiment respectable chez les ourdous c'est leur solidarité, leur altruisme permanent partageant le strict minimum qu'ils ont entre tous. Nourriture, logements, place dans le bus et dans le coeur il y en aura pour tout le monde car le partage et l'hospitalité sont les regles d'or de l'Islam. Ne pars pas au Pakistan, les barbus vont t'accueillir avec une kalachnikov et t'égorger comme a Lahid ! Au contraire, plus ils sont barbus plus ton assiette sera copieuse et ton accueil princier car l'étranger est à protéger tout autant que ta famille. Autre paradoxe, les farsis sont sûrement moins pratiquant que les ourdous, tout du moins ils redoutent moins la surveillance d'Allah mais les règles islamiques  sont beaucoup plus rigides et implantées car la société est plus sophistiquée. Au Pakistan, la survie intervient quotidiennement et oblige une certaine souplesse des préceptes qui ne peuvent pas être tous appliqués à la lettre, le gouvernement est bien moins organisé qu'en Iran et laisse passer pas mal de libertés à travers les mailles du filet. L'absurdité des lois islamiques se ressent plus en Iran au niveau du pouvoir (comme séparer les hommes et les femmes dans le bus mais pas dans le car alors qu'un long trajet est plus propice au jeu de la séduction avec une belle inconnue), tandis qu'au Pakistan elle est malheuresement plus inhérente à certaines personnes totalement exclues du savoir et de l'éducation. Au delà de ces comparaisons à l'emporte pièce et des clichés véhiculés par les médias, un séjour  dans ces pays est d'un enseignement plus que bénéfique pour mieux discerner non pas le bien du mal mais le vrai du faux. Une chose est sûre en tout cas c'est que chez les Ourdours et les Farsis, Allah est grand mais leurs coeurs aussi.      



Publié à 02:00, le 19/10/2008, Téhéran
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Trans asia express

C'est la que tout s'accelère et que le bout du tunnel n'est vraiment plus très loin. J'ai laissé mes amis Reza et Mohammad a Chiraz en leur donnant RDV a Isfahan ou ils se rendent comme moi avec un jour de décalage. On ne peut pas dire que cette illustre ville du réseau touristique iranien m'est transcendé, trop étendue, trop de monde et n'y trouvant qu'un havre de paix sur les quais perdus dans mes écrits et dessins, a regarder les gens déambuler et enjamber le fleuve sur une sorte d'aqueduc stylisé a la farsi. J'attend mes deux guides pour découvrir avec humour et anecdotes cocasses les vraies attractions de la ville, c'est a dire le bazar autour de la fameuse place de l'Imam dont la mosqué prend toute son ampleure de nuit avec de l'éclairage artificiel. On se redonne RDV toujours avec un jour de décalage a Téhéran mon étape suivante, ou la j'ai carrément fait l'impasse cloitré dans ma chambre d'hotel au repos avant d'affronter ma semaine de transports non-stop. Je n'ai vraiment plus la foi pour ce genre de mégalopole dont la visite nécessite trop de bataillages dans la jungle urbaine, d'autant qu' a part un monument ultra moderne genre l'Arche de la Defense, il y a pas grand chose a voir. Comme en Asie du sud Est quand je saturais des grandes villes, je me retrouve a contempler les calligraphies sur la céramique de la quiétude des mosqués, bercé par les chants apaisants des Imams. Il n'y a deja plus rien de dépaysant ici c'est comme chez nous, meme le Grand bazar qui me laissait présager un peu d'orientalisme n'est ni plus ni moins qu'un centre commercial aseptisé dont mes deux homologues farsi se gardent bien d'aller dépenser betement leur argent, et c'est a la gare que se déroulent les adieux en attendant nos trains respectifs. Ce coup-ci cap sur la Turquie a bord du Trans-Asia-Express dont les 24 heures sur rails vont me mener a Van bien connue pour son gigantesque lac. Plus qu'un trajet en train, c'est une véritable saga et un retour dans le temps ou les chemins de fer étaient de véritables lieux de vie, les compartiments pour quatres spacieux aux rideaux plissés sont de véritables chambres a coucher et le wagon restaurant une vraie brasserie ou un Nestor en gilet noeud pap t'apporte le plat du jour sur un petit plateau. Je passe la moitié du voyage a siropter des thés comme un lord anglais du début du sciècle, en admirant a travers les larges vitres la beauté du paysage désertique qui défile. Toujours le meme: ces indécrotables collines rocailleuses ocres auxquelles s'ajoutent tantot a droite la cote de la mer Caspienne et tantot a gauche la terre craquelée d'un lac assèché recouvert d'une fine pellicule de sel, somptueux. Ce train c'est aussi le symbole d'évasion pour les iraniens fuyant vers la Turquie beaucoup plus libertaire et téhoriquement plus dévelloppée, car excepté les prix ( tout le monde rapporte des denrées de base dans des colis ) j'ai trouvé la Turquie moins dévelloppée que l'Iran mais plus que la Roumanie, confirmant le faux mythe de l'Eldorado toujours a plus a L'ouest... A Van j'ai deja l'impression d'etre dans les pays de l'Est, les pulls a carreaux et mocassins a pointes sont de mise et le turc ressemble a une mixture bizarroide de latin-russkof a orthographe a tirroirs, on roule les "r" et les gens ressemblent un peu a des slaves. Et puis ca y est ca coute cher et je suis obligé de remettre manches longues et chaussures fermées après 8 mois de tongs car il pleut un vilain crachin breton d'automne, dur ! C'est le cas de l'écrire. Mais les 30 heures de bus jusqu'a Istambul regardant les feuilles jaunissantes recouvrant le sol, enmitouflé dans un pull me réeduque au plaisir des météos continentales. La c'est carrément l'exode, les gens s'entassent a bord avec des paquetages démesurés dépassants des soutes, en réalité ils font leurs déménagement en bus, folklo ! L'arrivée a Istambul fut nettement moins réjouissante : quatre heures de retard, parachuté dans une agglomération en pleine expension qui ne ressemble plus du tout aux portes de l'orient que j'avais visité il y a maintenant huit ans...le temps passe vite, trop vite, tout change, le bus pour Bucarest part dans exactement une heure et je cavale pour aller revoir ma chère mosqué bleue. Mais je ne reconnais rien ! Tout est moderne et neuf et me voila a bord d'un tramway hyper high-tek ( qui n'existait pas a l'époque de ma première visite ) m'engoufrant dans les hordes de touristes. Quelle stupéfaction, il n' y a plus rien "d'exotique" ca y est la Turquie c'est l'Europe et ils ont mis les bouchées doubles pour espérer intégrer l'Union, alors pourquoi ne pas les y accèpter ? Houla ! Un pays musulman dans l'Europe bah voyons ! Pourtant ne serait ce pas une facon d'officialisé le début d'une diplomatie sérieuse avec le moyen orient et un bel exemple d'ouverture, le credo de notre cher petit président européen... Je sais ca n'est pas si simple et puis il y a le Kurdistan dont l'ambiance kalachnikov dont j'ai fais les frais la veille n'est certe pas folichone. Bref, j'attrape mon bus inextremis remplis d'horribles beaufs nouveaux riches roumains bedonnats qui partent régulièrement se faire des virées en Turquie. Toujours le meme phénomène Est/Ouest: ils viennent exprès pour faire des courses a Istambul qui représente un accès a la consomation a moitié prix, inondant le bus de kilos de lessives et de dessus de lits kitsh ainsi que de fumée de clopes bon marchées, bonjour l'ambiance blaireaux en survet ! L'apotéose grolandaise fut une escale en Bulgarie ou les grosses fermières en doudoune sans manches et polaires fuchias font cuirent des cotes de porcs au saindoux servis entre deux tranches de pains de mie sur des tables en formica. Sur l'étagère le tube cathodique diffuse une émission genre "survivor" ou des gens en maillot de bains les mains liées, déchirent avec les dents des lambeaux de chaire fraiche directement sur la carcasse éventrée d'un cochon suspendu a un étandart comme un trophet, vérédique ! Après deux mois en pays musulman la métaphore filée des bouffeurs de porc en short est assez indigeste ! Comble de l'affaire j'ai failli me faire peter la gueule par un monsieur-pipi consanguin a qui je pouvais pas donner les 2 centimes de rigueur pour l'utilisation des chiottes n'ayant plus un popeck en poche. Génial le bus arrive plus tot que prévu ! Me voila a 3 h du mat en banlieue de Bucarest tentant de finir ma nuit le ventre vide sur les sièges glacés du bureau de la compagnie de bus pour attendre que la vie reprenne son cours dans cette grisaille apocalyptique post-communiste de notre bonne vielle Europe. Ah, quelle joie d'etre de retour sur le continent !       



Publié à 01:08, le 19/10/2008, Van
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Enfin l' Iran !

Il m'aura donné du fil a retordre ce foutu visa iranien, au lieu des trois jours d'attente promis par les services d'une crapuleuse boite de soutraitance sur internet, c'est un interminable stand by de 12 jours dans la chaleur moite de Lahore auquel j'ai eu droit. Heureusement ma salle d'attente, le Regal Internet Inn est une adresse a redonner le sourire a tous routards de la vielle école. Sa cuisine et machine a laver autogérées et l'ambiance familiale donnent l'impression d'etre a la maison et de voler un peu de ses propres ailes, sachant qu'en voyage on est toujour tributaire de quelqu'un pour le moindre geste. L'ambiance conviviale est a son comble avec un Malik plus déchainé que jamais qui veux fêter dignement la fin du ramadan, me demandant d 'aller lui chercher de l'alcool ( lui n'a pas le droit en tant que musulman et les autres ont besoin d'un certif de l'état, véridique ) dans un bunker ressemblant a un dispensaire pour junkies. Face a mon désespoir a cause du visa qui n'arrive pas, il organise des concerts sur la terrasse de l'hotel et m'envoie dans une sorte de fête foraine populaire assez délirante. Bateaux pirates et grandes roues rouillées actionnés par des générateurs de la guerre de 14 rugissant avec fracas pour divertir petits et grands sans trop se soucier de la sécurité. L'attraction phare de ce rassemblement, les lady-boys (=travestis) qui se déhanchent de façon tres explicitement sexuelle sous les pluies de billets du public avide. Les relations publiques - ou pas d'ailleurs - avec les femmes sont tellement rares au Pakistan que le seul substitut de désir qu'ils ont est de saliver devant des travellos ! Un placebo loufoque face aux règles sévères de l'islam. Surrealiste. Après avoir crié au désespoir de ne pouvoir partir, me voila trainant la patte une fois mon visa en poche, il faut dire que ma complicité avec Malik n'est pas anodine car derrière le gérant de guesthouse, il ya un ancien journaliste et documentariste hyper engagé politiquement, une mine d'or d'infos et de culture qui m'a bien fasciné. Bref, me voila a présent dans le train direction Quetta situé a une nuit de bus de la frontière. Poussière et joyeux bordel animent le wagon ainsi que des types allongeant leur tapis a mes pieds pour faire leur prière aux heures prévu a cet effet. A l'aube, un spectacle de taille s'offre a mes yeux, a travers la vitre les villages en pisé succèdent aux montagnes sableuses, un panel d'ocres somptueux dans une lumière diffuse. Nous sommes en plein désert du Balouchistan, une région hors du temps et féérique dans laquelle le train s'enfonce sur des rails invisibles recouverts par le sable. A Quetta, l'expression terminal de bus prend tous son sens : un véritable cimetière de carcasses de cars et de déchets d'engins motorisés qui s'étend dans les ruelles de ce qu'on pourrait appeler un bidonville. Tout le monde est deja a bord, tandis qu'on change encore une roue et resoude la portière, l'appel a la prière retentit sous les étincelles du poste a souder, tout le monde descends et se dirigent vers la mosqué. Ambiance apocalyptique et système D chez ces barbus toujours aussi adorables, je savoure mes derniers instants pakistanais. Le lendemain, je tend la main au guichet de la douane après m'etre fait tamponner mon précieux visa pour récupérer mon passeport, mais non, il va etre confié a mon ''bodyguard''. J'ecarquille le yeux en apprenant que je vais etre escorté par mesure de sécurité jusqu'a mon bus pour Kerman que je dois prendre a Zahedan a 80 bornes de la frontière. C'est en compagnie de mes amis de toujours les flics que je vais donc passer ma première journée en Iran! Comme un chien fidèle me voila obligé de suivre les différentes bidasses qui se succèdent et qui me font faire la tournée de tous les comissariats de la ville, obligé d'obtempérer, assis, debout, pose pas de questions, reste la! C'est vraiment partout les mêmes: des branleurs avachis dans des bureaux ou des bagnoles a boire du café (ici du thé) généralement ils ont pas inventés l'eau chaude et s'en tamponnent de te faire poireauter, jouissant de leur petits pouvoirs. Ca c'est pour mes potes les flics... Comble de l'affaire l'un des derniers chauffeurs me demande de filer un billet a mon bodyguard pour qu'il rentre a la caserne en bus ! Je refuse catégoriquement me demandant si ils me prennent vraiment pour un bleu ou quoi !  Une fois dans le bus pour Kerman, je cris a la liberté un peu trop vite car une fois arrivé a destination le chauffeur me demande d'attendre une escorte policière... well,well,well, i keep my self control...et pas n'importe laquelle, 3 nigauds en chef qui me font un sketch digne des Marx Brothers, pas foutus de trouver un hotel ou les clefs de la bagnole, meublant les tours interminables de la ville par des allusions salaces et des rires très intellectuels. Bon allez j'arrete sur les flics, car ce qui va suivre est tellement merveilleux que je ne veux pas vous donner une entrée en matière trop négative sur ce pays avec lequel j'ai d'ores et deja un coup de coeur. A moi l' Iran !!!!   



Publié à 01:16, le 12/10/2008, Quetta
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